| 1 avril 2008
Se soigner enrichit la France
En lisant ce titre, vous ne pouvez qu' évoquer un canular
en forme de poisson d' Avril tant l' affirmation parait incroyable
si l' on en croit les discours médiatiques. Vous vous rendez
compte, depuis qu' on nous martèle sur tous les tons que
nous, médecins comme patients, dépensons finalement
beaucoup trop d' argent pour notre santé, creusant le si
fameux trou de la sécurité sociale. Et que la seule
solution pour éviter la catastrophe, c' est de dépenser
moins. Il est alors bien difficile de concevoir notre système
de santé autrement que comme une machine à dépenser
beaucoup, beaucoup et de plus en plus d' argent. Cependant si on
se donne la peine de lire le très sérieux et très
officiel rapport de la commission pour la libération de la
croissance française, sous la présidence de Jacques
Attali, on se pose des questions. Oui, le domaine de la santé
peut être un secteur très important de création
de richesse pour la France. Page 70 de "300 décisions
pour changer la France", le sous titre est sans ambiguïté
: La santé, une chance pour la croissance. Vous souvenez-vous
que nous avons jadis ouvert sur ce site un espace consacré
à l' économie et à ses rapports possibles avec
la médecine ? Sans beaucoup de succès, en vérité,
mais voici que la roue tourne, enfin. Exmed est donc très
motivé pour suivre de près cette démarche qui
présente une énorme ouverture potentielle de nouveaux
horizons. Nous y consacrerons nos deux prochaines LEM. Ce qui prouve
bien à ceux qui douteraient encore du sérieux de ce
Coup d' Oeil qu' ils font fausse route. Nous sommes désolés,
et ravis, de déroger ainsi avec la coutume sympathique du
premier jour du beau mois d' avril.
Dr F-M Michaut
2 avril 2008
Journée mondiale de l'autisme
Aujourd' hui, a lieu la première journée mondiale
de sensibilisation mondiale à l' autisme, et le gouvernement
dévoile son programme 2008-2010. Pour le diagnostic et l'
accès à une prise en charge éducative efficace,
la France serait en retard sur les pays anglo-saxons. Retard dû
au fait que la prise en charge psychothérapeutique privilégie
les théories psychanalytiques abandonnées outre-Atlantique
depuis les années 1980. Force est de constater qu' elles
n' ont jamais remporté un franc succès là-bas.
L' approche psychanalytique s' est d' abord focalisée sur
l' origine psychique, évoquant une supposée froideur
maternelle altérant le lien affectif avec son bébé.
Par la suite, le courant psychanalytique a intégré
la dimension neurophysiologique et la génétique.
La vision anglo-saxonne fait des émules dans l' hexagone.
Depuis 2005, s' est crée à Villeneuve d' Ascq (Nord)
une structure expérimentale qui applique à 100 % en
France la méthode ABA (Analyse appliquée du comportement).
Innovante en France, elle est porteuse d' espoirs pour de nombreux
parents, et est largement pratiquée aux États-Unis,
en Norvège, en Espagne ou au Royaume Uni. La méthode
ABA a été créée par Ivan Lovaas dans
les années 60. Elle diffère de l' approche psychiatrique
et traite l' autisme comme un trouble de la perception. Elle consiste
en une analyse du comportement associée à une intervention
intensive visant à obtenir une meilleure socialisation de
l' autiste, encourageant les attitudes jugées adaptées
partout, diminuer les conduites évaluées inadaptées
par des stimulations très brèves qui s' enchaînent,
des activités physiques, visuelles, physiques, sensorielles.
Pour que la méthode ABA soit efficace, il faut qu' elle soit
pratiquée intensivement à raison de 30 à 40
heures par semaine. Elle est pratiquée par une équipe
éducative formée des professionnels et incluant les
parents intervenant en même temps. Ainsi dans le centre du
Nord, un enfant peut suivre l' entraînement ABA quatre jours
par semaine, de 8h30 à 16 h, et le soir les parents prennent
le relais des éducateurs.
Le Dr Vinca Rivière et le Pr Jean-Claude Darcheville (Lille
III) ont créé en 2000 un «master pro»
destiné à former des psychologues qualifiés
ABA, et une association. Parents, psychologues, éducateurs
assurent bénévolement la prise en charge des enfants
autistes car c' est une méthode onéreuse, et qui n'
est pas prise en charge par la sécurité sociale.
La méthode ABA n' est pas la seule méthode de prise
en charge comportementale de l' autiste. Les plus répandues
outre-Atlantique sont la méthode PECS validée dès
l' âge de 18 mois, la Futureschool qui consiste à ouvrir
les enfants au monde ordinaire, le programme TEACCH qui part de
l' idée que l' autisme est un déficit neurologique,
adapté au cas par cas. Si les parents sont intégrés
au suivi de leur enfant, ils n' en sont pas pour autant des éducateurs
comme dans le programme ABA. D' autres approches existent comme
la rencontre avec des animaux (hippothérapie, et les dauphins
en Floride). Sans compter une myriade de pseudo méthodes
plus ou moins discutables comme la Communication Facilitée,
qui en France a été épinglée dans les
rapports 2005 et 2006 de la MIVILUDES.
Les détracteurs de la méthode ABA disent qu' elle
s' appuie sur les travaux de Pavlov et de Skinner sur le conditionnement.
