LES COUPS D'OEIL DU JOUR             

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L'année Exmed 2005

Vous trouverez dans cette " année Exmed 2005" tous les coups d'oeil du jour qui ont été publiés sur le site. La variété des thèmes traités constitue un baromètre intéressant de nos préoccupations en matière de santé.

Les rédacteurs (médecins et non médecins) sont les suivants :

  • Nicole Bétrencourt
  • Dr Jacques Blais
  • Christine Bruzek
  • Dr Philippe Deharvengt
  • Dr Françoise Dencuff
  • Dr François-Marie Michaut
  • Dr Gabriel Nahmani
  • Odette Taltavull

Et vous pouvez aussi retrouver notre année Exmed 2004, notre année Exmed 2003 et notre année Exmed 2002

Bonne lecture, en espérant que cela vous tentera de continuer à suivre notre coup d'oeil du jour, en page " sommaire", et, qui sait, un jour d'y participer.

FMM

3 janvier 2005
Remise en question (LEM 379)
Un site non commercial comme Exmed a-t-il encore sa place sur l’Internet de 2005 ?
Si oui, sa fonction est de contribuer à la remise en question des certitudes que nous avons pu avoir, et que l’évolution des connaissances permet de considérer sous un autre éclairage. Non pas pour le plaisir de contester ou de détruire, mais pour participer, à notre échelle, à des pratiques médicales et de santé de meilleure qualité technique et humaine. La LEM 379, “ Mention très remarquable” développe ce thème à propos des traitements des cancers. Pour y aller.
Amis visiteurs que notre santé à tous soit la meilleure possible en 2005.
Dr François-Marie Michaut

4 janvier 2005
Mondialisation des risques
Juste une petite question. Si de multiples concitoyens ne s’étaient pas trouvés entraînés dans la catastrophe de l’Asie du Sud-Est, du fait de la mondialisation du tourisme, si une pluie d’images ne nous avait pas inondée du fait de la mondialisation des médias, nos élans de sympathie et de générosité auraient-ils été aussi importants ? Si nous n’étions pas capables d’une certaine mondialisation de la Croix Rouge, du Croissant Rouge ou de l’UNICEF, ne serions-nous pas encore plus démunis devant les immenses risques qui nous menacent en permanence où que nous soyons et qui que nous soyons sur notre si fragile planète bleue ?
Dr François-Marie Michaut

5 janvier 2005
Grandeur et décadence
Lundi, premier jour ouvrable de l’année, nos confrères pédiatres de France se sont mis en grève. Qui se souvient encore que la grande réforme des hôpitaux nationaux, à la demande expresse du Général de Gaulle en 1958, a été conduite de main de fer par Robert Debré, professeur de pédiatrie à Paris ? C’est ainsi que sont nés nos centres hospitalo-universitaires, chargés de redorer le blason d’une médecine qui avait perdu sa suprématie internationale d’antan. La pédiatrie fut alors la spécialité médicale la plus cotée des étudiants. Avec une année de plus que toutes les autres, elle n’était de fait accessible qu’aux meilleurs des meilleurs. Pratiquement impossible pour qui n’était pas interne des hôpitaux de Paris, ce qui n’était le cas que d’un carabin sur 20. Un demi siècle plus tard, nos pédiatres ne parviennent plus à faire fonctionner économiquement leurs cabinets libéraux de façon décente. Cherchons où est l’erreur, et les pédiatres dont nous avons tant besoin pour soigner les enfants ne disparaîtront pas comme les dinosaures. Exprimez-vous, les utilisateurs de la médecine, ne laissez pas nos instances penser à notre place en balançant quelques poignées d’euros prises dans nos poches.
Dr François-Marie Michaut

6 janvier 2005
Infanticide
La mort subite du nourrisson est un événement atroce lorsqu'il surgit dans une famille. Quant à imaginer que cette épouvante se reproduise... C'est bien la raison de tous les programmes de prévention, de dépistage des risques, d'information des familles. Un chercheur Anglais du nom de Carpenter a été plus loin, il a repris l'étude de familles dans lesquelles ce tragique phénomène s'était produit deux, voire trois fois, en tentant d'y trouver des causes inexplorées. Et, on n'aurait pas osé y penser, encore moins y croire, dans 7 de ces dossiers sur un total de 48, la cause inhabituelle était tout simplement un crime. Un nourrisson sur 7, certes dans une série très limitée, qui représentait le deuxième enfant ou le troisième d'une fratrie décédé de mort subite, avait été tué par un des ou les parents. Les services sociaux, médicaux, et de justice, s'intéressent désormais aux absences d'appel aux urgentistes pour suspicion de mort subite au domicile. (Journal International de Médecine, 03/01/05)
Dr J.Blais

7 au 9 janvier 2005
A notre bon coeur
L’association humanitaire “Médecins sans frontières” à annoncé qu’elle cessait de participer à la collecte de fonds au bénéfice des victimes du séisme de l’Asie du Sud-Est ( France Musique infos du 5 janvier). Les besoins demeurent énormes pour plusieurs millions de personnes, nous dit-on. Nos confrères, bien rodés aux interventions sur le terrain et aux agissements de multiples pouvoirs, nous envoient un message limpide. Les sommes d’argent considérables recueillies dans tous les pays du monde aiguisent l’appétit insatiable des multiples voyous élus ou non qui sont en position de se servir de cette manne si généreuse. Tant pis si ça fait mal, mais gardons les yeux ouverts : tout cela, comme dans le Coup d’oeil d’hier, c’est l’homme tel qu’il est, à la fois ange et démon. Suite avec la LEM 380 le 10 janvier.
Dr François-Marie Michaut

10 janvier 2005
L’horreur ... et après (LEM 380)
Au delà de l’empathie de bon ton et de la compassion quasi-obligatoire devant les catastrophes humaines dont on parle, la réflexion sur nos réactions et nos actions s’impose plus que jamais. Avec Jacques Blais, et sa LEM 380 “ Honnêtement “, portons un instant un autre regard que celui qui nous est suggéré par nos moyens de communication. De quoi ne pas nous complaire dans une facile bonne conscience quand nous avons effectué notre don.
Dr François-Marie Michaut

11 janvier 2005
Faux sang blanc
Non, ce n'est pas encore du sang en tube comme le lait concentré, mais une équipe française, celle du Pr Luc Douay, de Paris, et ses collaborateurs, s'approche peu à peu de la fabrication de dérivés de culture issus du sang. En gros, on prend des cellules souches tirées de la moelle osseuse, du sang du cordon ombilical, ou de la périphérie, et on les cultive. En les "amplifiant" grâce à des facteurs de croissance et des substances, puis en les cultivant avec d'autres cellules humaines. Ce qui multiplie par 29000 les cellules issues du sang veineux, par 140000 celles issues du sang du cordon. Les cellules produites sont fonctionnelles, elles fixent et libèrent l'oxygène, et peuvent se déformer. L'espoir que suscite ce matériel sanguin d'appoint fabriqué "in vitro" est important, ne serait-ce que par sa durée de vie, 120 jours au lieu de 28 pour le sang des donneurs, par le fait d'éviter les surcharges en fer, et de pouvoir conserver du sang de groupes rares. On finira donc par transfuser du sang "synthétique" à l'avenir. (Le QduM 06/01/05)
Dr J.Blais

12 janvier 2005
Conduire et se conduire
Certes, il n’est pas toujours raisonnable, ni de se lancer dans des comparaisons, ni de porter une foi absolue à des données chiffrées. Cependant, quand nos autorités françaises se glorifient de la diminution ( heureuse) des victimes d’accidents routiers, il n’est pas sans intérêt de regarder de l’autre côté du Channel. En France en 2002, nous avons déploré 129 tués par million d’habitants. Au Royaume-Uni, il y aurait eu 60,5 morts par million de personnes. En France, l’alcoolémie légale est limitée à 0,5 grammes d’alcool par litre de sang. Outre-Manche, ce taux est de 0,80, comme il le fut jadis chez nous. Source : “Focus alcoologie” quatrième trimestre 2004. A chacun de se lancer dans ses commentaires, avec ou sans modération.
Dr François-Marie Michaut

13 janvier 2005
Le travail c'est la santé
<<La réduction des arrêts de travail: comment les médecins vont apprendre à dire non>>. C'est sous ce titre racoleur que le Q.d.M. du 11 janvier nous enseigne l'art et la manière de devenir des robots inféodés à Dame Sécu. Et de poursuivre: <<Le contrôle des arrêts de travail et la restriction des dépenses -7,5 milliards d'€ en 2003- qu'ils occasionnent pour la Sécurité sociale sont à l'ordre du jour. A la demande de la Caisse nationale d'assurance-maladie, l'Anaes vient d'élaborer des propositions pour l'amélioration des pratiques en la matière. Elle suggère notamment que les sociétés savantes établissent des durées d'arrêt minimales et maximales pour certaines pathologies et que les médecins prescripteurs soient formés à répondre aux demandes abusives de leurs patients.>>
Oui, réduisons la liberté de prescription des médecins, continuons de les humilier en réduisant leur mission à celle d'obscurs gratte-papiers, grignotons le temps qu'ils devraient consacrer au "colloque singulier" et à l'examen pour n'appliquer que des règlements inapplicables. Ainsi notre pauvre vieille Sécu se rapprochera de la "Securitate" du régime de Ciaucescu, si bien décrite par notre ami Iulius Rosner (*).
Portez-vous bien.
Dr Ph. Deharvengt, le Père Igor en pétard

(*) "Dans les coulisses du rideau de fer, autopsie d'un régime totalitaire ", I. Rosner , Editeur Le cherche midi 2003, voir

14 au 16 janvier 2005
Rétroviseur
De quoi a-t-on parlé dans nos coups d’oeil quotidiens en 2004 ? Quelle fresque avons-nous ainsi tracé, jour après jour, de l’année de la santé vue à travers le kaléidoscope d’Exmed ?
En attendant que cela devienne des archives pour les historiens du futur, en admettant que cela les intéresse et que les publications sur le web résistent au temps, voilà de quoi satisfaire ... les curieux de ce que peut encore être en 2005 un Internet indépendant des différents pouvoirs traditionnels. A chacun d’apprécier cette année d'Exmed.
Dr François-Marie Michaut

17 janvier 2005
Faute de courage ( LEM 381)
Quand on devient un as du jeu de la patate chaude en matière de santé, il est à craindre que des morts restent sur le terrain. Avec l’instauration du médecin traitant obligatoire pour des raisons non dites clairement, c’est une profession exceptionnelle toute entière qu’on risque de condamner à disparaitre. Le public des non professionnels doit en être informé.
Dr François-Marie Michaut

