LES COUPS D'OEIL DU JOUR             

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L'année Exmed 2008nnnnn

Voici les coups d'oeil du jour avril, mai 2008 déjà parus sur le site Exmed .

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1 avril 2008
Se soigner enrichit la France
En lisant ce titre, vous ne pouvez qu' évoquer un canular en forme de poisson d' Avril tant l' affirmation parait incroyable si l' on en croit les discours médiatiques. Vous vous rendez compte, depuis qu' on nous martèle sur tous les tons que nous, médecins comme patients, dépensons finalement beaucoup trop d' argent pour notre santé, creusant le si fameux trou de la sécurité sociale. Et que la seule solution pour éviter la catastrophe, c' est de dépenser moins. Il est alors bien difficile de concevoir notre système de santé autrement que comme une machine à dépenser beaucoup, beaucoup et de plus en plus d' argent. Cependant si on se donne la peine de lire le très sérieux et très officiel rapport de la commission pour la libération de la croissance française, sous la présidence de Jacques Attali, on se pose des questions. Oui, le domaine de la santé peut être un secteur très important de création de richesse pour la France. Page 70 de "300 décisions pour changer la France", le sous titre est sans ambiguïté : La santé, une chance pour la croissance. Vous souvenez-vous que nous avons jadis ouvert sur ce site un espace consacré à l' économie et à ses rapports possibles avec la médecine ? Sans beaucoup de succès, en vérité, mais voici que la roue tourne, enfin. Exmed est donc très motivé pour suivre de près cette démarche qui présente une énorme ouverture potentielle de nouveaux horizons. Nous y consacrerons nos deux prochaines LEM. Ce qui prouve bien à ceux qui douteraient encore du sérieux de ce Coup d' Oeil qu' ils font fausse route. Nous sommes désolés, et ravis, de déroger ainsi avec la coutume sympathique du premier jour du beau mois d' avril.
Dr F-M Michaut

2 avril 2008
Journée mondiale de l'autisme
Aujourd' hui, a lieu la première journée mondiale de sensibilisation mondiale à l' autisme, et le gouvernement dévoile son programme 2008-2010. Pour le diagnostic et l' accès à une prise en charge éducative efficace, la France serait en retard sur les pays anglo-saxons. Retard dû au fait que la prise en charge psychothérapeutique privilégie les théories psychanalytiques abandonnées outre-Atlantique depuis les années 1980. Force est de constater qu' elles n' ont jamais remporté un franc succès là-bas. L' approche psychanalytique s' est d' abord focalisée sur l' origine psychique, évoquant une supposée froideur maternelle altérant le lien affectif avec son bébé. Par la suite, le courant psychanalytique a intégré la dimension neurophysiologique et la génétique.
La vision anglo-saxonne fait des émules dans l' hexagone. Depuis 2005, s' est crée à Villeneuve d' Ascq (Nord) une structure expérimentale qui applique à 100 % en France la méthode ABA (Analyse appliquée du comportement). Innovante en France, elle est porteuse d' espoirs pour de nombreux parents, et est largement pratiquée aux États-Unis, en Norvège, en Espagne ou au Royaume Uni. La méthode ABA a été créée par Ivan Lovaas dans les années 60. Elle diffère de l' approche psychiatrique et traite l' autisme comme un trouble de la perception. Elle consiste en une analyse du comportement associée à une intervention intensive visant à obtenir une meilleure socialisation de l' autiste, encourageant les attitudes jugées adaptées partout, diminuer les conduites évaluées inadaptées par des stimulations très brèves qui s' enchaînent, des activités physiques, visuelles, physiques, sensorielles. Pour que la méthode ABA soit efficace, il faut qu' elle soit pratiquée intensivement à raison de 30 à 40 heures par semaine. Elle est pratiquée par une équipe éducative formée des professionnels et incluant les parents intervenant en même temps. Ainsi dans le centre du Nord, un enfant peut suivre l' entraînement ABA quatre jours par semaine, de 8h30 à 16 h, et le soir les parents prennent le relais des éducateurs.
Le Dr Vinca Rivière et le Pr Jean-Claude Darcheville (Lille III) ont créé en 2000 un «master pro» destiné à former des psychologues qualifiés ABA, et une association. Parents, psychologues, éducateurs assurent bénévolement la prise en charge des enfants autistes car c' est une méthode onéreuse, et qui n' est pas prise en charge par la sécurité sociale.
La méthode ABA n' est pas la seule méthode de prise en charge comportementale de l' autiste. Les plus répandues outre-Atlantique sont la méthode PECS validée dès l' âge de 18 mois, la Futureschool qui consiste à ouvrir les enfants au monde ordinaire, le programme TEACCH qui part de l' idée que l' autisme est un déficit neurologique, adapté au cas par cas. Si les parents sont intégrés au suivi de leur enfant, ils n' en sont pas pour autant des éducateurs comme dans le programme ABA. D' autres approches existent comme la rencontre avec des animaux (hippothérapie, et les dauphins en Floride). Sans compter une myriade de pseudo méthodes plus ou moins discutables comme la Communication Facilitée, qui en France a été épinglée dans les rapports 2005 et 2006 de la MIVILUDES.
Les détracteurs de la méthode ABA disent qu' elle s' appuie sur les travaux de Pavlov et de Skinner sur le conditionnement. En fait, elle tirerait ses sources de la psychologie expérimentale de l' apprentissage. Il existe plus de 500 publications sur la méthode ABA. Des études indépendantes (Smith 1996, Olley et Guttentag, 1999) concluent que la plupart des principales méthodes sont inefficaces, et des rapports comme celui de New York (1999) concluent que la méthode ABA est celle qui a le plus d' études biaisées.
Regard sceptique également pour le Dr Rapin, «Le choix d' une approche particulière intensive et éducative n' est pas une décision médicale, et tous les traitements actuels se valent.»
Nicole Bétrencourt
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Sources:-Journal du dimanche du 30 mars 2008
-Isabelle Rapin, MD discussant,
8-year -old boy with Autism, Jama.2001;285: 1749-1759
Interventions for Autism,Jama, vol.286 No 6, August 8, 2001
- Science and pseudoscience in clinical psychology, edited by Scott Lilienfeld and Co, chapter 13, p 363 to 395.
Sur la Communication Facilitée:
http://www.prevensectes.com/rev0707.htm#10
- Notes: L' autisme a été défini en 1943 par le psychiatre Léo Kanner, reprenant le terme d' autisme créé en 1911 par Eugène Bleuler. Les critères descriptifs de diagnostic sont définis dans le DSM IV de l' American Psychiatric Association (diagnostic criteria for 299.O), et le CIM 10.
La France est en retard selon L' AVIS N°102 du CCNE ( comité national d'éthique) .
L' étiologie de ce trouble psychique est complexe, mais l' utilisation des classifications internationales permet aux parents et aux éducateurs de se comprendre pour la prise en charge de l' autiste qui doivent insister sur les dysfonctionnements relatifs aux communications et aux interactions sociales dans l' autisme.
Ces anomalies sont difficilement détectables chez le jeune enfant. Les signes précoces peuvent être dépistés dès l' âge de 18 mois mais ce n' est que vers l' âge de trois ans qu' un diagnostic fiable d' autisme peut s' effectuer.
Ndlr in English: I.Rapin: « The choice and intensity of educational approaches is an educational, not medical decision».