En fait, elle tirerait ses sources de la psychologie expérimentale
de l' apprentissage. Il existe plus de 500 publications sur la méthode
ABA. Des études indépendantes (Smith 1996, Olley et
Guttentag, 1999) concluent que la plupart des principales méthodes
sont inefficaces, et des rapports comme celui de New York (1999)
concluent que la méthode ABA est celle qui a le plus d' études
biaisées.
Regard sceptique également pour le Dr Rapin, «Le choix
d' une approche particulière intensive et éducative
n' est pas une décision médicale, et tous les traitements
actuels se valent.»
Nicole Bétrencourt
.......................................................................................................................
Sources:-Journal du dimanche du 30 mars 2008
-Isabelle Rapin, MD discussant,
8-year -old boy with Autism, Jama.2001;285: 1749-1759
Interventions for Autism,Jama, vol.286 No 6, August 8, 2001
- Science and pseudoscience in clinical psychology, edited by Scott
Lilienfeld and Co, chapter 13, p 363 to 395.
Sur la Communication Facilitée:
http://www.prevensectes.com/rev0707.htm#10
- Notes: L' autisme a été défini en 1943 par
le psychiatre Léo Kanner, reprenant le terme d' autisme créé
en 1911 par Eugène Bleuler. Les critères descriptifs
de diagnostic sont définis dans le DSM IV de l' American
Psychiatric Association (diagnostic criteria for 299.O), et le CIM
10.
La France est en retard selon L' AVIS N°102 du CCNE ( comité
national d'éthique) .
L' étiologie de ce trouble psychique est complexe, mais l'
utilisation des classifications internationales permet aux parents
et aux éducateurs de se comprendre pour la prise en charge
de l' autiste qui doivent insister sur les dysfonctionnements relatifs
aux communications et aux interactions sociales dans l' autisme.
Ces anomalies sont difficilement détectables chez le jeune
enfant. Les signes précoces peuvent être dépistés
dès l' âge de 18 mois mais ce n' est que vers l' âge
de trois ans qu' un diagnostic fiable d' autisme peut s' effectuer.
Ndlr in English: I.Rapin: « The choice and intensity of educational
approaches is an educational, not medical decision».
3 avril 2008
Les auto-évaluations du patient
Se libérer du pouvoir du corps médical est une recherche
permanente des patients (plus de liberté) mais également
des autorités sanitaires (plus faible coût). Cette
recherche d' autonomie concerne les petites maladies mais aussi
les maladies chroniques les plus fréquentes (HTA, Asthme,
Diabète ..) avec un fort soutien des laboratoires pharmaceutiques.
Des écoles ( Asthme Diabète) sont là pour former
les patients à l' observance des traitements et à
l' autoévaluation. Des infirmières sont formées
spécifiquement pour réaliser cette éducation.
Tout cela part d' une intention louable si les résultats
à moyen terme sont fiables, et si le patient améliore
ses comportements. Malheureusement la pratique régulière
d' une mesure apparemment simple (Tension ou Souffle) est en réalité
difficile, la fiabilité du résultat est donc faible
ou nulle.
Cette "politique" s' accompagne de la mise sur le marché
de matériel de mesure de plus en plus simple, portable, numérisé
(Internet). Cette vulgarisation des soins et le transfert d' une
partie de la prise en charge médicale aux patients et aux
paramédicaux nécessite que les médecins soient
vigilants et critiques sur la validité des informations rapportées.
Il faut aussi qu' ils se posent la question du pourquoi de cette
dérive ? Et au bénéfice de qui ?
Pour l' article cité en référence ce n' est
pas le patient.
D' après Logan AG et coll.: Attitudes of primary care physicians
and their patients about home blood pressure monitoring in Ontario.
Journal of Hypertension 2008 ; 26 : 446-52.
Dr B.Blaive
4 au 6 avril 2008
Le dessin de Cécile Bour:Quarantaine
7 avril 2008
L' inverse de ce qu' on nous a dit LEM
543
eDepuis des années,
nous ne cessons d' entendre dire que le secteur de la santé
ne peut être pour la collectivité qu' une source de
dépenses, de plus en plus lourdes, qu' il faut absolument
maîtriser au mieux. Alors voir apparaître le même
monde de la santé comme une des sources majeures pouvant
permettre à la France ( donc aux Français) de créer
de la richesse, mérite qu' on prenne quelques instants pour
essayer de comprendre cette surprenante volte-face de certaines
de nos élites pensantes. Bien entendu, cela ne doit pas nous
dispenser d' exercer aussi largement que possible notre esprit critique,
mais on ne peut plus faire comme si cette idée n' avait pas
été formulée et transmise aux plus hautes instances
de la France. Suivons Bruno Blaive dans son investigation personnelle
de la LEM 543 au titre paradoxal dans le catastrophisme ambiant
: La santé, une chance pour la croissance. Bonne lecture,
et osez réagir vous aussi, amis lecteurs.
Dr F-M Michaut
8 avril 2008
Syndicalement vôtre!
Désigner le mal c' est déjà le dénoncer.
C' est pourquoi l' indignation n' est pas de mise. L' indignation
est une posture morale, souvent commode, réservée
au spectateur. [… ] Celui qui s' est couché devant
le pouvoir totalitaire n' est plus capable d' un tel jugement. Ayant
renoncé à sa liberté de penser et d' agir en
conscience, le monde ne lui parait plus que selon le prisme déformant
du discours dominant, de l' idéologie officielle, qu' il
en soit conscient ou non. Les Complaisantes,
Jonathan Littell et l' écriture du mal (p.8-10), Édouard
Husson - Michel Terestchenko, François-Xavier De Guibert
éditions
Curieuse entrée en matière ?