18 janvier 2005
Tout à apprendre
Vous êtes confrontés à un service hospitalier, et vous découvrez vite que les "grands" ou présumés tels, chirurgiens, médecins, décideurs, thérapeutes, réfugient derrière un vocabulaire hermétique, des prescriptions autoritaires, du papier à en-tête, leur peur réelle du face à face avec les patients, la difficulté terrible de leur métier. Les "petits" ou présumés tels, exécutants, personnel soignant et de service, logent derrière leur blouse, leur autorité cassante, leur ton sans réplique, leurs attitudes sans douceur, leur besoin d'exister, d'être reconnus.
Vous passez ensuite dans un tout autre secteur, celui des fabricants privés de "prothèses capillaires" autrement dit perruques pour chimiothérapies. Ces gens là, non médecins, non soignants, sont incroyablement bien formés, eux, à la communication, à la délicatesse, à la douceur attentive, à l'écoute, à veiller minutieusement à ne pas employer de mots qui font mal, d'expressions qui tuent, ne pas adopter d'attitudes provocantes. La différence entre la notion de formation pensée et adaptée dans ce qui est classé "commerce privé" et les carences gigantesques dans le même domaine dans ce qui est appelé "service public" est extrêmement instructive, significative d'une politique, d'une orientation, ou des défauts considérables dans ces objectifs. Nous consacrerons probablement une LEM à ce sujet passionnant un jour. Mais comparer les deux situations vaut le coup d'oeil.
Dr J.Blais

19 janvier 2005
Nicophiles interdits
Nos voisins italiens ouvrent le feu de la loi contre les citoyens qui oseraient allumer leur brûlot personnel de tabac séché dans un lieu public ( France-Info 14 janvier). La vieille idée de la prohibition n’a, semble-t-il, pas quitté l’esprit de nos responsables politiques européens. Et, pourtant, la prohibition de l’alcool aux USA au début du XXème siècle a été un dramatique échec en termes de santé, si ce n’est pour le grand banditisme qui y trouva le terreau idéal pour se développer, enfin de façon industrielle et internationale avec le Canada . Verrons-nous des fumeries clandestines ( de tabac) à Rome ou à Naples ? Qui en assurera l’approvisionnement et le contrôle ? Vous avez bien deviné.
Dr François-Marie Michaut

20 janvier 2005
La mule
Certains d'entre vous auront éventuellement vu, ou entendu parler, de l'intéressant film sud-américain récent intitulé "Maria pleine de grâce" qui montrait de manière très bien documentée le parcours on ne peut plus périlleux et complexe d'une jeune fille de Colombie transportant de la drogue en sachets dans son estomac, jouant ainsi le rôle de la "mule" chargée par les trafiquants du transport de la marchandise. Une Italienne de 41 ans qui avait avalé 77 de ces boules de cocaïnes encapuchonnées de latex vient de mourir dans l'avion entre la République Dominicaine et Milan, avant même l'escale de Roissy. Trois des sachets s'étaient rompus dans son estomac. Le film était remarquablement documenté, tant sur les aspects psychologiques que financiers et logistiques et quant à la pression sur les passeuses des trafiquants. (Le QduM 11/01/05)
Dr J.Blais

21 au 23 janvier 2005
Malades médecins
La Caisse d'assurance et de retraite des médecins se penche régulièrement sur les professionnels qui perçoivent des indemnités au titre de la maladie ou de l'invalidité. Exemple, en 2003, il y avait parmi les bénéficiaires de prestations 61 % de généralistes. A leur nombre, 25 % traités pour cancer, 19 % pour troubles psychiatriques, 13 % pour traumatismes. Mais il est très intéressant de noter que 30 % des psychiatres qui sont indemnisés le sont pour troubles psychiatriques. Les cancérologues et radiothérapeutes sont également fréquemment touchés dans leur psychisme. Et 39,7 % des invalidités définitives le sont pour troubles psychiatriques chez les médecins en général. Que peut-on conclure, sinon que l'exercice de la médecine est particulièrement à risque psychique chez les praticiens en contact permanent avec le plus difficile, l'être humain en détresse, en souffrance, en demande permanente, et donc généralistes, psychiatres et cancérologues sont spécifiquement visés. (Le QduM 12/01/05) Dr J.Blais

24 janvier 2005
Famine de formation (LEM 382)
Curieusement, ce sont nos hôpitaux, malgré les moyens énormes qui leur sont consacrés par l’assurance maladie, qui souffrent le plus de déficit aigu de formation des personnels de tous niveaux. Tel est du moins ce que peuvent ressentir des professionnels de la santé quand les évènements de la vie les contraignent à ne plus être du côté des soignants en blouse blanche, mais dans le camp des soignés, ceux à qui on demande d’être ... patients. Ce double regard est particulièrement riche en enseignements, du moins pour qui veut bien ouvrir les yeux et les oreillles plutôt que de se laisser enfermer dans le carcan de son statut professionnel. C’est urgent, car la question de la compétence dans les services se pose de façon de plus en plus aigüe, au fur et à mesure que les techniques progressent. Tel est le thème de la LEM 382 de Jacques Blais “ Compétence décisionnelle et conscience hospitalière” en ligne cette semaine. A ne pas manquer.
Dr F-M Michaut, logo d'Exmed

25 janvier 2005
Accidents de la vie
État d'alerte à la Commission Européenne, en étudiant les résultats comparatifs des décès annuels par accidents de la route, 50700, et ceux par...accidents de la vie, 58000. Traduire suicides et automutilations. La plupart de ces suicides surviennent bien entendu dans un contexte de pathologie mentale, en particulier de dépression. Ce qui fait dire à Markos Kyprianou, le Commissaire européen à la Santé, que "la maladie mentale est le tueur invisible de l'Europe". Bruxelles prépare "une stratégie" contre cet état de fait. Mot ambigu, suremployé, flou, mais qui fait toujours son effet dans une entrevue télévisuelle.... (Le QduM 17/01/05)
Dr J.Blais

26 janvier 2005
Et moi, émois, hais-moi
<<La peur d'être atteint d'une maladie grave guette, semble-t-il, tout étudiant en médecine lors de son cursus. Pour le Pr. Philippe Jaury, généraliste-enseignant à l'université René-Descartes (Paris-V), cette réaction s'observe surtout lors de la découverte de la maladie et du malade en troisième année. Faire partie d'un groupe Balint peut aider à mieux comprendre.>> Source: le Q.d.M. du 20/01/05. [...] <<Cela arrive tôt ou tard à tous les étudiants en médecine. Une toux qui persiste depuis quelque temps, une douleur bizarre à l'estomac, une minuscule papule sur la peau, ces signes n'auraient d'habitude aucune importance. Mais, là, armés d'un savoir médical grandissant, ils s'interrogent. Simple coup de froid ou cancer du poumon? Hémorragie interne? Maladie de Hodgkin? [...] Pour le Pr. Philippe Jaury [...] <<bien sûr, parmi les étudiants, certains souffrent sans doute d'hypochondrie. Les études de médecine sont pour eux une forme d'exorcisme. Mais, le plus souvent, ce type de peur apparaît lors de la découverte de la maladie en D1 (troisième année). Ils se sont d'abord familiarisés avec la physiopathologie qui reste quelque chose d'abstrait. Et là, ils découvrent la maladie et le malade. [...] >> . Et si cette "découverte" n'était pas une bonne chose? Une thérapie individuelle, mais surtout une approche du patient qui sera devant lui, ou au chevet duquel il interviendra avec humanisme, compassion et compréhension? Une sorte de parcours initiatique? Oui, naturellement, l'enseignement du Docteur Balint est infiniment précieux. Pour les médecins, et donc pour les patients.
Dr Ph. Deharvengt, alias le Père Igor

27 janvier 2005
Que vous naissiez
Non, la bonne phrase n'est pas "que vous naissiez riche ou pauvre..." mais que vous soyez arrivé en ce monde par la tête ou par les pieds, Rassurez vous, cela ne changera rien à votre destinée. Du moins en matière de QI. Les Norvégiens, par le biais des surveillances en grand nombre des conscrits lors des visites médicales, ont montré qu'il n'y a pas de différence significative entre les capacités intellectuelles des individus nés par le siège et ceux nés tête première. Ni, et c'est intéressant, entre les enfants nés par césarienne sur des sièges et ceux nés par voie basse. Alors cessons de nous soucier du devenir des naissances par le siège, elles sont soumises à une suspicion sournoise sans ... fondement.
(Journal International de Médecine 17/01/05)
Dr J.Blais

28 au 30 janvier 2005
Week-end poétique
Peut-être ne connaissez-vous pas encore notre liste interne de discussion par email Exmed-1 ? Ses abonnés, aussi bien médecins que non médecins y dialoguent librement sur toutes les questions de santé, dans l’esprit de ce site. Certains sont bavards, d’autres moins. Certains se contentent de lire les contributions. Et, pour d’autres, cela sert d’inspiration pour d’autres formes d’expression privilégiant les émotions. Ainsi Juliette Goldberg, psychologue à Jérusalem, nous présente ses trois derniers poèmes, mis en page et illustrés par Christine Bruzek. Bonne lecture.
Dr F-M Michaut

31 janvier 2005
Formation encore (LEM 383)
Le père Molière nous mettait déjà assez en boîte, nous les médecins, avec notre manie de parader, de vouloir montrer un pouvoir confit de tradition aux yeux du public. Certes le latin a disparu, ainsi que les grands chapeaux pointus. Mais toute une mis en scène est encore d’actualité aujourd’hui, en particulier dans nos hôpitaux. C’est ce que pointe Jacques Blais dans la LEM 383 “ La parade du pouvoir” en ligne ce jour. Avec un étrange contraste avec une corporation que l’on penserait à priori plus proche de Figaro que du Dr Albert Schweitzer. Cette Lettre est à lire en complément de la LEM 382 du même Jacques Blais. Accès par la page suivante.
Dr F-M Michaut

1er février 2005
Jardin privatif
La Caisse Nationale d'Assurance Maladie s'est livrée à une étude sur les "parts de marché" de la chirurgie. Il en ressort que la chirurgie "classique" concernant 18 interventions constitue de plus en plus le jardin du privé. La chirurgie ambulatoire en privé à augmenté de 21 % entre 1999 et 2001, la chirurgie classique générale de 8 %. Le public ne garde la main que sur 3 types d'interventions, testicules, hernies de l'enfant, et coelioscopies gynécologiques. Pour certains domaines, comme la cataracte, les varices, les végétations, les amygdales, l'arthroscopie du genou, la part du privé atteint 80 %. Peu à peu, présume l'étude de la Caisse, la chirurgie lourde et l'urgence seront seules à relever du public. A suivre. (Le QduM 19/01/05)
Dr J.Blais