3 avril 2008
Les auto-évaluations du patient
Se libérer du pouvoir du corps médical est une recherche permanente des patients (plus de liberté) mais également des autorités sanitaires (plus faible coût). Cette recherche d' autonomie concerne les petites maladies mais aussi les maladies chroniques les plus fréquentes (HTA, Asthme, Diabète ..) avec un fort soutien des laboratoires pharmaceutiques. Des écoles ( Asthme Diabète) sont là pour former les patients à l' observance des traitements et à l' autoévaluation. Des infirmières sont formées spécifiquement pour réaliser cette éducation. Tout cela part d' une intention louable si les résultats à moyen terme sont fiables, et si le patient améliore ses comportements. Malheureusement la pratique régulière d' une mesure apparemment simple (Tension ou Souffle) est en réalité difficile, la fiabilité du résultat est donc faible ou nulle.
Cette "politique" s' accompagne de la mise sur le marché de matériel de mesure de plus en plus simple, portable, numérisé (Internet). Cette vulgarisation des soins et le transfert d' une partie de la prise en charge médicale aux patients et aux paramédicaux nécessite que les médecins soient vigilants et critiques sur la validité des informations rapportées. Il faut aussi qu' ils se posent la question du pourquoi de cette dérive ? Et au bénéfice de qui ? Pour l' article cité en référence ce n' est pas le patient.
D' après Logan AG et coll.: Attitudes of primary care physicians and their patients about home blood pressure monitoring in Ontario. Journal of Hypertension 2008 ; 26 : 446-52.
Dr B.Blaive

4 au 6 avril 2008
Le dessin de Cécile Bour:Quarantaine

7 avril 2008
L' inverse de ce qu' on nous a dit LEM 543
eDepuis des années, nous ne cessons d' entendre dire que le secteur de la santé ne peut être pour la collectivité qu' une source de dépenses, de plus en plus lourdes, qu' il faut absolument maîtriser au mieux. Alors voir apparaître le même monde de la santé comme une des sources majeures pouvant permettre à la France ( donc aux Français) de créer de la richesse, mérite qu' on prenne quelques instants pour essayer de comprendre cette surprenante volte-face de certaines de nos élites pensantes. Bien entendu, cela ne doit pas nous dispenser d' exercer aussi largement que possible notre esprit critique, mais on ne peut plus faire comme si cette idée n' avait pas été formulée et transmise aux plus hautes instances de la France. Suivons Bruno Blaive dans son investigation personnelle de la LEM 543 au titre paradoxal dans le catastrophisme ambiant : La santé, une chance pour la croissance. Bonne lecture, et osez réagir vous aussi, amis lecteurs.
Dr F-M Michaut