Pourtant la condamnation des syndicats médicaux pour entente
illicite par le conseil de la concurrence montre à quel point
notre société se réfugie lâchement dans
l' indignation. Quel est donc le discours dominant sur le corps
médical ? Un discours partagé entre suspicion
et soumission. Partant de là, comment ne pas être indigné
par tous ces médecins qui osent sacrifier le pouvoir d' achat
de leurs patients sur l' autel de l' avidité.
Il faut bien admettre que nombre de médecins, par leur incapacité
à agir ensemble pour le bien des patients, se retrouvent
de fait désignés à la vindicte publique.
Plus inquiétant, la manipulation des « hautes
autorités », y compris judiciaires. Sous le couvert
d' une protection des patients se cache un lent travail de sape
de notre système de protection sociale. C. Bronner, président
du syndicat Espace généraliste (EG), fait une analyse
pertinente de la situation. Dans notre système, ce sont les
médecins du secteur 1, dit conventionné, qui coûtent
le plus cher puisque leurs actes sont totalement remboursés
et leurs charges en partie réglées par l' État
( en fait par l' assurance maladie obligatoire NDLR). Dans la situation
de déficit public actuelle, quoi de plus naturel que de vouloir
supprimer ce secteur ? Mais le dire clairement révolterait
nos concitoyens qui n' auraient plus alors que le bon vouloir de
leurs mutuelles pour parvenir à être remboursés
de leurs frais médicaux. Plus facile de s' indigner, comme
l' a fait l' association Familles Rurales, devant les dépassements
« orchestrés » par les syndicats médicaux.
Et bien sûr relayée par l' ensemble des médias
avec un chiffre qui ne peut que nous révolter : «
Le préjudice pour les patients est évalué à
180 millions »,…, la réaction de Familles rurales,
qui note que « l' amende, dissuasive, est très en deçà
du préjudice subi par les patients ».
A-t-on déjà vu un médecin exiger le payement
d' une consultation en pointant une arme sur la tempe de son patient ?
Comment peut-on alors victimiser ainsi des malades qui exigent le
statut d' usagers ?
Lorsque les différents syndicats, présents dans toutes
les entreprises, se mettent en grève, ne s' agit-il pas d'
entente illicite au regard des préjudices subis par leurs
clients ou fournisseurs ? Les usagers de la SNCF portent-ils
plainte contre les syndicats pour préjudice lorsqu' ils ratent
des rendez-vous, perdent des contrats … lors des innombrables
grèves de cette entreprise monopolistique ?
Pas de chance, les toubibs ne peuvent pas arrêter le travail…alors
ils « s' entendent » pour obtenir de justes
rémunérations avec des moyens parfaitement légaux
puisqu' inscrits dans la nomenclature.
Entente illicite dites-vous ? Comment qualifier alors la posture
clairement affichée des nombreux ministres de la santé
de vouloir mettre le coût de la santé en lieu et place
des patients ? Mise en coupe réglée des cliniques
avec l' objectif d' exercer un odieux chantage sur l' hôpital
public : si vous ne diminuez pas vos coûts vous subirez
le même sort que les vilains privés. Volonté
de diviser pour mieux régner. Le vrai danger de toutes ces
manipulations, c' est la qualité des soins. Au lieu du « travailler
plus pour gagner plus » nous avons « soignez
plus pour beaucoup moins ».
Autre sujet d' incompréhension, la transparence du Conseil
de l' Ordre tant au sujet de l' affaire en cours que de la défense
de la qualité des soins.
Enfin, le plus choquant dans cette mise en coupe réglée
des soins reste pourtant le silence assourdissant des premiers intéressés :
les patients. Indignés par l' attitude de nos syndicats mais
incapables d' avoir une vision à long terme des dégâts
entraînés par de telles politiques. Vous voulez être
usagers d' un système ? Alors sachez que vous aussi serez
rendus responsables par vos enfants de votre soumission à
l' idéologie officielle.
Dr F.Dencuff
9 avril 2008
Encore des chiffres
Quelques titres relevés ces derniers jours :
-La région Rhône-Alpes encore grippée: 206 cas
pour 100000 h, alors que le seuil épidémique est de
141/100000 !
- 2 décès mystérieux par infection respiratoire
en Loire-atlantique dans un établissement public médico-social
recrutant des handicapés mentaux... On vient d'apprendre
qu'un pneumocoque serait en cause ! Serait-ce la 1ere fois dans
l'histoire humaine qu'un méchant microbe manifesterait sa
virulence, et là encore sur des sujets quelque peu débilités
?
-La maladie d´Alzheimer est pour 54 % des Français
(contre 41 % en 2001) la maladie qu´ils redoutent le plus,
derrière le cancer, cité par 72 % d´entre eux.
C'est ce qu'indique un sondage réalisé pour le magazine
le Pèlerin, par TNS-Sofres, publié dans l´édition
du 6 mars. Il révèle par ailleurs que l´inquiétude
augmente avec l´âge des personnes interrogées
et que les femmes (60%) sont plus anxieuses que les hommes (47%).