2 février 2005
Records
Saluons d’abord, un cocorico dans la voix, notre remarquable autant que remarquée première mondiale ( Mediscoop santé 31 janvier)) . L’une de nos chèvres tricolores a été reconnue atteinte de l’encéphalite spongiforme bovine. Cette chèvre folle semble faire voler en éclats le dogme de la non transmissibilité des prions d’une espèce à une autre. Pour rester dans les mêmes eaux des prions, il semblerait ( The Lancet, cité par le QDM du 31 janvier) que le temps d’incubation de l’encéphalite de Kreutzfeld Jakob, nouvelle variante, puisse excéder la durée record de 50 ans.
Conclusion logique ? Si vous avez plus de 50 ans, vous pouvez continuer à manger en toute tranquillité votre gigot caprin favori. Bon appétit.
Dr F-M Michaut

3 février 2005
Des as, ces asticots
Vous connaissiez les appâts pour la pèche, on en parlait également en matière de jardinage et de sélection agricole, eh bien figurez vous qu'ils servent à tout. Qui ? Les asticots ! Les Anglais (mais non, pourquoi imaginer tout de suite une recette de cuisine ?) ont l'idée de tester leur usage dans le traitement des ulcères de jambes. Plusieurs commentaires. D'abord les ulcères concernés deviennent de moins en moins fréquents. Ensuite on a autrefois essayé le sucre en poudre, le miel, et d'autres traitements. Non, les sangsues ne confondez pas c'était pour autre chose. Et enfin, il suffit de baptiser cette technique thérapie larvaire pour que cela passe très aisément. A vérifier (Le QduM 19/01/05)
Dr J.Blais

4 au 6 février 2005
Le tiers présent
Il est très intéressant que cette réalité ait été chiffrée, par l'étude REMEDE. Dans un tiers des consultations, le patient est accompagné chez le médecin par un tiers. 79 % des médecins voient cela d'un bon oeil, estimant 6 fois sur 10 bénéfique cette présence, même si elle alourdit de 7 minutes la durée de consultation. Une fois sur 10 seulement, ce tiers est gênant par ses interventions. L'accompagnant est pour 79 % la femme, pour 54 % le conjoint, et dans 17 % des cas un descendant adulte du patient. 21 % des accompagnants restent muets en consultation, les médecins estiment que la relation avec les enfants adultes des patients est la plus profitable. Enfin les médecins considèrent que le plus grand nombre de demandes en provenance des tiers, d'ordre logistique, administratif, économique, social, de prise en charge, d'organisation, sont malheureusement celles face auxquelles ils se sentent les moins compétents.
(Le QduM 11/01/05)
Dr J.Blais

7 février 2005
Respecter les engagements ( LEM 384)
La vieille tradition des “barbaresques” d’enlever des prisonniers pour en faire des esclaves puis les revendre n’est pas morte. A propos d’un récent exemple, Françoise Dencuff, médecin, nous propose une lecture très stimulante sur la façon dont nous lisons ce genre d’événement ici, avec nos a priori et nos schémas stéréotypés de citoyens d’un pays aussi froussard que nanti matériellement. “ Deux poids, deux mesures” est le titre de notre LEM 384 en ligne ce jour. A signaler que ce texte est parvenu à la rédaction d’Exmed il y a déjà plus d'une dizaine de jours.
Dr F-M Michaut

8 février 2005
De l’eau dans le vin
Allez, comme c'est facile pourquoi s'en priver ? Nous allons affirmer que les politiques et les viticulteurs sont tous parvenus à mettre de l'eau dans leur vin pour s'entendre sur l'étiquette de leurs négociations. Celle des bouteilles, s'entend. Les sénateurs ont adopté à l'unanimité l'amendement gouvernemental proposé par le ministre de la Santé concernant la publicité pour les vins. Sont donc acceptées les références logiques, celles aux terroirs, aux appellations, aux distinctions obtenues par le cru, aux indications géographiques, ainsi que des références objectives relatives à la couleur, au goût, aux odeurs et parfums du breuvage. Mais sont par contre récusées formellement, et passibles de poursuites judiciaires les publicités de personnages incitant à la consommation, et les dérives vers une valorisation des effets de l'alcool, ou de ses présumés bienfaits, les références subjectives et incitatives. Avec quoi ces éminences ont-elles trinqué au succès de l'entreprise de négociation, l'histoire ne le dit pas. (Le QduM 24/01/05)
Dr J.Blais

9 février 2005
Si c'est là la vie que les généralistes ont
<<Je me ferai moine avec ma Jeanneton... Si c'est là la vie que les généralistes ont...>> Qu'on en juge, comme le rapporte "le Généraliste" du 28/01/2005: <<Les généralistes menacés par la "burn-out">> Selon une étude française sur 306 médecins, 26% déplorent un niveau élevé d'épuisement émotionnel, 34% se sentent <<modérément épuisés>> alors que moins de 40% sont en bonne santé émotionnelle. Près de 5% des praticiens souffrent d'un vrai syndrome de <<burn-out>>. Plus d'un médecin sur deux a déjà envisagé sa reconversion, 14% fument, 5,5% boivent de l'alcool, 30% ont pris des psychotropes et 13% ont envisagé le suicide. Heureusement, l'épanouissement personnel reste <<élevé>> pour 56% d'entre eux et <<modéré>> pour un quart des médecins interrogés. Pour expliquer leur épuisement, les médecins invoquent les exigences des patients, la surcharge administrative et une charge de travail croissante.>>
Pitié, ne tirez plus sur le généraliste. S'il n'est pas déjà mort, il se fera moine avec sa Jeanneton...
Dr Ph.Deharvengt, le Père Igor

10 février 2005
Les sous vont bien mieux
Les bons comptes font essentiellement des amis dans les ministères, et deviennent de bons contes pour la population. Mais bref, Madame Rose-Marie Van Leberghe, directrice de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris arbore la mine réjouie de celle qui constate que la maison a quitté le rouge, avec un équilibre financier rétabli. Un déficit de 210 millions d'euros en 2003, tout de même, ardoise effacée en un temps record en 2004, quand l'Etat avait imposé un retour à zéro en 2007. Non, ne commencez pas à évoquer des artifices, des manoeuvres. Les deux avancées principales seraient la fameuse T2A, tarification à l'activité, et sa conséquence, la tarification "à l'euro près" des médicaments nécessaires et des dispositifs médicaux implantables coûteux strictement utiles. La "gouvernance" hospitalière va être la phase suivante, consistant à nommer des Responsables de pôles et non plus des chefs de service. Quatre sites sur les 49 de l'AP-HP ont été désignés pour anticiper cette réforme. Bon, soyons lucides, très lucides, nous ne sommes pas en train de parler de l'accueil, de la formation, de la compétence décisionnelle, de la place des patients, de la communication, mais exclusivement du budget. Et après tout pourquoi ne pas saluer un changement, même si tout reste à faire derrière ? (Le QduM 28/01/05)
Dr J.Blais

11 au 13 février 2005
Haro sur les amants fumeurs
<<Cancer du col: il faut empêcher les partenaires de fumer!>>. C'est sous ce titre que le JIM (journal international de médecine) du 09/02/2005 nous interpelle.
<<L'infection par un papillomavirus potentiellement oncogène peut atteindre une incidence de 15 à 20% avant trente ans. Dans un nombre de cas rares, l'organisme n'arrive pas à se débarrasser du virus qui s'intègre à l'ADN de la cellule cervicale hôte et induit sa cancérisation. Les circonstances favorisant cette intégration sont mal connues, mais le tabagisme actif semble constituer un des facteurs de risque le plus souvent retrouvé. [...] En tout état de cause, les données épidémiologiques s'accumulent pour accuser le tabagisme actif mais également passif de favoriser la cancérisation du col de l'utérus secondaire à l'infection par un papillomavirus potentiellement oncogène. La lutte contre l'addiction tabagique... des partenaires de nos patientes pourrait ainsi participer à la réduction de l'incidence du cancer du col de l'utérus au même titre que les nouvelles stratégies de dépistages virales ou autres.>>
Non seulement il faut le préservatif, mais aussi se préserver des amants fumeurs.Résumons : faut plus manger ce qui est bon, faut plus boire ce qui fait plaisir, faut plus se reposer quand on en a envie, faut plus prendre des risques pour pimenter sa vie, faut plus que les vaches pètent pour préserver la couche d’ozone et bientôt faudrait plus avoir de relations sexuelles “in vivo” avec ceux qu’on aime.Quelle époque!
Dr Ph. Deharvengt, le Père Igor

14 février 2005
Au delà du médecin traitant (LEM 385)
L’arbre des discordes catégorielles autour du projet contesté d’instauration du médecin traitant en France ne doit pas nous cacher une foret dont personne ne semble vraiment se préoccuper. Celle de la mission du médecin dans notre société. Car, de manière bien peu rigoureuse, on s’active depuis des années à organiser, réformer, rationaliser et ... rationner notre système médical comme si la question centrale de la place qu’occupe le médecin dans la cité ne faisait de doute pour personne. En fait, personne n’a encore apporté de réponse à cette question fondamentale. Avec la LEM 385, en ligne ce jour, “ La place du médecin dans la société”, nous proposons à nos lecteurs une réflexion, juste pour permettre que le débat public indispensable puisse avoir lieu. Avant que des solutions à un problème si mal posé ne soient imposées par le pouvoir politique, et conduisent alors, une fois de plus, à un inévitable échec.
Dr F-M Michaut

15 février 2005
Ça a failli
Vous en gardez tous mémoire, la grande fierté des Ministères, la Santé, la Recherche, nos fringants ministres bien peignés devant les caméras. On lançait un essai de phase 2 d'un vaccin préventif contre le Sida, et on cherchait des volontaires. Des gens très bien, qui venaient expliquer sous l'oeil médiatique leurs très nobles motivations. C'était anodin, et bon pour la planète. On a nettement moins évoqué l'arrêt prématuré, le 21 décembre 2004, du programme. Un des 21 premiers sujets a développé une "myélite" nous n'en saurons pas plus. Comme la découverte de gravillons dans les lentilles, on a donc jeté la boîte et remis à plus tard la suite, ou un autre programme. Pour les experts, la complication reste inexpliquée. Auparavant, en 15 ans, l'Agence nationale de recherche contre le Sida n'avait eu à signaler lors de ses essais que deux effets indésirables ophtalmologiques. (Journal International de Médecine, 03/02/05)
Dr J.Blais

16 février 2005
Greffons encore plus
L'année 2004 a vu augmenter le nombre des transplantations réalisées, permettant à 530 patients supplémentaires d'être pris en charge. C'est encourageant, surtout en considérant que le plus gros lot de donneurs, celui des accidentés de la route, est en baisse. Mais le recours aux victimes d'accidents cérébraux, l'implication des équipes, l'information du grand public, sembleraient porter leurs fruits. Il reste cependant 6700 personnes en attente, principalement des patients espérant un rein pour être traitées. Le pancréas et les poumons sont des domaines de greffe en progrès. Mais le travail est loin d'être accompli dans la proportion souhaitable pour le don d'organe assurant l'équivalence avec les patients en attente. (Le Généraliste, 11/02/05)
Dr J.Blais