8 avril 2008
Syndicalement vôtre!
Désigner le mal c' est déjà le dénoncer. C' est pourquoi l' indignation n' est pas de mise. L' indignation est une posture morale, souvent commode, réservée au spectateur. [… ] Celui qui s' est couché devant le pouvoir totalitaire n' est plus capable d' un tel jugement. Ayant renoncé à sa liberté de penser et d' agir en conscience, le monde ne lui parait plus que selon le prisme déformant du discours dominant, de l' idéologie officielle, qu' il en soit conscient ou non. Les Complaisantes, Jonathan Littell et l' écriture du mal (p.8-10), Édouard Husson - Michel Terestchenko, François-Xavier De Guibert éditions
Curieuse entrée en matière ?
Pourtant la condamnation des syndicats médicaux pour entente illicite par le conseil de la concurrence montre à quel point notre société se réfugie lâchement dans l' indignation. Quel est donc le discours dominant sur le corps médical ? Un discours partagé entre suspicion et soumission. Partant de là, comment ne pas être indigné par tous ces médecins qui osent sacrifier le pouvoir d' achat de leurs patients sur l' autel de l' avidité.
Il faut bien admettre que nombre de médecins, par leur incapacité à agir ensemble pour le bien des patients, se retrouvent de fait désignés à la vindicte publique.
Plus inquiétant, la manipulation des « hautes autorités », y compris judiciaires. Sous le couvert d' une protection des patients se cache un lent travail de sape de notre système de protection sociale. C. Bronner, président du syndicat Espace généraliste (EG), fait une analyse pertinente de la situation. Dans notre système, ce sont les médecins du secteur 1, dit conventionné, qui coûtent le plus cher puisque leurs actes sont totalement remboursés et leurs charges en partie réglées par l' État ( en fait par l' assurance maladie obligatoire NDLR). Dans la situation de déficit public actuelle, quoi de plus naturel que de vouloir supprimer ce secteur ? Mais le dire clairement révolterait nos concitoyens qui n' auraient plus alors que le bon vouloir de leurs mutuelles pour parvenir à être remboursés de leurs frais médicaux. Plus facile de s' indigner, comme l' a fait l' association Familles Rurales, devant les dépassements « orchestrés » par les syndicats médicaux. Et bien sûr relayée par l' ensemble des médias avec un chiffre qui ne peut que nous révolter : « Le préjudice pour les patients est évalué à 180 millions »,…, la réaction de Familles rurales, qui note que « l' amende, dissuasive, est très en deçà du préjudice subi par les patients ».
A-t-on déjà vu un médecin exiger le payement d' une consultation en pointant une arme sur la tempe de son patient ? Comment peut-on alors victimiser ainsi des malades qui exigent le statut d' usagers ?
Lorsque les différents syndicats, présents dans toutes les entreprises, se mettent en grève, ne s' agit-il pas d' entente illicite au regard des préjudices subis par leurs clients ou fournisseurs ? Les usagers de la SNCF portent-ils plainte contre les syndicats pour préjudice lorsqu' ils ratent des rendez-vous, perdent des contrats … lors des innombrables grèves de cette entreprise monopolistique ?
Pas de chance, les toubibs ne peuvent pas arrêter le travail…alors ils « s' entendent » pour obtenir de justes rémunérations avec des moyens parfaitement légaux puisqu' inscrits dans la nomenclature.
Entente illicite dites-vous ? Comment qualifier alors la posture clairement affichée des nombreux ministres de la santé de vouloir mettre le coût de la santé en lieu et place des patients ? Mise en coupe réglée des cliniques avec l' objectif d' exercer un odieux chantage sur l' hôpital public : si vous ne diminuez pas vos coûts vous subirez le même sort que les vilains privés. Volonté de diviser pour mieux régner. Le vrai danger de toutes ces manipulations, c' est la qualité des soins. Au lieu du « travailler plus pour gagner plus » nous avons « soignez plus pour beaucoup moins ».
Autre sujet d' incompréhension, la transparence du Conseil de l' Ordre tant au sujet de l' affaire en cours que de la défense de la qualité des soins.
Enfin, le plus choquant dans cette mise en coupe réglée des soins reste pourtant le silence assourdissant des premiers intéressés : les patients. Indignés par l' attitude de nos syndicats mais incapables d' avoir une vision à long terme des dégâts entraînés par de telles politiques. Vous voulez être usagers d' un système ? Alors sachez que vous aussi serez rendus responsables par vos enfants de votre soumission à l' idéologie officielle.
Dr F.Dencuff