En troisième position des maladies les plus redoutées
arrivent les maladies cardio-vasculaires (citées par 39 %
des personnes interrogées). Les Français évoquent
ensuite l´accident cérébral à 36 % et
le sida à 27 % (contre 35% en 2001). Si c'est le Pèlerin
qui le dit, on peut humer, même enrhumé, certaine odeur
de sainteté…
-150 000 cartes de soins et d'urgence pour la lutte anti-Alzheimer
- Perdre tant de kg sans suivre de régime strict...
- 4 DSM ne suffisaient pas aux Américains? en route pour
le 5e...
- Beaucoup d'enfants pour vivre vieux ! Un ancien patient, chantre
à la cathédrale de Verdun, vieux garçon vivant
encore avec sa maman, est mort à un âge canonique...
longtemps après sa maman!
Il faut de l'outrance aujourd'hui: on se doit de tout comptabiliser,
il faut inonder un vain peuple de chiffres, de pourcentages: ceux
du chômage qui baisse ou augmente, du déficit de la
SS (qui ne peut que grimper,lui), du déficit du pays, du
P.I.B, du nombre toujours croissant des victimes d'Aloïs Alzheimer,
des parkinsoniens, chiffre des valeurs normales des constantes biologiques
à ne pas dépasser (sans tenir compte de l'âge,
du poids, de la taille, des antécédents familiaux...),
chiffres et noms des bienheureux plus riches français ( hélas,
je n'en suis pas)...
Il faut OCCUPER les esprits engourdis, les faire s'exclamer ou s'esbaudir,
savoir inquiéter, drainer leur intérêt vers
des problèmes triviaux, il faut trouver anormale la mort
par infections de vieilles personnes, on en arrivera même
à ne plus tolérer l'inévitable terminus qui
nous est programmer parce que nécessaire, il faut remplir
les gazettes de nouvelles à sensation, répéter
à l'envi que tel homme politique baisse dans les sondages,
que son subordonné grimpe au contraire, quel drame, la valse
des pourcentages de ceci ou cela, que l'on n'a aucune possibilité
de vérifier à l'échelon local ou national,
continue de nous faire tourner en bourrique, et tout est fait pour
nous mener en bateau avec le risque de noyade intellectuelle: enthousiasmes
excessifs, craintes exagérées, perte ou disparition
de tout esprit critique.
Dr G. Nahmani
10 avril 2008
Pour une autre façon de travailler
Selon les Échos et la Tribune du 9 avril, voici la conclusion
des états généraux de l'organisation de la
santé formulée par Roseline Bachelot ( ministre de
la santé). Devant la raréfaction inévitable
du nombre des généralistes, il devient, dit le rapport
de synthèse, impératif de mettre en place " une
nouvelle répartition des tâches vers les professionnels
de la santé existants ou vers de nouveaux métiers".
Penser que de tels types de travail en équipe puissent se
mettre en place va totalement dans le sens des réflexions
que nous menons à Exmed depuis longtemps.
Mais, pour cela, encore faut-il pouvoir parler le même langage,
et nos sages de préconiser une étape indispensable
: « Ce qui passe notamment par des «modifications profondes»
des formations et un assouplissement du cadre juridique via une
«actualisation plus simple et plus fréquente»
de la liste des actes autorisés ».
Peut-on se contenter de cette noble déclaration d'intention
? Instruits par de multiples expériences de déceptions
à la suite d' engagements publics, il n' est pas question
de se suffire de ce texte.
Ce sont des outils de formation profondément repensés
pour toutes les professions de la santé, actuelles et à
venir, dont nous avons besoin.
Si vous voulez bien avoir la patience d' attendre jusqu' à
la prochaine LEM 544, nous ferons une proposition très précise
dans ce sens. Le réseau des réseaux assurant son rôle
de messager sans frontières et sans filtre, ce sera ensuite
aux décideurs d' en faire, ou non - c' est leur responsabilité
- quelque chose.
Dr F-M Michaut
11 au 13 avril 2008
Le dessin de Cécile Bour:
dans la série des chirurgiens : le creuseur
14 avril 2008
Construire ... LEM
544
De grâce, ne nous laissons pas assourdir par les échos
bavards de ceux qui semblent découvrir le mauvais état
de santé de notre système de soin, et le coma quasi
terminal de notre médecine générale en France.
C' est d' un grand projet dont nous avons besoin, pas de mesures
ponctuelles. Ambition démesurée ? C' est certainement
l' objection qui sera faite à notre LEM
544 : Des universités des métiers de la santé
? Mais, toute disproportion gardée, souvenons-nous
d' un certain jour de décembre 1941. L' amiral Yamamoto vient
détruire par surprise une grande partie de la flotte américaine
à Pearl Harbor. Les États-Unis disposent alors d'
une armée ridicule, à peu près l' équivalent
de celle de ... la Roumanie. Cela n' empêche pas que le jour
même, sans avoir pris le pouls de l' opinion publique, ils
déclarent la guerre au Japon et à l' Allemagne nazie.
Et le 6 juin 1944, c' est l' armée la plus puissante et la
mieux armée du monde qui débarque en Normandie pour
libérer l' Europe. Soigner au mieux les hommes est-il un
objectif moins noble qu' écraser ses ennemis du moment sous
les bombes ?