17 février 2005
La fessée est bonne pour la santé
Le Q.d.M. du 04/02/2005 nous apprend que les britanniques ont le droit de frapper leurs enfants, plus précisément d'user de <<châtiments corporels modérés>>, mais ils doivent éviter que la fessée ou les coups laissent des marques durables (hématomes, coupures, écorchures, gonflements...). [...] En Iran, c'est une autre forme de modération qui a été à l'honneur. Un homme soupçonné d'avoir collaboré à un vol a reconnu boire de l'alcool. Il a été condamné pour ce dernier fait à 80 coups de fouet. Mais il a produit un certificat médical attestant qu'une telle punition mettrait sa vie en danger. La peine n'a pas été levée, car il faut <<que le code pénal islamique puisse être appliqué>>, mais elle a été transformée: un seul coup d'une verge constituée de 80 brindilles.
De la perfide Albion à l'Islam obscurantiste, on se demande où se situe la plus grande hypocrisie. Une chose est certaine: dans l'affaire iranienne, si cet homme avait été une femme, la peine n'aurait nullement été transformée... le Père Igor perplexe

18 au 20 février 2005
Iles du soleil
En ce froid neigeux de notre hiver national, un besoin de changer d’horizon peut nous prendre. Voilà qui serait bon pour notre santé, n’est-ce pas ? Les virus grippaux ou intestinaux nous ont parfois laissés bien fatigués. Et bien, pas de problèmes : à Exmed, nous disposons de deux magiciens. Avec Jacques Blais, qui nous avait entraînés au Groenland, nous nous envolons vers les Iles du Monde. Magnifique voyage, plein de ciel bleu, de sable blond et de mer d’azur, mis en page pour notre plaisir par Christine Bruzek. Bouclons nos ceintures, visiteurs Internautes, on s’envole ensemble.
Dr F-M Michaut

21 février 2005
Spiritualité et médecine (LEM 386)
Sous la bannière aux frontières bien floues de la spiritualité, de multiples questions se posent aux médecins. Et, bien entendu à tous les non médecins qui se préoccupent de la qualité de notre médecine. Certes, ce n’est pas nouveau, mais le retentissement que donnent les médias actuels aux références à des mouvements à connotation religieuse, philosophique, ésotérique ou sectaire est énorme. Le Dr Françoise Dencuff avec sa LEM 386, en ligne ce jour sous le titre volontairement provocateur : Spirituel...ment développe l’idée que l’exercice de la médecine est un véritable art . Plein de ... mystère.
Dr F-M Michaut

22 février 2005
Querelle d’Allemand
C'était dans le Quotidien du médecin du 16/02/2005: <<C'est un juge allemand qui est diabétique. Du fait de sa haute charge de travail, il n'a pas su résister au Coca-Cola et aux barres chocolatées, ce qui lui a fait absorber chaque année, selon ses propres calculs, 27 kilos de sucre pur par an. Il veut que Coca-Cola l'indemnise et prenne en charge ses frais médicaux, mais le tribunal civil d'Essen, qui rendra sa décision le 12 mai, a déjà souligné que les dangers d'une forte consommation sont connus et que la limiter relève de la responsabilité de chacun. [...]>>. Bon, mais alors, si les juges doivent aujourd'hui devenir "responsables", où va-t-on? D'accord, cela se passe chez nos voisins et néanmoins amis d'outre Rhin. Mais imaginons que la contagion se propage chez nous? Vous pouvez imaginer un juge responsable de ses actes professionnels et privés? Nos prisons sont déjà engorgées. Qu'en serait-il si on y enfermait nos magistrats "responsables"? Grâce à une ancienne ministre de la V ème République, ils ne seront jamais "coupables". C'est tant mieux pour nos prisons.
Dr.Ph.Deharvengt, alias le Père Igor

23 février 2005
Ski casse cou
La saison du ski bat son plein. Et celle des accidents suit en parallèle, comme certaines courses. Une étude canadienne s'est intéressée à l'efficacité du port du casque dans la pratique du snowboard et du ski. S'il a été démontré que, sur 10 personnes portant un casque lors d'accidents de montagne, de 3 à 6 seront protégées de graves lésions, soit environ une sur deux, on ne s'était pas intéressé spécifiquement jusqu'ici à la différence de résultat entre les lésions cervicales et les traumatismes crâniens. Il semblerait que, le casque actuel, s'il met à l'abri son contenu, c'est à dire la tête, aggraverait plutôt le retentissement sur les lésions du cou, en raison des effets de torsion avec une tête alourdie par la protection. Faut-il alors modifier les modèles de casque, ou la pratique de ces activités nécessite-t-elle un apprentissage spécifique ? (Le Généraliste, 11/02/05)
Dr J.Blais

24 février 2005
Au fond des yeux
Vous n'allez pas en croire vos yeux. Selon que vous regardez, non pas la France, mais une seule personne au fond des yeux, librement et sans provocation, ou bien si au contraire, ayant hésité sur le comportement à adopter, vous finissez par éviter volontairement son regard, vous n'activez pas la même zone de votre cortex cérébral. Une étude complexe londonienne vient d'effectuer un certain nombre de contrôles et d'expériences aboutissant à ce constat. Les structures anatomiques du cortex frontal interne commandant les déplacements du regard ne sont pas les mêmes et fonctionnent de manière indépendante, selon que vous décidez d'affronter ou de recevoir le regard de l'autre spontanément et naturellement, ou au contraire d'éviter cette confrontation en vous dérobant par crainte, réflexe, ou par volonté délibérée. T'as un beau cortex, tu sais ?
(Le QduM, 09/02/05)
Dr J.Blais

25 au 27 février 2005
Médecins scolaires en colère
<<Le projet de loi Fillon et la santé scolaire: les médecins pour les petites classes>>. (Source: le Q.d.M. du 17/02/2005). <<Le projet de loi d'orientation pour l'avenir de l'école, en discussion à l'Assemblée nationale, devrait réformer l'organisation de la surveillance sanitaire des élèves. Il prévoit que les médecins de l'Education nationale exercent prioritairement leurs missions dans le primaire et que les infirmières scolaires tiennent un plus grand rôle dans les collèges et lycées. [...].>>.
Les "grands docteurs" pour les petites classes, et les "petites infirmières" pour les grandes classes!... C'est quand-même assez surprenant. Les pathologies des adolescents seraient-elles plus bénignes que celles des petits bambins? La prévention des conduites addictives (tabac, alcool, cannabis) moins importante que celle de la dyslexie, ou des troubles de la parole, des insuffisances visuelles ou auditives? Le handicap psychomoteur serait-il une spécificité du jeune enfant scolarisé en primaire?
Trop d'économies tue l'économie de la santé scolaire, et les carences de la santé scolaire tuent la scolarité.
Dr Ph.Deharvengt,ex-vacataire de santé scolaire

28 février 2005
Éloge de nos fous (LEM 387)
Les malades atteints de pathologies psychiatriques lourdes vivent de plus en plus au milieu de nous depuis de nombreuses années de “désaliénation”. Voilà qui les conduit forcément à fréquenter comme tout le monde les cabinets de médecine générale. Que s’y passe-t-il, comment peuvent-ils être vécus par celui qui accepte de devenir et de rester au fil du temps “leur” médecin traitant ? Jacques Blais nous confie son témoignage très personnel dans la LEM 387 intitulée “ A la folie”. A ne pas manquer.
Dr F-M Michaut

1er mars 2005
L’oeil du Maître
Il s'agit d'un des Maîtres de la peinture, Rembrandt en personne. Et l'affaire est d'importance. Souffrait-il d'un défaut de convergence oculaire, comme le prétend le Dr Margaret Livingstone, de Harvard ? Elle affirme ceci sur le vu de maints autoportaits du peintre, d'après la position divergente de son oeil gauche. Mais un contradicteur, Marmor, de Stanford, réplique que, en observant le reflet dans le blanc de l'oeil, en estimant la distance par rapport au miroir nécessaire, ce trouble de convergence est banalement physiologique. Et les experts de se bagarrer sur les degrés de divergence, entre 3° et 10° selon leurs savantes mesures, ce qui ne préjuge pas de leur divergence d'analyse à eux. Terrible suspense. Comme le conclut l'auteur de l'article du Journal International de Médecine du 16/02/05, non décidément le monde n'est pas désespérant. Je ne résiste pas, modeste rapporteur, à ajouter ma contribution d'amusement. Il se trouve que le cabinet de groupe dans lequel j'ai exercé trente ans portait le nom de...Rembrandt. Et à plusieurs reprises, nos voleurs comparables à ceux de tous les cabinets médicaux nous ont dérobé de petites copies de modestes tableaux du Maître apposées dans nos couloirs. Convergence de mauvais jugements de ces niais, ou divergence de leurs estimations sur l'authenticité ?
Dr J.Blais

2 mars 2005
L’année 2004 du Coup d’Oeil
Un coup d'oeil en arrière, par dessus notre épaule collective, sur le remarquable travail de Christine Bruzek, qui a rassemblé tous nos coups d'oeil 2004. Merci d'abord, aux 7 auteurs qui se sont ajoutés au trio des habituels, en apportant 7 % des sujets. Recommencez vite, et recrutez -vous des imitateurs. PhD nous a concocté 24 % des parutions (42 des textes du mardi au vendredi), JB 40 % (70 coups d'oeil) et le chef est à l'honneur, normal puisqu'il est le patron, avec un total pour FMM de 101 textes, incluant 49 des brèves y compris les évènements inhabituels culturels, plus ses 52 présentations des LEM du lundi. Notons tout de suite que nous vous aurons proposé 14 livres à lire cette année (dont 5 médicaux), et 10 parutions culturelles, poésie, nouvelles, théâtre, voyages, etc. La presse demeure la source la plus utilisée, avec 56 % des coups d'oeil, dont 43 % issus du QduM. Ce qui reste logique en raison du rythme de nos textes. Mais cet apport laisse place largement à d'autres sources d'inspiration. Naturellement, "peut toujours mieux faire", et ce constat occupe perpétuellement nos élans.
Dr J.Blais