9 avril 2008
Encore des chiffres
Quelques titres relevés ces derniers jours :
-La région Rhône-Alpes encore grippée: 206 cas pour 100000 h, alors que le seuil épidémique est de 141/100000 !
- 2 décès mystérieux par infection respiratoire en Loire-atlantique dans un établissement public médico-social recrutant des handicapés mentaux... On vient d'apprendre qu'un pneumocoque serait en cause ! Serait-ce la 1ere fois dans l'histoire humaine qu'un méchant microbe manifesterait sa virulence, et là encore sur des sujets quelque peu débilités ?
-La maladie d´Alzheimer est pour 54 % des Français (contre 41 % en 2001) la maladie qu´ils redoutent le plus, derrière le cancer, cité par 72 % d´entre eux. C'est ce qu'indique un sondage réalisé pour le magazine le Pèlerin, par TNS-Sofres, publié dans l´édition du 6 mars. Il révèle par ailleurs que l´inquiétude augmente avec l´âge des personnes interrogées et que les femmes (60%) sont plus anxieuses que les hommes (47%). En troisième position des maladies les plus redoutées arrivent les maladies cardio-vasculaires (citées par 39 % des personnes interrogées). Les Français évoquent ensuite l´accident cérébral à 36 % et le sida à 27 % (contre 35% en 2001). Si c'est le Pèlerin qui le dit, on peut humer, même enrhumé, certaine odeur de sainteté…
-150 000 cartes de soins et d'urgence pour la lutte anti-Alzheimer
- Perdre tant de kg sans suivre de régime strict...
- 4 DSM ne suffisaient pas aux Américains? en route pour le 5e...
- Beaucoup d'enfants pour vivre vieux ! Un ancien patient, chantre à la cathédrale de Verdun, vieux garçon vivant encore avec sa maman, est mort à un âge canonique... longtemps après sa maman!
Il faut de l'outrance aujourd'hui: on se doit de tout comptabiliser, il faut inonder un vain peuple de chiffres, de pourcentages: ceux du chômage qui baisse ou augmente, du déficit de la SS (qui ne peut que grimper,lui), du déficit du pays, du P.I.B, du nombre toujours croissant des victimes d'Aloïs Alzheimer, des parkinsoniens, chiffre des valeurs normales des constantes biologiques à ne pas dépasser (sans tenir compte de l'âge, du poids, de la taille, des antécédents familiaux...), chiffres et noms des bienheureux plus riches français ( hélas, je n'en suis pas)...
Il faut OCCUPER les esprits engourdis, les faire s'exclamer ou s'esbaudir, savoir inquiéter, drainer leur intérêt vers des problèmes triviaux, il faut trouver anormale la mort par infections de vieilles personnes, on en arrivera même à ne plus tolérer l'inévitable terminus qui nous est programmer parce que nécessaire, il faut remplir les gazettes de nouvelles à sensation, répéter à l'envi que tel homme politique baisse dans les sondages, que son subordonné grimpe au contraire, quel drame, la valse des pourcentages de ceci ou cela, que l'on n'a aucune possibilité de vérifier à l'échelon local ou national, continue de nous faire tourner en bourrique, et tout est fait pour nous mener en bateau avec le risque de noyade intellectuelle: enthousiasmes excessifs, craintes exagérées, perte ou disparition de tout esprit critique.
Dr G. Nahmani

10 avril 2008
Pour une autre façon de travailler
Selon les Échos et la Tribune du 9 avril, voici la conclusion des états généraux de l'organisation de la santé formulée par Roseline Bachelot ( ministre de la santé). Devant la raréfaction inévitable du nombre des généralistes, il devient, dit le rapport de synthèse, impératif de mettre en place " une nouvelle répartition des tâches vers les professionnels de la santé existants ou vers de nouveaux métiers".
Penser que de tels types de travail en équipe puissent se mettre en place va totalement dans le sens des réflexions que nous menons à Exmed depuis longtemps.
Mais, pour cela, encore faut-il pouvoir parler le même langage, et nos sages de préconiser une étape indispensable : « Ce qui passe notamment par des «modifications profondes» des formations et un assouplissement du cadre juridique via une «actualisation plus simple et plus fréquente» de la liste des actes autorisés ».
Peut-on se contenter de cette noble déclaration d'intention ? Instruits par de multiples expériences de déceptions à la suite d' engagements publics, il n' est pas question de se suffire de ce texte.
Ce sont des outils de formation profondément repensés pour toutes les professions de la santé, actuelles et à venir, dont nous avons besoin.
Si vous voulez bien avoir la patience d' attendre jusqu' à la prochaine LEM 544, nous ferons une proposition très précise dans ce sens. Le réseau des réseaux assurant son rôle de messager sans frontières et sans filtre, ce sera ensuite aux décideurs d' en faire, ou non - c' est leur responsabilité - quelque chose.
Dr F-M Michaut

11 au 13 avril 2008
Le dessin de Cécile Bour: dans la série des chirurgiens : le creuseur

14 avril 2008
Construire ... LEM 544
De grâce, ne nous laissons pas assourdir par les échos bavards de ceux qui semblent découvrir le mauvais état de santé de notre système de soin, et le coma quasi terminal de notre médecine générale en France.
C' est d' un grand projet dont nous avons besoin, pas de mesures ponctuelles. Ambition démesurée ? C' est certainement l' objection qui sera faite à notre LEM 544 : Des universités des métiers de la santé ? Mais, toute disproportion gardée, souvenons-nous d' un certain jour de décembre 1941. L' amiral Yamamoto vient détruire par surprise une grande partie de la flotte américaine à Pearl Harbor. Les États-Unis disposent alors d' une armée ridicule, à peu près l' équivalent de celle de ... la Roumanie. Cela n' empêche pas que le jour même, sans avoir pris le pouls de l' opinion publique, ils déclarent la guerre au Japon et à l' Allemagne nazie. Et le 6 juin 1944, c' est l' armée la plus puissante et la mieux armée du monde qui débarque en Normandie pour libérer l' Europe. Soigner au mieux les hommes est-il un objectif moins noble qu' écraser ses ennemis du moment sous les bombes ?
Dr F-M Michaut