Dr F-M Michaut
15 avril 2008
Quand ils continuent à parler boutique
Pendant que Roselyne Bachelot, ministre de la santé, continue
à tenter de nous faire croire qu' elle ( ou son successeur)
peut redresser la balance entre les recettes et les dépenses
de l' assurance maladie en France dans deux ou trois ans ( émission
Le grand jury R.T.L. du 13 avril), d' autres estiment que le problème
essentiel de la santé est ailleurs. Tant que ne sera pas
pris à bras le corps le sujet prioritaire d' une meilleure
formation de tous les professionnels de la santé, les hémorragies
de dépenses parfaitement évitables continueront tranquillement.
Bien entendu, on n' est pas dans du court terme, mais sans ce préalable
qui nécessite courage, imagination et ténacité,
on ne fait que pérenniser jusqu' à l' absurde le gaspillage
de toutes nos ressources tant matérielles qu' humaines.
La plupart de nos experts ne vient qu' à cours terme. Nous
nous payons de culot à Exmed de regarder plus loin, par exemple
dans la
LEM 544 de la semaine.
Dr F-M Michaut
16 avril 2008
Un enseignant pour 92 futurs généralistes
Ne nous laissons pas endormir par le slogan qui nous laisse entendre
que nous aurions l'un des meilleurs systèmes de santé
du monde. Il faut absolument que le public le sache, l'enseignement
de la médecine générale en France est dans
un état catastrophique. Le savez-vous, il n' existe pas un
seul poste de généraliste titulaire universitaire
à plein temps dans toutes nos facultés ? Seuls existent
des postes dits d' enseignants associés, c' est à
dire à mi-temps. Le syndicat national des enseignants en
médecine générale sonne le tocsin. Vendredi
dernier le très sérieux Conseil National des Universités
a créé 8 postes d' enseignants associés à
mi temps, alors qu' il en faudrait 50 par an pendant 3 ans.
La situation est simple à comprendre. Il existe 6000 internes
en Diplôme d' Etudes Spécialisées de médecine
générale. Pour assurer leur formation, la faculté
dispose en tout et pour tout de 130 enseignants associés.
On parvient ainsi à un ratio hallucinant d' un enseignant
à plein temps pour 92 futurs généralistes.
Source : contribution du Dr Jean-Pierre Allain sur notre liste Exmed-1.
On se pince pour savoir si on ne dort pas quand on entend des enseignants
du primaire ou du secondaire se plaindre amèrement aux médias
tous micros ouverts de la surcharge de leurs classes dangereuse
pour la qualité de leur enseignement.
On se met franchement en colère quand on est au courant que
toutes les autres spécialités que la médecine
générale disposent de dix fois plus de professeurs
par étudiant. Inadmissible injustice !
Sachez-le, citoyens, actuels ou futurs malades, on vous ment, on
ne fait pas son travail de vous informer sur la réalité
de notre système de santé. Nous n' avons droit qu'
à des médecins de famille insuffisamment formés,
qui doivent combler en se débrouillant par eux-mêmes
( donc non sans dangers pour leurs patients ) les lacunes énormes
de leur formation professionnelle. Journalistes d' investigation
en mal de sujets, que ne vous penchez-vous pas sur cette réalité
indigne d' un pays de haute tradition médicale qu' a été
le notre ?
Un argument de poids supplémentaire pour se pencher sérieusement
sur ces universités des métiers de la santé
que nous évoquons dans notre LEM 544. Le torchon brûle.
Dr F-M Michaut
17 avril 2008
Poésies de Jacques Grieu
Depuis des années,
nous soutenons à Exmed que toute forme d' art et de beauté
constitue une aide puissante pour mieux se porter, même quand
la maladie ou le handicap sont déjà entrés
dans nos vies.
Alors voir s' élargir le cercle des poètes exmédiens
est toujours un événement heureux.
Et quand notre poète, comme Jacques Grieu, ne fait pas partie
du monde des professionnels de la santé, nous avons la joie
de constater que notre volonté affichée de dialogue
entre soignants et soignés n' est pas un slogan vide de sens.
A vous de retrouver les poèmes que Jacques Grieu a bien voulu
nous autoriser à publier. Heureuse
lecture à vous, comme l' a été
la notre.
Dr F-M Michaut
18 au 20 avril 2008
Le dessin de Cecile Bour:
Simiesque
21 - 22 avril 2008
Bon diagnostic et traitement catastrophique LEM
545
Depuis 1968 le toujours plus d' administration, de contrôles
et d' atteintes aux particularités et initiatives personnelles
n' a cessé de s' imposer dans le domaine de la santé.
Dans la LEM 545, nous nous autorisons à donner de cette évolution
une lecture quelque peu décalée, qui n' a d' autre
ambition que de permettre à chacun de prendre un peu de distance
et de libre-arbitre par rapport aux discours à la mode sur
les événements de mai 68. Bonne
lecture.
Dr F-M Michaut
23 avril 2008
Dépressions médicales
Lu dans France Cancer du 25/3/2008, revue de presse
n° 403, sous la plume de Stéphane Vignot:
" Nous exerçons une activité professionnelle
parfois (souvent ?) source de stress. Avec un risque non nul de
dépression et d'épuisement (le fameux burn out).
Ce point paraît évident tant intuitivement que par
les évaluations psychologiques qui ont pu être conduites
dans des populations de médecins mais l'impact sur les pratiques
médicales est par contre imprécis.
La question qui est donc posée maintenant est celle de l'influence
des symptômes de dépression ou de burn out sur
le risque d'erreurs médicales. Cette analyse a été
réalisée en suivant de façon prospective un
groupe de 123 internes en pédiatrie dans 3 établissements
américains, mais gageons que les observations rapportées
pourront être étendues à d'autres spécialités
"stressantes", dont l'oncologie.