3 mars 2005
Trop, c'est trop
<<La permanence des soins n'a aucun secret pour lui. Jean Bravetti, âgé de 56 ans, médecin généraliste à Sainte-Marie-aux-Chênes en Moselle, est de toutes les gardes et de toutes les astreintes. En hiver, ses journées commencent d'ailleurs avant le lever du jour, vers 6h30 du matin et ne s'achèvent après les consultations au cabinet et les visites à domicile, qu'après dix heures du soir. Pour ce praticien qui semble avoir de son métier une conception quasi sacerdotale, le dimanche n'est jamais jour chômé. Dans la région de Sainte-Marie-aux-Chênes, l'action du docteur Bravetti est connue de tous. Les patients sont nombreux à apprécier le dévouement de l'omnipraticien dont la principale qualité - ou le premier défaut - est <<qu'il ne sait pas dire non>>, comme le souligne son avocat, Maître Louvel, au Républicain Lorrain. L'activité sans mesure du docteur Bravetti, qui ne prend guère qu'une semaine de vacances par an et qui examine jusqu'à quatre-vingt patients par jour, était dans le collimateur de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Moselle depuis longtemps. [...] S'appuyant sur l'article 33 du Code de déontologie qui indique que <<le médecin doit toujours élaborer son diagnostic avec le plus grand soin en y consacrant le temps nécessaire>>, les deux instances (CPAM & Ordre des médecins, NDLA) ont pu considérer que l'activité <<anormale, excessive et démesurée>> du docteur Bravetti pouvait être dangereuse. Hier, le conseil de l'Ordre a donc suspendu l'activité du médecin pendant deux mois, dont un mois <<ferme>>. Source: le JIM du 02/03/2005. Souhaitons-lui de bonnes vacances. On ne nous dit pas si ce cher confrère a une vie de famille? Dr Ph. Deharvengt

4-6 mars 2005
Au secours, Professeur Dalton
Oui, on en voit vraiment de toutes les couleurs. La neige étale-t-elle un tapis blanc sur nos routes, et nos services météorologiques lancent sur toutes les ondes une alerte orange. Il faut dire qu’ils ont été tellement traumatisés depuis la tempête-cataclysme de décembre 1999 qu’ils ont le signal d’alarme très facile, nos météorologues. Qu'importe si on en tremble dans nos chaumières. Revenons à la médecine où nous pourrions fort bien connaître une alerte blanche à la fièvre jaune du côté de l’Afrique Noire. Pitié, messieurs nos professionnels de la communication, on s’y perd. Comme si nous étions tous dyschromatopsiques. En jargon médical, c’est ainsi qu’on appelle de façon compliquée, le bon vieux daltonisme des familles.
Dr F-M Michaut

7 mars 2005
Effets pervers (LEM 388)
Nous, médecins, sommes familiarisés avec les effets indésirables des médicaments que nous utilisons. C’est une préoccupation constante dans notre pratique. Cela fait l’objet de multiples études, de publications dans les revues professionnelles, de retombées dans les mesures administratives. En un mot, c’est une réalité incontournable de notre profession. Alors, quand il nous est imposé des remèdes aux maladies de notre système d’assurance maladie, notre regard de clinicien se demande quels peuvent être leurs effets pervers. La LEM 388Dossier médical , quel progrès ?” vous propose de creuser un peu plus votre analyse personnelle de cette disposition ayant acquis force de loi en France.
Bonne lecture, et que chacun se forge sa propre opinion, sans se laisser impressionner par les habituels arguments d’autorité.
Dr F-M Michaut

8 mars 2005
Bravo, Oncle Sam
En ces temps d’anti-américanisme ambiant, pour des raisons profondes dont l’idéologie politique dominante n’est probablement pas absente en Europe, une nouvelle mérite d’être soulignée. Après avoir enfin supprimé il y a peu de temps la peine capitale pour les handicapés mentaux, la société américaine a franchi un pas de plus. Désormais, il n’y aura plus d’exécution possible pour les mineurs au moment du crime. Ce qui nous réjouit infiniment moins à Exmed, c’est qu’on continue de procéder - forcément sous contrôle médical - à la mise à mort des condamnés par injection léthale. Des médecins bourreaux, ou aides-bourreaux, en vérité, cela a toujours existé partout dans le monde.
Dr F-M Michaut

9 mars 2005
Bravo mesdames
La Journée de la Femme est proche. Et l'an dernier, déjà, nous avions évoqué pour vous ce Prix L'Oréal-Unesco pour les femmes. Cinq chercheuses renommées, représentant chacune un continent, en sont les bénéficiaires. L'objectif du programme est de récompenser des chercheuses éminentes pour leurs résultats, d'aider à poursuivre des recherches, et d'encourager les femmes à entreprendre une carrière scientifique. Sont lauréates cette année Zohra Ben Lakhdar, de Tunis, pour ses expériences et modèles en spectrométrie, Belita Koiller, de Rio, pour ses recherches sur les électrons dans des milieux désordonnés, Myriam P.Sarachik, de New York, qui travaillait sur les électrons des métaux et la transition métal-isolant, Fumiko Yonezawa, de Yokohama, oeuvrant sur les semi-conducteurs, et enfin Dominique Langevin, du CNRS de notre pays, qui a étudié les détergents, les émulsions et les mousses. Le programme L'Oréal-Unesco prévoit aussi 15 bourses permettant souvent à des candidates doctorantes de travailler en dehors de leur pays. Oui, bravo mesdames.(Le QduM 03/03/05)
Dr J.Blais

10 mars 2005
Autotest
Le conseil national du sida tire le signal d’alarme. La diffusion auprès du public des tests personnels de dépistage du virus VIH que chacun peut réaliser à domicile n’est pas sans danger. Passons sur les questions de sensibilité et de spécificité de ces kits. La manipulation pratique ne se ferait correctement que dans 9% des cas, et conduirait à une proportion de 5O% de faux positifs. De quoi passer de bien sales moments avant de savoir ce qui en est vraiment. Rester seul devant un résultat d’analyse, c’est le contraire même de la pratique médicale. Enfin, comment ne pas imaginer que des employeurs vont se précipiter pour vérifier que leur personnel est indemne de cette terrible maladie ? Et demain, les diabétiques, et tous les autres patients détectables par autotests, ont bien du souci à se faire. La discrimination pour maladie a, hélas, de beaux jours devant elle !
Dr F-M Michaut

11 au 13 mars 2005
Dilatons-nous la rate
On parlait naguère volontiers de se dilater la rate en évoquant le bon vieux rire du Docteur Rabelais.
Nos éminents chercheurs n’ont rien perdu de leur sérieux scientifique légendaire pour se pencher sur ce qu’on dit volontiers être le “propre de l’homme”. Et là, surpise, ce ne serait plus la rate qui se dilaterait ( et franchement l’époque actuelle ne croit plus guère aux possibles mouvements de cet organe lymphoïde contribuant à la vie des éléments du sang et au contrôle de l’immunité), mais bel et bien ... nos artères. Le Congrès de l’American College of Cardiology ( QDM du 9 mars) est formel. Rire serait aussi bon que faire de l’exercice pour notre avenir cardio-vasculaire. On en rit de bon coeur, surtout quand on fait de l’exercice pour rire, pour de rire diraient des enfants. A moins que notre industrie pharmaceutique ne nous concocte quelque nouveau gaz hilarant à mélanger à nos oméga 3 alimentaires obligatoires, L’éventualité du remboursement par l’assurance maladie des oeuvres complètes d’Alphonse Allais, de Pierre Dac et de Coluche n’a pas été évoquée par l’auteur de l’article. Dommage, on aurait tenté le coup avec les “ Os court” qui clôturent rituellement nos 388 lettres hebdomadaires du site. La LEM est bonne pour le coeur, c’est maintenant scientifiquement prouvé.
Dr F-M Michaut

14 mars 2005
Se faire piétiner (LEM 389)
Quand on est médecin , qu’on met en place au milieu des pires difficultés des soins palliatifs et qu’on accompagne sur le plan relationnel des patients cancéreux, certaines déclarations médiatiques vous donnent l’impression qu’on foule aux pieds votre engagement professionnel et humain. Voilà ce qui a guidé notre consoeur, le Dr Françoise Dencuff quand elle a écrit la LEM 389 “ De l’annonce ... à la dénonciation”. Le sujet abordé est celui de l’instauration d’une consultation dite d’annonce, avec intervention d’un tiers, quand il s’agit de révéler à un patient qu’il est atteint d’un cancer. Les questions soulevées sont multiples, et reviennent, comme souvent sur Exmed à la nécessité de revoir totalement nos critères actuels de sélection des futurs médecins. A force de répéter, le clou finira par s’enfoncer dans nos têtes anesthésiées par la pensée médicale dominante.
Dr F-M Michaut

15 mars 2005
A l’écoute
Il est question de la fameuse disposition dite de "l'oreille absolue" dont bénéficient maints virtuoses, capables d'une discrimination temporelle et fréquentielle des sons extraordinaire. Tous les mélomanes ont remarqué que les asiatiques se montrent extrêmement brillants et présents maintenant dans la musique classique, instrumentistes, chanteurs d'opera, etc. Une étude Californienne montre que les jeunes Chinois, par exemple, lorsqu'ils commencent à étudier la musique vers 4 à 5 ans, ont pour 60 % d'entre eux l'oreille absolue, contre 14 % des Américains. Une hypothèse, la langue chinoise nécessite des discriminations fréquentielles infiniment plus précises que la langue anglaise. D'après le Pr P-H Chouard, enseignant en ORL, il y a deux conditions pour obtenir une oreille absolue : débuter très précocement l'étude de la musique, et ceci avec un code aisément identifiable comme par exemple le solfège occidental. Le mystère de la chambre acoustique humaine sera-t-il résolu ? (Le QduM 10/03/05)
Dr J.Blais

16 mars 2005
La taule à l'hôpital
<<Hospitalisation des détenus: manifeste contre des conditions de soins "dégradantes". A l'initiative de l'Observatoire International des prisons (OIP), un manifeste <<contre la présence des surveillants et le menottage des malades détenus pendant les soins dans les hôpitaux>>, signé par huit personnalités, dénonce des conditions <<dégradantes, inhumaines et indignes>>. Le Conseil d'Etat est saisi et rendra son arrêt à la fin du mois>> Source: le Q.d.M. du 10/03/2005. Et d'ajouter: [...] <<Si un détenu malade représente un danger pour l'hôpital, rien ne s'oppose à ce qu'un car de CRS stationne à la porte, mais en aucun cas des personnels non soignants ne doivent être autorisés à s'immiscer dans le colloque singulier, ou à être témoins d'un acte médical lorsque le médecin n'en a pas fait la demande expresse.>>
Que craignaient-ils, les agents de l'Administration pénitentiaire, ce 1er janvier 2004, quand une détenue de la Maison d'arrêt des femmes de Fleury-Mérogis avait été transférée à l'hôpital Sud-Francilien d'Evry pour y accoucher et, malgré les protestations de l'équipe médicale, elle avait accouché menottée? La situation était quand-même moins grave que celle à laquelle je fus confronté un autre 1er janvier (1996), face à un détenu armé d'un gros calibre dans une cour de promenade lors d'une tentative d'évasion, où j'avais été appelé pour l'un des trois candidats à la "belle" qui avait fait une chute du haut du mur d'enceinte...
Dr Ph. Deharvengt, ancien médecin de la Pénitentiaire