15 avril 2008
Quand ils continuent à parler boutique
Pendant que Roselyne Bachelot, ministre de la santé, continue à tenter de nous faire croire qu' elle ( ou son successeur) peut redresser la balance entre les recettes et les dépenses de l' assurance maladie en France dans deux ou trois ans ( émission Le grand jury R.T.L. du 13 avril), d' autres estiment que le problème essentiel de la santé est ailleurs. Tant que ne sera pas pris à bras le corps le sujet prioritaire d' une meilleure formation de tous les professionnels de la santé, les hémorragies de dépenses parfaitement évitables continueront tranquillement.
Bien entendu, on n' est pas dans du court terme, mais sans ce préalable qui nécessite courage, imagination et ténacité, on ne fait que pérenniser jusqu' à l' absurde le gaspillage de toutes nos ressources tant matérielles qu' humaines.
La plupart de nos experts ne vient qu' à cours terme. Nous nous payons de culot à Exmed de regarder plus loin, par exemple dans la LEM 544 de la semaine.
Dr F-M Michaut

16 avril 2008
Un enseignant pour 92 futurs généralistes
Ne nous laissons pas endormir par le slogan qui nous laisse entendre que nous aurions l'un des meilleurs systèmes de santé du monde. Il faut absolument que le public le sache, l'enseignement de la médecine générale en France est dans un état catastrophique. Le savez-vous, il n' existe pas un seul poste de généraliste titulaire universitaire à plein temps dans toutes nos facultés ? Seuls existent des postes dits d' enseignants associés, c' est à dire à mi-temps. Le syndicat national des enseignants en médecine générale sonne le tocsin. Vendredi dernier le très sérieux Conseil National des Universités a créé 8 postes d' enseignants associés à mi temps, alors qu' il en faudrait 50 par an pendant 3 ans.
La situation est simple à comprendre. Il existe 6000 internes en Diplôme d' Etudes Spécialisées de médecine générale. Pour assurer leur formation, la faculté dispose en tout et pour tout de 130 enseignants associés. On parvient ainsi à un ratio hallucinant d' un enseignant à plein temps pour 92 futurs généralistes. Source : contribution du Dr Jean-Pierre Allain sur notre liste Exmed-1.
On se pince pour savoir si on ne dort pas quand on entend des enseignants du primaire ou du secondaire se plaindre amèrement aux médias tous micros ouverts de la surcharge de leurs classes dangereuse pour la qualité de leur enseignement.
On se met franchement en colère quand on est au courant que toutes les autres spécialités que la médecine générale disposent de dix fois plus de professeurs par étudiant. Inadmissible injustice !
Sachez-le, citoyens, actuels ou futurs malades, on vous ment, on ne fait pas son travail de vous informer sur la réalité de notre système de santé. Nous n' avons droit qu' à des médecins de famille insuffisamment formés, qui doivent combler en se débrouillant par eux-mêmes ( donc non sans dangers pour leurs patients ) les lacunes énormes de leur formation professionnelle. Journalistes d' investigation en mal de sujets, que ne vous penchez-vous pas sur cette réalité indigne d' un pays de haute tradition médicale qu' a été le notre ?
Un argument de poids supplémentaire pour se pencher sérieusement sur ces universités des métiers de la santé que nous évoquons dans notre LEM 544. Le torchon brûle.
Dr F-M Michaut

17 avril 2008
Poésies de Jacques Grieu
Depuis des années, nous soutenons à Exmed que toute forme d' art et de beauté constitue une aide puissante pour mieux se porter, même quand la maladie ou le handicap sont déjà entrés dans nos vies.
Alors voir s' élargir le cercle des poètes exmédiens est toujours un événement heureux.
Et quand notre poète, comme Jacques Grieu, ne fait pas partie du monde des professionnels de la santé, nous avons la joie de constater que notre volonté affichée de dialogue entre soignants et soignés n' est pas un slogan vide de sens.
A vous de retrouver les poèmes que Jacques Grieu a bien voulu nous autoriser à publier. Heureuse lecture à vous, comme l' a été la notre.
Dr F-M Michaut

18 au 20 avril 2008
Le dessin de Cecile Bour: Simiesque

21 - 22 avril 2008
Bon diagnostic et traitement catastrophique LEM 545
Depuis 1968 le toujours plus d' administration, de contrôles et d' atteintes aux particularités et initiatives personnelles n' a cessé de s' imposer dans le domaine de la santé.
Dans la LEM 545, nous nous autorisons à donner de cette évolution une lecture quelque peu décalée, qui n' a d' autre ambition que de permettre à chacun de prendre un peu de distance et de libre-arbitre par rapport aux discours à la mode sur les événements de mai 68. Bonne lecture.
Dr F-M Michaut