Premier constat : 20 % des participants présentent des critères
de dépression d'après les résultats des évaluations
psychologiques par questionnaires. Et 74 % ont des symptômes
de burn out ! Voilà qui est déjà
en soit une information troublante. La suite de l'analyse a cherché
à établir un éventuel lien entre ces données
et le taux d'erreurs médicales observées (erreurs
de prescription ou d'administration, majeures ou mineures). Résultat
: 6,2 fois plus de fautes chez les internes déprimés
contre 0,25 par mois chez les internes non déprimés.
... Il existe donc bien un impact de l'état psychologique
du prescripteur sur la sécurité des patients, ce qui
n'est pas réellement une surprise. Reste maintenant à
éviter tant que possible les situations de dépression
professionnelle pour chacun .
En somme : ménagez-vous les uns les autres. "
Se ménager et ménager les autres confrères
? Conseil aimable, certes, mais, est-ce réalisable pour les
différents internes et aussi, ne les oublions surtout pas,
les autres qui gravitent autour, infirmières, filles de salle,
brancardiers, quand existent des astreintes répétées
avec des horaires souvent déments, quand chacun doit composer
plus ou moins harmonieusement avec les autres, en particulier les
malades angoissés, pressés, exigeants, ne considérant
que leur problème et non préoccupés par ceux
des soignants, quand la hiérarchie impose des règles
souvent difficiles à respecter…?
Résultat ? Fatigue, manque de sommeil, diminution de l'attention
et donc de l'intérêt primordial que l'on doit porter
aux patients, et on peut assurer pouvoir noter les mêmes conséquences,
à un moindre degré, chez les généralistes,
surtout de campagne au kilométrage exagéré...
Tâchons donc, médecins (de la liste Exmed) ou patients
(de la même liste), d'imaginer et comprendre que le harcèlement
professionnel puisse induire, outre des erreurs ou errements diagnostiques,
des comportements déplaisants de la part du personnel soignant?
Chacun de nous, fatigué, peut réagir autrement que
ce qui est souhaitable. Cas extrême, un généraliste
s'est récemment "kaputté " définitivement,
s'accusant, fatigue probablement en cause, d'avoir mal considéré
le cas d'un patient venant de décéder ! Essayons,
essayez, quand c'est encore possible, de décompresser, d'aller
conter fleurette aux belles et humbles fleurs des jardins plus qu'aux
individus du sexe opposé, c'est mieux compris et moins préjudiciable.
Quêter un zeste de beauté, vouloir rechercher une harmonie
( ça existe, même dans ce monde dément ) sont
indispensables...pour notre équilibre.
Dr G.Nahmani
24 avril 2008
Allo à l' eau
Selon le Journal of the American Society of Nephrology, publiant
une étude de deux chercheurs de l' université de Pennsylvanie
( Philadelphie ), il n' y aurait aucun bénéfice pour
la santé et le bien-être de consommer sa rituelle bouteille
d' eau quotidienne. Guy Vallancien, urologue parisien en vue, et
patron moderniste qui avait confié à notre ami Jacques
Blais (1) dans les dernières années de sa vie la mission
de recevoir au téléphone les appels des patients de
son service, enfonce le clou. Dans le Parisien du 22 avril, "Boire
un litre et demi d' eau n' est qu' un argument marketing transformé
en allégation santé". Combien de dizaines d'
années faudra-t-il aux soignants pour cesser de martyriser
les patients avec cette idée toute faite ? Et toute fausse
aussi. " On entend souvent que boire 1,5 litre d' eau permettrait
d' éliminer d' avantage de toxines. C' est archifaux. Les
reins éliminent les toxines, consommer plus d' eau va générer
plus d' urine, mais pas plus de toxines dans cette urine [...] On
n' a jamais vu quelqu' un perdre du poids en buvant de l' eau. Il
faut que les femmes arrêtent de se gâcher la vie en
trimbalant partout leur bouteille en plastique [...] Nos besoins
journaliers en eau sont apportés à 80% par notre alimentation
".
Finalement, notre brave vieille Dame Nature ( ou toute autre entité
supra-humaine au goût de chacun) aurait plutôt bien
fait son travail.
Ceux qui vont faire grise mine sont les industriels de la vente
d' eau, si habiles à manipuler le hochet de la santé
et de la forme.
Et puis, tous nos organisateurs patentés de nos lieux de
travail vont eux aussi faire de longs séjours, chronomètre
en main, dans les lieux d' aisance de leurs entreprises. Nul doute,
ils vont nous calculer combien de temps perdent en toute perte (
sauf de poids ) tous leurs salariés moutonniers gorgés
d' eau.
Un halo de mystère entoure décidément tous
nos comportements, même les plus quotidiens.
Dr F-M Michaut, cliché de Jacques Blais
NDLR : Il y a quatre ans que Jacques Blais nous
a quitté. Son œuvre vit encore, allez donc
le rencontrer une fois encore sur le site.
25 au 27 avril 2008
Le dessin de Cécile Bour: Propreté
d'abord
28 avril 2008
Du savoir au pouvoir LEM
546
Pas besoin d'être un grand expert pour observer à quel
point l'ignorance est un fléau redoutable pour notre condition
humaine. Curieusement, on ne semble guère se poser de question
sur le pouvoir, ou plus exactement sur les pouvoirs, que semble(nt)
apporter, comme sur un plateau, la chance de pouvoir mener des études
supérieures. Notre LEM 546 vous propose une réflexion
à sa façon.