17 mars 2005
La grippe avionnaire
Les medias se sont souvent excités sur la question de la grippe aviaire. Voici que nos savants chercheurs s'intéressent à celle transmise à l'intérieur d'autres oiseaux, d'acier, les avions. Et ne voilà-t-il pas que la ventilation de ceux-ci, souvent accusée de véhiculer les miasmes et maladies, serait en fait bénéfique. 50 % de l'air est remplacé par de l'air frais, et le reste est recyclé, entendre par là également filtré. De sorte que le pire se joue lors des escales et stations au sol en attente de décollage, sur la piste, quand la ventilation est coupée. En 1972, un avion cloué au sol très longtemps pour des raisons techniques avec ses passagers à bord avait laissé 79 % de ceux-ci contracter la grippe. Nos chercheurs ont calculé qu'il est bon de se tenir à deux rangs de distance des contaminateurs, mais comme on ne choisit pas sa place....Et se voiler la face en cas d'éternuement et de toux est vivement recommandé, de même que se laver fréquemment les mains. Finalement, nous semblerions moins menacés dans un avion que dans un RER ou un métro. Alors de l'air ! (Le QduM 14/03/05)
Dr J.Blais

18 au 20 mars 2005
Asinothérapie
Probablement pas plus que l’auteur de ces lignes, vous n’avez une idée précise de ce qu’est cette nouvelle thérapie. Et bien, il s’agit d’utiliser les qualités relationnelles - bien connues - de nos amis quadrupèdes aux longues oreilles. Le public visé, dit le programme de la conférence, est celui des handicapés mentaux. Le surgissement de nouvelles techniques qui se veulent de soins est bien dans l’air du temps. Attendons d’avoir quelques preuves objectives de ce que prétend sa promotrice, dont le profil professionnel reste dans l’ombre. Par contre, le fait que la promotion de cette entreprise visiblement commerciale se fasse par l’intermédiaire et le routage postal très officiel d’une assemblée départementale ( Conseil Général de Charente Maritime) pose un vrai problème aux contribuables que nous sommes. Nos impôts ainsi utilisés, la tentation démange de distribuer des ... bonnets d’âne.
Dr F-M. Michaut

21 mars 2005
Quand la maladie frappe (LEM 390)
Que se passe-t-il donc autour du malade atteint d’une maladie au traitement lourd ? Que se passe-t-il dans les relations qu’il entretient avec ses proches ? Au delà des clichés du “ tout le monde il est bon, tout le monde il est joli “, comment fonctionne le système de la compassion, comment est-il vécu par celui qui est sensé en “bénéficier” ?
Tel est le sujet de la LEM 390 de Jacques BlaisAffection intrusiveen ligne ce jour. Même si cela vous dérange, même si cela vous choque, ne ratez surtout pas cette lecture. N’hésitez pas à faire lire autour de vous à tous ceux qui sont concernés par la cancérologie. Car, de cela, jamais on n’ose parler, et pourtant, c’est une véritable oeuvre de salubrité publique et humaine d’exprimer ce qui se passe vraiment.
Dr F-M. Michaut

22 mars 2005
Toujours plus vieux
On n'arrête pas le progrès, c'est bien connu. Ou la surenchère, c'est selon. On nous avait déjà depuis longtemps présenté cette brave Lucy, morte il y a quelques 3,2 millions d'années. Ne voilà-t-il pas que des chercheurs ont découvert plus vieux, oh seulement entre 3,8 et 4 millions d'années, à 60 kilomètres de la précédente, dans cette région d'ailleurs splendide d'Ethiopie que nous vous avions quelque peu décrite ici même. Le faire-part ne précise malheureusement, pour le moment, ni le prénom ni de ce fait le sexe (quoi que, parfois...), mais tout cela va venir en son temps, simple affaire d'obstination et de persévérance. "Plus vieux tu meurs", diraient nos jeunes, dont les raccourcis verbaux sont parfois intéressants. (Le QduM 16/03/05)
Dr J.Blais

23 mars 2005
Dextrocardie
Nos amis les peintres, et Léonard de Vinci avec ses célèbres dessins anatomiques en est le fleuron, ont toujours été des connaisseurs remarquables de l’anatomie humaine. Pourquoi donc la tradition picturale religieuse jusqu’au 16ème siècle représente-t-elle du côté droit la plaie thoracique occasionnée par le légionnaire romain chargé, dit-on, de vérifier le décès après la longue asphyxie de Jésus le crucifié ? Les médecins en discutent encore à perte de vue autour des recherches sur le linceul de Turin ( QDM du 15 mars). Curieusement, l’impossibilité mécanique de suspendre le poids d’un corps humain à des clous plantés dans les fragiles espaces intermétacarpiens de la main et non dans les solides os du carpe, ne semble pas inspirer nos savants confrères quand ils examinent les scènes picturales représentant la crucifixion. Même si on la main sur le coeur, on ne sait qu’en penser.
Dr F-M. Michaut

24 mars 2005
Tard sur le Tage
Ne soyons jamais avares d'une étude de plus. Le cabinet Nielsen s'est livré à un questionnaire concernant 28 pays du monde, pour découvrir les habitudes de sommeil, les horaires coutumiers, des habitants de ces lieux. On connaissait de réputation les us et coutumes hispaniques, prolongeant la soirée bien au delà de la moyenne. Eh bien c'est en fait au Portugal, semble-t-il, que les citoyens ont les usages les plus tardifs, avec 75 % des ressortissants déclarant se coucher après minuit, et encore 28 % au delà d'une heure du matin. Et les lève le plus tôt seraient les Indonésiens, avec 90 % de la population debout avant 7 heures le matin. On en apprend tous les jours, non ? (le QduM 16/03/05)
Dr J.Blais

25 au 28 mars 2005
Le temps de lire
Une fin de semaine prolongée de fête religieuse carillonnée n’est pas forcément un mauvais moment pour lire avec attention. Nous proposons ici une analyse de notre ami le Dr Iulius Rosner sur la réforme de l’assurance maladie. Son esprit critique, sa formation scientifique rigoureuse, passent au peigne fin un certain nombre de dispositions qui, nous dit-on, devraient rétablir l’équilibre économique de l’assurance maladie en France. Ce texte, intitulé, non sans humour, “ Pensées politiquement incorrectes “ mérite une large lecture, dépassant de beaucoup la simple communauté médicale. C’est bien de notre santé à tous qu’il s’agit, osons y regarder de près, même si nous ne sommes que de simples usagers actuels ou futurs. Avec un lundi férié , vous avez encore un peu plus de temps. Et notre LEM 391 , également signée Rosner, paraîtra exceptionnellement mardi matin.
Dr F-M Michaut

29 mars 2005
L’humain tel quel (LEM 391)
La pratique médicale montre la société comme elle est. Pas comme on la voudrait. C’est à dire pas toujours reluisante. Suivons le Dr Iulius Rosner dans sa relation avec une charmante vieille dame. Vraiment très instructif cette “ Histoire sordide”, de la LEM 391 à méditer par tous ceux qui sont persuadés que l’homme est naturellement bon. N’aurions-nous pas tendance à cultiver collectivement ce point de vue directement hérité de Jean-Jacques Rousseau ? Une petite cure de lucidité, c’est toujours bon pour la santé.
Dr F-M Michaut

30 mars 2005
Tu veux ma photo ?
On connaissait déjà le principe des soins à distance en Australie, par exemple, avec liaison radio et vidéo pour porter un diagnostic et débuter un traitement. Les Suisses tentent de faire mieux. Pour évaluer la cicatrisation des ulcères de jambe, ces plaies traînantes et difficiles à cicatriser, survenant particulièrement chez des personnes âgées à la mobilité restreinte, une équipe médicale a eu l'idée de faire photographier par les patients, à l'aide de leur téléphone portable, les ulcères au jour le jour, et de transmettre à distance les photos, comme c'est la mode pour d'autres occasions. Les médecins ont ainsi surveillé l'évolution de la cicatrisation chez 61 patients de manière satisfaisante. On n'arrête pas le progrès. (Journal International de Médecine, 22/03/05)
Dr J.Blais

31 mars 2005
Dormez et ronflez en paix
En ces temps de changement d'heures, le Q.d.M. du 25 mars 2005 nous informe d'une agréable façon de passer de vie à trépas. <<Dans le syndrome d'apnées obstructives du sommeil: les morts subites surviennent souvent la nuit. Chez les patients souffrant d'un syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAS), le risque de mort subite est élevé pendant la nuit, contrairement à la population générale dont le risque augmente pendant les heures matinales. Les anomalies physiopathologiques associées aux épisodes d'apnée rendent compte de ce fait. Dans la population générale, la courbe du risque de mort subite par cause cardiaque atteint un pic pendant les heures matinales, entre minuit et 6 heures du matin. Cette courbe suit le même parcours pour la mort subite chez les insuffisants cardiaques et pour la survenue des infarctus du myocarde. Chez les personnes ayant un SAS, on trouve des anomalies du système nerveux autonome, entraînant des perturbations de la régulation hémodynamique pendant le sommeil. Avec un contraste important quand on compare à la physiologie du sommeil normal. [...] Chez plus de la moitié des personnes ayant un SAS, les morts subites de cause cardiaque se sont produites entre 10 heures du soir et 6 heures du matin. [...] >>
Que rêver de mieux que s'éteindre en dormant?
le Père Igor, un peu somnolent

class1 au 3 avril 2005
Pêche numérique
Depuis des années déjà, nos mordus de la canne à pêche ont pris l’habitude de remettre à l’eau les prises qu’ils viennent de sortir de l’onde. Meilleur pour la santé des piscidés que la poêle à frire, et moins dangereux aussi pour les humains en ce qui concerne l’absorption de polluants divers. A la demande d’associations de défense des animaux, une équipe de recherche universitaire ( Pr Angler et col.) de Glen Cove (USA) vient de mettre au point une nouvelle technique de pêche. Un minuscule capteur relié à une micro fibre optique permet de transmettre la photographie du poisson mordant dans son appât à un téléphone portable. Naturellement celui-ci affiche la taille, le poids estimé du poisson, la date, l’heure et le nom du pêcheur. Les images en format jpeg peuvent alors être publiées à volonté sur Internet. Mauvais temps pour les récits de prises fabuleuses, gestes à la main, de nos amis pêcheurs.
Dr F-M Michaut

4 avril 2005
En ces heures ( LEM 392 )
Quand les médias dégoulinent en boucle continue de pieuses pensées depuis un certain décès ( nous y reviendrons demain ici), une pensée quelque peu décapante sur la question de notre longévité nationale devient de salut public. Embarquons avec la LEM 392 signée Françoise Dencuff , De la longévité, en ligne dès ce jour sur ce site. Bonne lecture, et sachons bien râler à la mode exmédienne.
Dr F-M Michaut