23 avril 2008
Dépressions médicales
Lu dans France Cancer du 25/3/2008, revue de presse n° 403, sous la plume de Stéphane Vignot:
"  Nous exerçons une activité professionnelle parfois (souvent ?) source de stress. Avec un risque non nul de dépression et d'épuisement (le fameux burn out). Ce point paraît évident tant intuitivement que par les évaluations psychologiques qui ont pu être conduites dans des populations de médecins mais l'impact sur les pratiques médicales est par contre imprécis. 
La question qui est donc posée maintenant est celle de l'influence des symptômes de dépression ou de burn out sur le risque d'erreurs médicales. Cette analyse a été réalisée en suivant de façon prospective un groupe de 123 internes en pédiatrie dans 3 établissements américains, mais gageons que les observations rapportées pourront être étendues à d'autres spécialités "stressantes", dont l'oncologie. 
Premier constat : 20 % des participants présentent des critères de dépression d'après les résultats des évaluations psychologiques par questionnaires. Et 74 % ont des symptômes de burn out ! Voilà qui est déjà en soit une information troublante. La suite de l'analyse a cherché à établir un éventuel lien entre ces données et le taux d'erreurs médicales observées (erreurs de prescription ou d'administration, majeures ou mineures). Résultat : 6,2 fois plus de fautes chez les internes déprimés contre 0,25 par mois chez les internes non déprimés. ... Il existe donc bien un impact de l'état psychologique du prescripteur sur la sécurité des patients, ce qui n'est pas réellement une surprise. Reste maintenant à éviter tant que possible les situations de dépression professionnelle pour chacun .
 En somme : ménagez-vous les uns les autres.
 "
Se ménager et ménager les autres confrères ? Conseil aimable, certes, mais, est-ce réalisable pour les différents internes et aussi, ne les oublions surtout pas, les autres qui gravitent autour, infirmières, filles de salle, brancardiers, quand existent des astreintes répétées avec des horaires souvent déments, quand chacun doit composer plus ou moins harmonieusement avec les autres, en particulier les malades angoissés, pressés, exigeants, ne considérant que leur problème et non préoccupés par ceux des soignants, quand la hiérarchie impose des règles souvent difficiles à respecter…?
Résultat ? Fatigue, manque de sommeil, diminution de l'attention et donc de l'intérêt primordial que l'on doit porter aux patients, et on peut assurer pouvoir noter les mêmes conséquences, à un moindre degré, chez les généralistes, surtout de campagne au kilométrage exagéré...
Tâchons donc, médecins (de la liste Exmed) ou patients (de la même liste), d'imaginer et comprendre que le harcèlement professionnel puisse induire, outre des erreurs ou errements diagnostiques, des comportements déplaisants de la part du personnel soignant? Chacun de nous, fatigué, peut réagir autrement que ce qui est souhaitable. Cas extrême, un généraliste s'est récemment "kaputté " définitivement, s'accusant, fatigue probablement en cause, d'avoir mal considéré le cas d'un patient venant de décéder ! Essayons, essayez, quand c'est encore possible, de décompresser, d'aller conter fleurette aux belles et humbles fleurs des jardins plus qu'aux individus du sexe opposé, c'est mieux compris et moins préjudiciable. Quêter un zeste de beauté, vouloir rechercher une harmonie ( ça existe, même dans ce monde dément ) sont indispensables...pour notre équilibre.
Dr G.Nahmani

24 avril 2008
Allo à l' eau
Selon le Journal of the American Society of Nephrology, publiant une étude de deux chercheurs de l' université de Pennsylvanie ( Philadelphie ), il n' y aurait aucun bénéfice pour la santé et le bien-être de consommer sa rituelle bouteille d' eau quotidienne. Guy Vallancien, urologue parisien en vue, et patron moderniste qui avait confié à notre ami Jacques Blais (1) dans les dernières années de sa vie la mission de recevoir au téléphone les appels des patients de son service, enfonce le clou. Dans le Parisien du 22 avril, "Boire un litre et demi d' eau n' est qu' un argument marketing transformé en allégation santé". Combien de dizaines d' années faudra-t-il aux soignants pour cesser de martyriser les patients avec cette idée toute faite ? Et toute fausse aussi. " On entend souvent que boire 1,5 litre d' eau permettrait d' éliminer d' avantage de toxines. C' est archifaux. Les reins éliminent les toxines, consommer plus d' eau va générer plus d' urine, mais pas plus de toxines dans cette urine [...] On n' a jamais vu quelqu' un perdre du poids en buvant de l' eau. Il faut que les femmes arrêtent de se gâcher la vie en trimbalant partout leur bouteille en plastique [...] Nos besoins journaliers en eau sont apportés à 80% par notre alimentation ".
Finalement, notre brave vieille Dame Nature ( ou toute autre entité supra-humaine au goût de chacun) aurait plutôt bien fait son travail.
Ceux qui vont faire grise mine sont les industriels de la vente d' eau, si habiles à manipuler le hochet de la santé et de la forme.
Et puis, tous nos organisateurs patentés de nos lieux de travail vont eux aussi faire de longs séjours, chronomètre en main, dans les lieux d' aisance de leurs entreprises. Nul doute, ils vont nous calculer combien de temps perdent en toute perte ( sauf de poids ) tous leurs salariés moutonniers gorgés d' eau.
Un halo de mystère entoure décidément tous nos comportements, même les plus quotidiens.
Dr F-M Michaut, cliché de Jacques Blais
NDLR : Il y a quatre ans que Jacques Blais nous a quitté. Son œuvre vit encore, allez donc le rencontrer une fois encore sur le site.