Bonne lecture.
Dr F-M Michaut
29 avril 2008
Grand retour au stade anal
Le lavement du XXIè siècle a titré Le Parisien
du 25 avril 2008
Aujourd'hui le "lavement de nos grands-mères",
devenu "hydrothérapie du côlon" et pratiqué
par des machines, est une nouvelle mode. Effectuée dans des
cabinets de "praticiens en irrigation du côlon",
non médecins, et dans certains centres de thalassothérapie,
cette purge n'est plus un "simple nettoyage", mais une
méthode contre le stress, apportant bien-être et "sensation
de légèreté". Le Parisien, qui développe
le sujet sur une pleine page, souligne que "les gastro-entérologues
crient à l'imposture". Pour eux cette pratique est à
bannir, dangereuse pour la santé. Ainsi, explique le Pr Guillaume
Cadiot, "ces lavements à l'eau peuvent provoquer des
ulcérations du rectum et entraîner des hémorragies
graves, voire la mort".
C'est à tomber sur le c...!
Chasse gardée ! Imagine-t-on les gastro-entérologues
ne pas réagir devant la publicité prônant, en
toute innocence, ces pratiques hydrothérapiques ? Et si certains
envisagent, comme pour leurs véhiCULes chéris, ces
vidanges pour les débarrasser de leur fameux stress, pourquoi
les en dissuader ? Ce n'est pas pris en charge par la sécurité
sociale et, si accident il y a, les gastro-entéro se frotteront
les mains et béniront alors ces " Impostérieurs"
.
Il y avait déjà les lavages d'oreilles à l'énéma,
les bains d'yeux. Il y avait pour le gamin que j'étais jadis,
la prise rituelle de " vermifuge lune". On voyait sur
la boite le dessin d'une tête de bébé joufflu
assis, faciès constipé, sur un pot de chambre, et
l'exonération était suivie d'un lavage, broc tenu
en l'air, avec force glouglous...Et, désormais, les purges,
non plus staliniennes, mais pour nettoyer la tuyauterie en vue de
la coloscopie vivement recommandée, on ne sait jamais ce
que peut cacher un côlon...
Il y a, enfin aussi, dans presque tous les pays du globe, les lavages
de cerveau pratiqués avec ferveur par des praticiens en uniforme,
pour extraire les aveux supposés cachés.
Jusqu'où ira-t-on ? Jusqu'à la célèbre
question des supplices médiévaux ?
Dr G. Nahmani
30 avril 2008
Annonce de récidive
Dans son édition du 16 avril le JIM se fait l' écho
d' une enquête visant à repérer les facteurs
de risques associés aux récidives des cancers du sein.
Cette étude portait sur 227 femmes atteintes d' un cancer
du sein de stade II/III traité chirurgicalement. Divisées
en deux groupes par tirage au sort, l' un sous simple surveillance
et l' autre avec la mise en place d'une stratégie interventionnelle
d' ordre psychologique. Au terme d' un suivi de 10 années,
48 participantes ont récidivé.
Dans les 17 mois qui ont précédé la détection
de la récidive, a été observée, en cas
de récidive, une augmentation des taux de leucocytes, de
polynucléaires neutrophiles, de lymphocytes et de cellules
NK (natural killers), comparativement aux malades qui n' ont pas
récidivé. Il en a été de même
de la cortisolémie, cependant que, sur le plan clinique,
les performances physiques se dégradaient, parallèlement
à l' installation d' une asthénie et à la détérioration
de la qualité de vie.
Les études ont aussi constatées une différence
entre récidives locales et systémiques à distance :
augmentation de la cytotoxicité des cellules NK, prolifération
lymphocytaire, asthénie, syndrome algique ou polyalgique,
détresse émotionnelle (dépression et/ou anxiété).
Il est évident que les résultats de cette étude
doivent être complétés par des investigations
plus vastes mais voilà reposé l' éternel problème
de la poule et de l' œuf... qui de la dépression, du
non désir de vie ou d' une atteinte du système immunitaire
apparaît en premier ?
Pour suivre des patientes depuis presque 10 ans je peux attester
que la présence d' une dépression latente et chronique
est un facteur pronostic défavorable et diminue notablement
les capacités de résistance au stress. Les récidives
sont plus rapides et souvent systémiques.
Les tenants d' une réflexion globale sur les mécanismes
bio-comportementaux ne peuvent que se réjouir de ce genre
d' approche.
Dr F.Dencuff
1er au 4mai 2008
le dessin de Cécile Bour: Comme
à la télé
5 mai 2008
Sujet tabou
Toutes les maladies dont on parle sont-elles vraiment des maladies,
ce qui a pour conséquence que des soins seraient effectués,
à grand frais, pour ne rien soigner du tout ? Voici un éclairage
pour ceux qui n'ont pas, ou qui n'ont plus, envie de gober n'importe
quoi quand on agite le grelot de notre prétendue santé.
Lire
la LEM 547 de Gabriel Nahmani Exégèses
des non maladies des non malades. Tout un programme
pédagogique, en vérité.
Dr F-M Michaut
6 mai 2008
Y a-t-il un professeur dans la classe?
L'enseignement virtuel se développe de plus en plus et touche
déjà toutes les formes du savoir ou de la formation.