5 avril 2005
Grotesques charognards
Au delà de la honte, la présentation médiatique, vendredi soir 1er avril (sinistre farce) de l'attente un peu plus que pressée, précipitée, de la mort du Pape. Les deux présentatrices des 2 chaînes TV principales donnaient dans une surenchère abominable, entourées d'invités imbus, montrant en boucle des rétrospectives. Visiblement chacune guettant sur écran le moment où la concurrente allait lui arracher l'information choc. Il est mort. Grotesques charognards. Eh bien non, ces vieux souverains s'accrochent. Et les journalistes d'inventer alors n'importe quoi "il est probablement mort depuis plusieurs minutes, cela va être confirmé" ou bien "il semblerait que son électroencéphalo, non pardon cardio, non encéphalo, voire même les deux, soient plats" Un Journal à vomir. Lors du tsunami, si l'insistance était aussi sordide, de nombreuses victimes très mortes avaient existé. Comble de tout, c'était la Sidaction, vous savez appelez le 110, et là des millions de vrais morts étaient disponibles, mais n'augmentant pas l'audimat, alors à oublier. Une question me hante : après avoir regardé son visage sur écran ainsi pendant une très large heure, comment parvient-on, présentatrice à la mode, à se voir dans son miroir, le soir au moment de se démaquiller pour gagner son lit ? "J'ai fait mon boulot, ou j'ai vraiment vendu mon âme au diable ?"
Dr J.Blais

6 avril 2005
Euthanasie ou assassinat ?
C'est sous ce titre que notre ami Iulius Rosner expose son point de vue sur la fin de vie de Terri Schiavo aux Etats-Unis, et c'est dans le Q.d.M. du 4 avril 2005. Il y écrit, en substance, que dans ce cas précis, le choix de la "solution finale" était inhumain. En effet : pour mettre fin aux jours de cette pauvre femme, on l'a laissée mourir de faim et de soif, alors que, bien que tétraplégique, elle avait semble-t-il toute sa conscience. Son agonie aurait duré entre deux et trois semaines. <<Pour éviter l'euthanasie et l'acharnement thérapeutique, on martyrise. C'est un des cas rarissimes où, selon nous, une euthanasie (mort sans souffrance) est acceptable ; on continue l'hydratation, on administre des petites doses de calmants, on s'occupe de l'hygiène de la bouche, on maintient le patient dans un coma vigile, on lui évite ainsi toute souffrance. Laisser mourir dans des conditions atroces, au nom de l'inacceptabilité de principe de l'acharnement thérapeutique et de l'euthanasie, est une hypocrisie épouvantable et un crime impardonnable.>>
Une réflexion remarquable sur ce douloureux problème d'une criante actualité. Un grand merci, cher Iulius Rosner.
Dr.Ph. Deharvengt, alias le Père Igor

7 avril 2005
Fume ou enfume
Il ne s'agit pas seulement du saumon, et de la cuisine. Un sondage réalisé par Droit des Non Fumeurs, révèle que 44 % des restaurateurs ne respectent pas la Loi Evin, et même 26 % d'entre eux sont encore entièrement fumeurs. 22 % des établissements proposent plus de 50 % d'espace fumeurs dans leurs salles, et seuls 11 % des restaurants sont devenus entièrement non fumeurs. Il s'avère, d'après cette étude, que 16 % des restaurateurs ignorent encore que l'espace non fumeur est une obligation. Deux fois sur trois, on ne demande pas à la clientèle sa préférence, et les sanctions prévues par la Loi (450 euros d'amende) ne sont appliquées que dans 1 établissement sur 4. Quant à évaluer l'efficacité de la "séparation" entre les secteurs avec et sans tabac, l'idée demeure uniquement dans l'air, ou s'en va en fumée, sans aucun doute.... (Le QduM 23/03/05)
Dr J.Blais

8 au 10 avril 2005
Récolte logique
En France, les médecins urgentistes des hôpitaux publics portent un brassard noir pour signifier qu’ils sont en grève. Ils sont submergés par la fréquentation, totalement anarchiste, de leurs services par les patients. Dans le même temps, ils accusent les médecins d’exercice privé de ne plus vouloir effectuer de gardes. Pourtant, ce sont les hôpitaux eux-mêmes dirigés par les municipalités qui en ont fait un objet de prestige électoral, qui ont créé de toute pièce ce système. Leurs électeurs-patients pouvaient venir à n’importe quel moment s’y faire soigner de n’importe quel bobo. Pourquoi alors faire l’effort de consulter d’abord son médecin habituel ? Et cela, d’autant plus, que si le-dit médecin demande logiquement que les honoraires qui lui sont dus lui soient versés immédiatement, le passage par les urgences ne nécessite lui aucun paiement immédiat. On peut avoir tout ce qu’on veut, avec toute la sécurité supposée d’un vaste plateau technique, sans avoir un euro en poche, Organiser un tel type de concurrence, parfaitement déloyal, a poussé les praticiens privés à se désinvestir professionnellement de tous les soins urgents. Voici exactement où nous en sommes, et dont personne, soyez-en sûr, ne vous parlera.
Dr F-M Michaut

11 avril 2005
Histoire pas si bête (LEM 393)
Puisse la société protectrice des animaux ne pas en prendre ombrage. Le bon Jean de La Fontaine, lui, aurait apprécié cette histoire bien humaine. Petit mode d’emploi pour nous obliger à faire volontairement ce que nous n’avons aucune envie de faire. Tel est le thème de la LEM 393Les chats et la moutarde” que votre serviteur vous invite à découvrir. Puisse votre semaine en être un peu moins morose comblerait le souhait de l’auteur. Bonne lecture.
Dr F-M Michaut

12 avril 2005
On fait quoi ?
Le professeur Dominique Belpomme, cancérologue, vient de publier chez Fayard un ouvrage au titre quelque peu racoleur de “ Guérir du cancer ou s’en protéger “. Le clinicien, à en croire Mediscoop Santé du 6 avril, est formel. Les trois quarts de nos cancers sont d’origine environnementale. Traduire en français, ce que nous mangeons, ce que nous respirons, ce que nous buvons, ce avec quoi notre peau est en contact ou les différentes radiations qui nous bombardent. Cette déclaration, si elle est fondée sur des arguments solides, est certes impressionnante : nous faisons largement nous-mêmes notre malheur plutôt que nous ne sommes le jouet d’une quelconque fatalité, par exemple d’origine génétique. Mais, au delà, la question fondamentale demeure posée : que fait-on maintenant pour que les choses évoluent dans le bon sens ? Douce plaisanterie à côté - sauf pour les victimes- que l’affaire de l’amiante. Quand l’industrie lance chaque année sur le marché des centaines de nouvelles molécules aux effets toxiques inconnus, quand il s’agit de mettre en question nos chers vieux moteurs thermiques, la taille des obstacles à surmonter pour que les hommes meurent autrement est gigantesque.
Dr F-M Michaut

13 avril 2005
Lourd, dingue
Nos lorgneurs de chiffres et autres scrutateurs de pèse-personnes sont formels. En 2020, un Français sur cinq sera atteint d’obésité ( Michel Cymes, France-Info du 12 avril ). Inutile d’insister sur les risques en matière de santé, tant au niveau cardio-vasculaire que squelettique ou métabolique, nos médecins insistent toujours sur cet aspect des choses. Un autre danger menacerait les humains en surpoids. A notre époque où tout est chiffré, codifié, qualibré, nos soeurs et frères ont à subir un handicap supplémentaire. Celui du regard des agents de recrutement de nouveaux salariés. La réponse, à sinistre double sens : “ Vous n’avez pas le profil “ tombe déjà comme un couperet. Les employeurs ne veulent pas des gros. Nouveau racisme sans état d’âme, et ne tombant pas sous le coup de la loi, qui nuit gravement à une fraction importante de la population. Vite, amis médecins, balayons devant notre porte, nos propos normatifs sont en train de se retourner contre nos patients. Un “gros”, interdit de travail, se portera-t-il mieux qu’un sujet bien enrobé qui s’éclate dans son activité professionnelle ? Notre société doit dire son mot là dessus, et réhabiliter les hommes de poids à la hauteur de leur mérite.
Dr F-M Michaut

14 avril 2005
Cuisine interne
Alors que le monde de la chrétienté retient son souffle en attente de la fameuse fumée blanche sur les toits du Vatican annonçant "Urbi et Orbi" qu'un nouveau Pape a été élu, le Q.d.M. du 13 avril nous dévoile les dessous et les coulisses des préparatifs du Conclave. Pas très jolies, les insinuations douteuses répandues sur l'état de santé des candidats. <<... Selon les bruits qui circulent en cette semaine de conciliabules avant l'ouverture du Conclave, deux cardinaux souffriraient de diabète et un autre, contraint de porter un corset, se déplacerait avec difficulté. Le journaliste rappelle qu'en 1958 la rumeur avait ainsi désigné Angelo Giuseppe Roncalli, le futur Jean XXIII, comme diabétique et affirmé qu'il était obligé de boire plusieurs verres d'eau durant la messe.>> (NDLA: Heureusement, ce n'était que de l'eau, pas du vin de messe!) <<L'intéressé en avait eu vent et se servit copieusement et publiquement de gâteaux à la première occasion, démentant ainsi la perfide rumeur>>. Calomniez, il en restera toujours quelque chose.
Dr Ph. Deharvengt, le Père Igor

15 au 17 avril 2005
Neurones en fleurs
Le printemps arrive et les frimas avaient quelque peu gelé nos pensées. Êtes-vous prêts (tes) à vous faire secouer les neurones ? Si oui, un livre va donner un drôle de coup de pied dans la fourmilière du politiquement correct.
Marché de dupes de Jean-Paul Sauzet (chez L’Harmattan) analyse avec finesse la torpeur engendrée par la soumission aux diktats du néolibéralisme. Perte des valeurs essentielles, renforcements des pouvoirs policiers, oubli de l’autre, « la logique du marché tend aujourd’hui à se délester de tout cadre régulateur (éthique, politique, juridique, traditionnel). Elle génère une société marquée par la profusion, la confusion et la séduction. » Un regard sans concession sur les transformations de notre société et des pistes de réflexion pour ouvrir à nos enfants un autre monde, un monde où l’autre reprend sa place. L’autre collectif, individuel, social, éthique. Bref un petit livre à mettre dans toutes les mains, du moins celles qui voudront bien éteindre quelques instants l’écran hallucinogène.
Dr F. Dencuff

18 avril 2005
Notion bien oubliée (LEM 394)
En ces temps où tout, dans nos pays d’opulence, semble se faire automatiquement, quasiment “ à l’ancienneté” tant nos rouages sociaux semblent bien huilés par leur routine, Jacques Blais attire notre attention sur le concept de mérite. Lié au talent personnel, aux efforts de chacun, à la reconnaissance de ces valeurs peu encouragées par notre monde dominé par le souci de ce qui est collectif, il est pourtant indispensable. Et peut-être est-il vital pour nous de savoir à nouveau cultiver les mérites partout là où ils sont. “ L’ordre du mérite”, notre LEM 394, attend votre lecture. Vous n’en sortirez pas indifférent.
Dr F-M Michaut