25 au 27 avril 2008
Le dessin de Cécile Bour: Propreté d'abord

28 avril 2008
Du savoir au pouvoir LEM 546
Pas besoin d'être un grand expert pour observer à quel point l'ignorance est un fléau redoutable pour notre condition humaine. Curieusement, on ne semble guère se poser de question sur le pouvoir, ou plus exactement sur les pouvoirs, que semble(nt) apporter, comme sur un plateau, la chance de pouvoir mener des études supérieures. Notre LEM 546 vous propose une réflexion à sa façon.
Bonne lecture.
Dr F-M Michaut

29 avril 2008
Grand retour au stade anal
Le lavement du XXIè siècle a titré Le Parisien du 25 avril 2008
Aujourd'hui le "lavement de nos grands-mères", devenu "hydrothérapie du côlon" et pratiqué par des machines, est une nouvelle mode. Effectuée dans des cabinets de "praticiens en irrigation du côlon", non médecins, et dans certains centres de thalassothérapie, cette purge n'est plus un "simple nettoyage", mais une méthode contre le stress, apportant bien-être et "sensation de légèreté". Le Parisien, qui développe le sujet sur une pleine page, souligne que "les gastro-entérologues crient à l'imposture". Pour eux cette pratique est à bannir, dangereuse pour la santé. Ainsi, explique le Pr Guillaume Cadiot, "ces lavements à l'eau peuvent provoquer des ulcérations du rectum et entraîner des hémorragies graves, voire la mort".
C'est à tomber sur le c...!  
Chasse gardée ! Imagine-t-on les gastro-entérologues ne pas réagir devant la publicité prônant, en toute innocence, ces pratiques hydrothérapiques ? Et si certains envisagent, comme pour leurs véhiCULes chéris, ces vidanges pour les débarrasser de leur fameux stress, pourquoi les en dissuader ? Ce n'est pas pris en charge par la sécurité sociale et, si accident il y a, les gastro-entéro se frotteront les mains et béniront alors ces " Impostérieurs" .
Il y avait déjà les lavages d'oreilles à l'énéma, les bains d'yeux. Il y avait pour le gamin que j'étais jadis, la prise rituelle de " vermifuge lune". On voyait sur la boite le dessin d'une tête de bébé joufflu assis, faciès constipé, sur un pot de chambre, et l'exonération était suivie d'un lavage, broc tenu en l'air, avec force glouglous...Et, désormais, les purges, non plus staliniennes, mais pour nettoyer la tuyauterie en vue de la coloscopie vivement recommandée, on ne sait jamais ce que peut cacher un côlon...
Il y a, enfin aussi, dans presque tous les pays du globe, les lavages de cerveau pratiqués avec ferveur par des praticiens en uniforme, pour extraire les aveux supposés cachés.
Jusqu'où ira-t-on ? Jusqu'à la célèbre question des supplices médiévaux ?
Dr G. Nahmani

30 avril 2008
Annonce de récidive
Dans son édition du 16 avril le JIM se fait l' écho d' une enquête visant à repérer les facteurs de risques associés aux récidives des cancers du sein. Cette étude portait sur 227 femmes atteintes d' un cancer du sein de stade II/III traité chirurgicalement. Divisées en deux groupes par tirage au sort, l' un sous simple surveillance et l' autre avec la mise en place d'une stratégie interventionnelle d' ordre psychologique. Au terme d' un suivi de 10 années, 48 participantes ont récidivé.
Dans les 17 mois qui ont précédé la détection de la récidive, a été observée, en cas de récidive, une augmentation des taux de leucocytes, de polynucléaires neutrophiles, de lymphocytes et de cellules NK (natural killers), comparativement aux malades qui n' ont pas récidivé. Il en a été de même de la cortisolémie, cependant que, sur le plan clinique, les performances physiques se dégradaient, parallèlement à l' installation d' une asthénie et à la détérioration de la qualité de vie.
Les études ont aussi constatées une différence entre récidives locales et systémiques à distance : augmentation de la cytotoxicité des cellules NK, prolifération lymphocytaire, asthénie, syndrome algique ou polyalgique, détresse émotionnelle (dépression et/ou anxiété).
Il est évident que les résultats de cette étude doivent être complétés par des investigations plus vastes mais voilà reposé l' éternel problème de la poule et de l' œuf... qui de la dépression, du non désir de vie ou d' une atteinte du système immunitaire apparaît en premier ?
Pour suivre des patientes depuis presque 10 ans je peux attester que la présence d' une dépression latente et chronique est un facteur pronostic défavorable et diminue notablement les capacités de résistance au stress. Les récidives sont plus rapides et souvent systémiques.
Les tenants d' une réflexion globale sur les mécanismes bio-comportementaux ne peuvent que se réjouir de ce genre d' approche.
Dr F.Dencuff

1er au 4mai 2008
le dessin de Cécile Bour: Comme à la télé

5 mai 2008
Sujet tabou
Toutes les maladies dont on parle sont-elles vraiment des maladies, ce qui a pour conséquence que des soins seraient effectués, à grand frais, pour ne rien soigner du tout ? Voici un éclairage pour ceux qui n'ont pas, ou qui n'ont plus, envie de gober n'importe quoi quand on agite le grelot de notre prétendue santé. Lire la LEM 547 de Gabriel Nahmani Exégèses des non maladies des non malades. Tout un programme pédagogique, en vérité.
Dr F-M Michaut