La médecine n'y échappe pas d'autant que les étudiants
dés la troisième année ne fréquentent
plus la Faculté préférant travailler à
domicile. De fait, de nombreuses formes d' E-learning sont déjà
proposées, le professeur pouvant " retoucher" son
cours de son domicile ou répondre directement aux questions
d'un étudiant. L'université virtuelle des métiers
de la santé que propose FMM (LEM 544) est donc d'actualité,
mais quid des enseignants qui ne sont pas en toujours en odeur de
sainteté en Exmédie ? (1)
L'Université de Massey (Nouvelle-Zélande) a mis au
point après 7 ans de travail un professeur virtuel (Eve).
Ce personnage fictif permet le "tutorat affectif" (Affective
Tutoring System) des élèves et fonctionne à
partir d'une base de données de 3000 vidéos réalisées
au cours d'enseignements classiques avec trois professeurs. Le comportement
des élèves (gestuelles, paroles, expressions) qui
a été analysé permet au professeur virtuel
(Eve) de réagir en conséquence (voix, geste, attitude).
Son inventeur le docteur A Sarrafzadeh déclare: "Quand
nous témoignons d'une émotion devant quelqu'un, nous
nous attendons à ne pas être ignoré". Eve
pourrait avoir des applications dans de très nombreux domaines
notamment de la Santé à moins qu'elle ne se laisse
tenter par une pomme !
Dr B. Blaive
(1)NDLR : Et bien, en vérité, il existe chez les habitués
d' Exmed un certain nombre de professionnels aguerris qui ne demanderaient
pas mieux que de contribuer à de telles universités
des métiers de santé.
Il suffirait simplement de le leur demander.
7 mai 2008
Bourse et testostérone
Je vous l' accorde le jeu de mots était facile... Le JIM
du 22/04 se fait l' écho d' une étude de l' université
de Rockefeller (état de New York) portant sur l' analyse
de bilans hormonaux poussés chez les traders londoniens.
Plus ils sont bons, plus leur taux de testostérone est élevé.
Outre le fait que la profession est essentiellement masculine, nous
pouvons nous demander si le jeu en bourse ne ressemblerait pas à
une partie de bras de fer entre costauds tatoués. A bien
y regarder, pourtant, leurs physiques n' ont rien de comparable
avec Stallone.
Plus inquiétant, dans les périodes de crise, leur
taux de cortisol grimpe en flèche et semble affecter la rationalité
de leurs choix. Autrement dit, ils ont de très mauvaises
stratégies d' ajustement au stress.
Bref, vous confiez vos petites (ou grosses) économies à
des hommes fragiles et que la surcharge hormonale incite à
agir sans réfléchir. Peut-être une explication
à la débâcle de la Société Générale.
Dr F.Dencuff
8 mai 2008
Médecine marchande
Sur EXMED, nous nous efforçons de défendre une certaine
idée de la Médecine, une idée loin de toute
préoccupation mercantile, une Médecine indépendante
de tout pouvoir, qu'il s'agisse du pouvoir politique, de l'argent,
et même de la science. Nous voulons que la Médecine
soit et reste un art, pas un métier. Il faut croire
que nous ne sommes pas assez lus, ou pas compris.. Car, à
l'évidence, nos idéaux ne sont pas partagés
par tous.
Ainsi de cet article du Quotidien du Médecin
de ce 29 avril: Sous le titre <<La santé banalisée>>,
il nous brosse un tableau de la médecine de demain (c'est
à dessein que j'écris médecine avec un m minuscule).
Extraits choisis: <<La fin d'une exception?. . . Jusquà
présent secteur d'activité << à part
>>, loin des règles du business, la santé semble
menacée de perdre par pans entiers son caractère protégé,
quasi sacré. Avec les dossiers des médicaments en
vente libre, de l'assouplissement des règles de gestion de
l'hôpital public, de la possible embauche de médecins
en CDI, les tabous tombent les uns après les autres. De rapports
d'experts en usages établis, de campagnes publicitaires en
réformes statutaires, Hippocrate vacille sur son piédestal.
Pour le meilleur, aux yeux de certains. Pour le pire, s'inquiètent
les autres (dont je suis, NDLA). [...] Et encore: <<Le savoir
médical, tombé dans le Net. . . Avec Internet, la
science médicale a perdu en partie pour le profane son caractère
ésotérique. L'exercice a les biais et les limites
que l'on sait, il n'empêche: une autre voie est ouverte que
celle de la parole du médecin en matière de diagnostic,
pronostic, traitement. Les cardiologues n'ont plus le monopole du
coeur, de même que les néphrologues n'ont plus le monopole
du rein. . . [...] Hippocrate a perdu de son aura, mais le développement
des sites qui le concernent est aussi la preuve qu'il passionne
les foules.>>.
Voici donc la médecine qu'on nous
propose pour demain. Une médecine instrumentalisée,
déshumanisée, mécanisée, robotisée.
Amis exmédiens mes frères et soeurs,
soyons encore plus vigilants: "ils" veulent tuer la Médecine,
nous ne voulons pas qu'elle meure. Alors, comme disent les politiques
au lendemain d'une défaite électorale, le combat continue,
et grâce à notre travail obstiné, nous allons
la gagner. Et le Net nous y aidera, comme nous nous efforçons
de le faire ici.
Docteur Philippe Deharvengt, alias le Père Igor
9 au 12 mai 2008
Le dessin de Cécile Bour: Vu
et lu en salle d'attente
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