19 avril 2005
Le (saint) siège percé
...] <<Un supposé fait divers, une légende sans doute, va éclabousser la chrétienté. Une femme née à Mayence, et qui s'est travestie en homme pour suivre son amant, se retrouve à Rome où elle est reçue par la curie. Elle y fait si bonne figure qu'à la mort de Léon IV, en juillet 855, elle est élue pape! Et puis un jour, au cours d'une procession, la foule voit le pape grimacer de douleurs et bientôt accoucher publiquement! Suffit-il que Pétrarque et Boccace aient raconté l'histoire pour qu'elle soit vraie? Elle figure aussi dans des chroniques de dominicains du XIIIème siècle. La papesse Jeanne aurait régné deux ans. C'est après elle que serait né l'étrange rite de la vérification de la virilité du nouvel élu. En effet, un diacre était supposé constater manuellement, au travers d'une chaise percée, l'existence de ses attributs masculins. Ensuite, le même diacre prononçait la phrase rituelle: <<Habet duos testiculos et bene pendantes.>> [...] Source: MatchDocument du 14 avril 2005 . Comme quoi, pour être Pape, mieux vaut en avoir deux et ne pas souffrir d'ectopie testiculaire.
Dr Ph. Deharvengt, le Père Igor, toujours incorrigible iconoclaste

20 avril 2005
L’impossibilité de s’arrêter
« Le tabac nuit à la santé », « Le tabac tue », « Fumer tue » ... Ces avertissements qui figurent sur les paquets de tabac n’indiquent en rien la source du problème. Ils détournent l’attention vers l’effet, mais n’indiquent pas la cause. L’adolescent qui lit que le tabac nuit à la santé ou même tue, peut se dire que le jour où il commencera à être malade ou à se sentir mal il arrêtera instantanément de fumer. Alors que si les paquets annonçaient « Le tabac est une drogue dure », ou « Fumer rend gravement dépendant », un jeune réfléchirait à deux fois avant de commencer. Expliquez-lui le processus qui va le rendre très vite accro, et il n’y touchera pas. C’est précisément ce que les cigarettiers tiennent a tout pris à éviter : que cette information à propos de l’accoutumance arrive aux oreilles des ados. Donc la technique consiste à noyer le poisson (le poison) avec des phrases prétendues les aider. Quelle ironie ! Car ce n’est pas le fait de fumer qui tue, mais c’est l’impossibilité de s’arrêter. Si les adultes fumeurs fortement dépendants avaient été informés dès le départ de la dureté de cette accoutumance, auraient-ils commencé ?
O. Taltavull

21 avril 2005
Ah les cloches
Dans la nuit suivant l'élection du Pape, les cloches d'un petit village près de celui où est né Benoit XVI en Bavière se sont mises à 2 heures du matin à carillonner sans vouloir s'arrêter. La police a finalement dû intervenir, la population souffrant gravement d'insomnie. (source ORF)
Miracle ou défaillance technique, pour l'instant, Dieu seul le sait.
C. Bruzek

22-24 avril 2005
Faut rigoler
L'ami Henri Salvador nous l'a bien dit et chanté: <<Faut rigoler, faut rigoler, avant qu'le ciel nous tombe sur la tête>>. C'est en tout cas la teneur de ce qu'on peut lire dans le Q.d.M. du 20/04/05:
<<Des auteurs londoniens démontrent qu'un état d'esprit positif (aussi décrit comme une aptitude à être heureux) est en relation inverse avec le taux de cortisol plasmatique, l'élévation du fibrinogène induite par le stress et la fréquence cardiaque, ce qui influe directement sur des variables biologiques contribuant à une bonne santé.>> Et ce n'est pas de l'humour anglais!
Que notre ami Jacques Blais retrouve bien vite ses capacités à profiter joyeusement de la vie et à nous ravir de ses écrits talentueux. Reviens-nous vite, cher Jacques.
Dr.Ph. Deharvengt

25 avril 2005
Question de qualité (LEM 395)
Quand on se mêle de vouloir mesurer la qualité des soins médicaux sans aller plus loin que la surface des choses, le risque est grand de passer à côté de la plaque. C’est ce que démontre le Dr Françoise Dencuff dans la LEM 395 “ Infections” en ligne ce jour. Un franc parler stimulant pour qui ne se satisfait pas de toute la quincaillerie des concepts à la mode du jour. Oserons-nous le dire ? Un vrai travail de professionnelle et non de militante... d’expression médicale. Bonne lecture, toutes vos remarques nous intéressent au plus haut point.
Dr F-M Michaut

26 avril 2005
Exmed est en deuil
Le docteur Jacques Blais qui fut le premier compagnon de ce site de santé pas comme les autres dès sa conception en 1997 nous a quitté samedi 23 avril. Il était généraliste, enseignant, formateur, journaliste, écrivain, poète, homme de théâtre et voyageur hors des sentiers battus. Son seul parti-pris : résister avec intelligence pour que vive avec vigueur cette médecine de l’homme dont nous avons tant besoin. Quand le vent dominant encense uniquement l’orgueilleuse techno-science ou le dieu argent, exprimer ce message est un acte de résistance authentique. Merci Jacques, tu demeures un grand résistant avec tous tes textes en ligne sur ce site au service de la communauté sans frontières des internautes. Tes textes resteront bien vivants, même si tu as été contraint par la maladie d’abandonner ton corps.
Dr F-M Michaut

27 avril 2005
Temps, écoute et remèdes
Une enquête menée en Autriche pour une compagnie d'assurance montre que 92% des patients interrogés (500 de plus de 18 ans) souhaitent que leur médecin traitant leur accorde plus de temps de consultation, 76% sont satisfaits (en moyenne 13 min). 94% souhaitent que leur médecin soit compétent, 84% sont satisfaits. 92% attendent de leur médecin qu'il les écoute, 84% en sont convaincus. 91% veulent être informés exactement de leur état, pour 81% c'est, pensent-ils, le cas. 71% souhaitent recevoir des conseils préventifs de la part de leur médecin, 70% estiment que c'est le cas, 67% souhaitent se voir prescrire certains médicaments et pas d'autres, 65% sont exaucés. 52% veulent que leur soient aussi proposées d'autres méthodes thérapeutiques divergentes de celles de la médecine traditionnelle, 38% sont satisfaits. ( statistiques 15 avril 2005: du Linzer Meinungsforschungsinstitut pour Merkur Versicherung AG)
C. Bruzek

28 avril 2005
Tu fumais, grand-mère?
C'était dans le Q.d.M. du 13 avril: <<Asthme de l'enfant: un risque si la grand-mère a fumé en attendant d'être mère... Au terme d'une enquête menée auprès des parents de 908 enfants, des chercheurs de l'université de Sud-Californie sont parvenus à la conclusion que, lorsqu'une femme fume pendant sa grossesse, non seulement son enfant mais aussi ceux auxquels ce dernier donnera naissance, s'il s'agit d'une fille, sont davantage exposés à développer une maladie asthmatique. [...] Si la mère et la grand-mère avaient fumé alors qu'elles étaient enceintes, le risque était multiplié par 2,6. [...] Lorsqu'une femme enceinte fume, les substances chimiques contenues dans le tabac induisent des altérations de l'ADN du foetus, ce qui provoquerait deux types de trouble. En premier lieu, si le foetus est de sexe féminin, ses ovocytes peuvent subir des altérations, qui retentiront plus tard sur le devenir de sa propre progéniture. Deuxièmement, lesdites substances chimiques peuvent causer aux mitochondries du foetus des dommages qui, s'il s'agit d'une fille, seront transmis aux futurs enfants. Dans les deux cas, le fait, pour une femme, de fumer pendant sa grossesse expose aussi bien ses enfants que ses petits-enfants à un risque accru de développer un asthme, cela en déprimant leur fonction immunitaire [...] >>
Alors, Mesdames, vous avez jeté à la poubelle votre dernier paquet de "clopes"?
Dr Ph. Deharvengt,le Père Igor

29 avril au 1er mai 2005
Bon point, mauvais point
Le décret sur l'évaluation des pratiques professionnelles (EPP) est paru le 15 avril au « Journal Officiel ». Il précise les modalités de la nouvelle obligation quinquennale à laquelle devront se soumettre tous les médecins avant juillet 2010. Il rappelle en préambule que « l'EPP vise à promouvoir la qualité, la sécurité, l'efficacité et l'efficience des soins et de la prévention [...] dans le respect des règles déontologiques » et qu'elle fait « partie intégrante de la formation médicale continue ».QdM 22/04/2005
Et voilà une couche de plus…Pour pouvoir continuer à exercer il faudra un satisfecit. En soi cette évaluation des pratiques professionnelles est normale…pour tous ! A quand l’évaluation des pratiques de nos politiques ? Les optimistes pourront toujours penser qu’un tien vaut mieux que deux tu l’auras mais décidément il ne fait pas bon être médecin par les temps qui courent.
Dr F.Dencuff

2 mai 2005
Jacques Blais tel quel ( LEM 396)
Rien de plus agaçant que la canonisation médiatique immédiate de tout mort célèbre. Rien de plus injuste que l’amnésie de ses compagnons de route sur ce qu’a pu faire un homme de qualité, quelqu’un qui a su exister, et pas seulement vivre. Pour reprendre une notion qui lui était chère. Voilà le thème de cette LEM 396 exceptionnelle sous le titre : “ Donner, donner, donner”. Une tentative de témoignage d’une partie d’histoire de la médecine vécue par l’auteur. Bonne lecture.
Dr F-M Michaut

3 mai 2005
C'est dans l'air
Difficile, après l'accession au trône de Saint-Pierre de Benoît XVI, de parler d'autre chose que du premier vol de l'A380. Et la presse médicale ne s'en prive pas. Airbus, nouvelle colombe de la paix? Le rapprochement est incontournable. C'est ainsi que le Q.d.M. du 28/04/2005 nous vante en ces termes les qualités sanitaires sécuritaires de ce bel et gigantesque ziozio européen: <<L'A380 d'Airbus, le plus gros avion de ligne du monde, devrait embarquer entre 550 et 800 passagers avec une sécurité médicale inégalée. Selon les compagnies, un <<medical corner>> devrait l'équiper, doté de moyens numériques de télétransmission air-sol plus performants pour bénéficier au mieux de la régulation des SAMU.>>
La télétransmission air-sol, c'est bien. C'est aussi bien que la télétransmission des feuilles de soins médecins-sécu, quand ça veut bien marcher. Tout comme la télétransmission des déclarations fiscales... Mais dans la configuration "transport de masse" pour la version "low coast" à 800 places, qu'en sera-t-il de l'espace pour les jambes, donc du syndrome improprement appelé "syndrome de la classe économique"? Voire...
Dr Ph.D.le Père Igor, sceptique de vocat