6 mai 2008
Y a-t-il un professeur dans la classe?
L'enseignement virtuel se développe de plus en plus et touche déjà toutes les formes du savoir ou de la formation. La médecine n'y échappe pas d'autant que les étudiants dés la troisième année ne fréquentent plus la Faculté préférant travailler à domicile. De fait, de nombreuses formes d' E-learning sont déjà proposées, le professeur pouvant " retoucher" son cours de son domicile ou répondre directement aux questions d'un étudiant. L'université virtuelle des métiers de la santé que propose FMM (LEM 544) est donc d'actualité, mais quid des enseignants qui ne sont pas en toujours en odeur de sainteté en Exmédie ? (1)
L'Université de Massey (Nouvelle-Zélande) a mis au point après 7 ans de travail un professeur virtuel (Eve). Ce personnage fictif permet le "tutorat affectif" (Affective Tutoring System) des élèves et fonctionne à partir d'une base de données de 3000 vidéos réalisées au cours d'enseignements classiques avec trois professeurs. Le comportement des élèves (gestuelles, paroles, expressions) qui a été analysé permet au professeur virtuel (Eve) de réagir en conséquence (voix, geste, attitude). Son inventeur le docteur A Sarrafzadeh déclare: "Quand nous témoignons d'une émotion devant quelqu'un, nous nous attendons à ne pas être ignoré". Eve pourrait avoir des applications dans de très nombreux domaines notamment de la Santé à moins qu'elle ne se laisse tenter par une pomme !
Dr B. Blaive

(1)NDLR : Et bien, en vérité, il existe chez les habitués d' Exmed un certain nombre de professionnels aguerris qui ne demanderaient pas mieux que de contribuer à de telles universités des métiers de santé.
Il suffirait simplement de le leur demander.

7 mai 2008
Bourse et testostérone
Je vous l' accorde le jeu de mots était facile... Le JIM du 22/04 se fait l' écho d' une étude de l' université de Rockefeller (état de New York) portant sur l' analyse de bilans hormonaux poussés chez les traders londoniens.
Plus ils sont bons, plus leur taux de testostérone est élevé. Outre le fait que la profession est essentiellement masculine, nous pouvons nous demander si le jeu en bourse ne ressemblerait pas à une partie de bras de fer entre costauds tatoués. A bien y regarder, pourtant, leurs physiques n' ont rien de comparable avec Stallone.
Plus inquiétant, dans les périodes de crise, leur taux de cortisol grimpe en flèche et semble affecter la rationalité de leurs choix. Autrement dit, ils ont de très mauvaises stratégies d' ajustement au stress.
Bref, vous confiez vos petites (ou grosses) économies à des hommes fragiles et que la surcharge hormonale incite à agir sans réfléchir. Peut-être une explication à la débâcle de la Société Générale.
Dr F.Dencuff

8 mai 2008
Médecine marchande
Sur EXMED, nous nous efforçons de défendre une certaine idée de la Médecine, une idée loin de toute préoccupation mercantile, une Médecine indépendante de tout pouvoir, qu'il s'agisse du pouvoir politique, de l'argent, et même de la science. Nous voulons que la Médecine soit et reste un art, pas un métier. Il faut croire que nous ne sommes pas assez lus, ou pas compris.. Car, à l'évidence, nos idéaux ne sont pas partagés par tous.
    Ainsi de cet article du Quotidien du Médecin de ce 29 avril: Sous le titre <<La santé banalisée>>, il nous brosse un tableau de la médecine de demain (c'est à dessein que j'écris médecine avec un m minuscule). Extraits choisis: <<La fin d'une exception?. . . Jusquà présent secteur d'activité << à part >>, loin des règles du business, la santé semble menacée de perdre par pans entiers son caractère protégé, quasi sacré. Avec les dossiers des médicaments en vente libre, de l'assouplissement des règles de gestion de l'hôpital public, de la possible embauche de médecins en CDI, les tabous tombent les uns après les autres. De rapports d'experts en usages établis, de campagnes publicitaires en réformes statutaires, Hippocrate vacille sur son piédestal. Pour le meilleur, aux yeux de certains. Pour le pire, s'inquiètent les autres (dont je suis, NDLA). [...] Et encore: <<Le savoir médical, tombé dans le Net. . . Avec Internet, la science médicale a perdu en partie pour le profane son caractère ésotérique. L'exercice a les biais et les limites que l'on sait, il n'empêche: une autre voie est ouverte que celle de la parole du médecin en matière de diagnostic, pronostic, traitement. Les cardiologues n'ont plus le monopole du coeur, de même que les néphrologues n'ont plus le monopole du rein. . . [...] Hippocrate a perdu de son aura, mais le développement des sites qui le concernent est aussi la preuve qu'il passionne les foules.>>.
    Voici donc la médecine qu'on nous propose pour demain. Une médecine instrumentalisée, déshumanisée, mécanisée, robotisée.
    Amis exmédiens mes frères et soeurs, soyons encore plus vigilants: "ils" veulent tuer la Médecine, nous ne voulons pas qu'elle meure. Alors, comme disent les politiques au lendemain d'une défaite électorale, le combat continue, et grâce à notre travail obstiné, nous allons la gagner. Et le Net nous y aidera, comme nous nous efforçons de le faire ici.
Docteur Philippe Deharvengt, alias le Père Igor

9 au 12 mai 2008
Le dessin de Cécile Bour: Vu et lu en salle d'attente