LES COUPS D'OEIL DU JOUR             

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L'année Exmed 2006

Vous trouverez dans cette " année Exmed 2006" tous les coups d'oeil du jour qui ont été publiés sur le site. La variété des thèmes traités continue de constituer un baromètre intéressant de nos préoccupations en matière de santé.

Les rédacteurs (médecins et non médecins) mettent à votre disposition leurs textes, afin qu'ils soient le plus largement diffusés.

Et vous pouvez aussi retrouver
notre année Exmed 2005
notre année Exmed 2004,
notre année Exmed 2003
et notre année Exmed 2002

Bonne lecture. Toutes vos réactions nous intéressent : écrivez-nous librement.

Et n'oubliez-pas, Exmed vous propose chaque jour son coup d'oeil du jour, en page " sommaire" .
Nous écrire
F-M Michaut webmestre

2 janvier 2006
Bilan d’Exmed en 2005 (LEM 429)
Vous naviguez en ce moment sur un site de santé pas comme les autres. C’est pour cela que vous consacrez un peu de votre attention à nous lire ? Peut-être alors avez-vous envie d’en savoir un peu plus sur ce que nous avons fait l’an dernier. Petite histoire d’une aventure humaine, riche en peines, en travail, en dons, en soucis et ... en plaisir.
A vous de découvrir un peu plus l’envers du décor, et ses différents acteurs, avec la LEM 429 : Notre année exmédienne à nous. Bonne lecture, et si le coeur vous en dit, à bientôt. Nous, chaque jour de l’année 2006, nous serons à votre intention sur cette page avec notre Coup d’Oeil. Chaque semaine, nous vous proposerons le plaisir de découvrir une nouvelle Lettre d’Expression Médicale, une autre façon d’aborder les problème de notre santé. Ce fameux bien que nous nous souhaitons mutuellement en début d’année, comme si, tels des enfants, nous en étions les maîtres.
Dr F-M Michaut, logo d’Exmed

3 janvier
Arnaque médicale
Vous me connaissez, amis exmédiens, il n'est pas dans mes habitudes de dénoncer les pratiques délictueuses de certains (heureusement très rares) confrères. Mais, quand c'est trop, c'est trop, le devoir de délation s'impose à tous, sauf à tomber sous le coup de non dénonciation de crimes ... Ou, à tout le moins, de complicité d’escroquerie.
De quoi s'agit-il? C'était dans le quotidien "Sud-Ouest" de ces derniers jours. Un médecin généraliste d'une charmante petite ville du Lot et Garonne vient d'être interdit d'exercice pour deux mois par le Conseil Régional de l'Ordre des Médecins d'Aquitaine pour <<manquements graves à la probité et atteinte à l'honneur de la profession médicale>>, après avoir été lourdement sanctionné et condamné par les instances judiciaires sur plaintes de la CPAM 47 (Caisse Primaire d'Assurance Maladie du Lot & Garonne).
Il aurait facturé des actes fictifs, tarifé en actes de nuits des visites effectuées de jour, mais surtout il se serait auto-facturé (et donc fait rembourser frauduleusement par l’assurance maladie) des visites effectuées pour lui à son propre domicile !
Non, décidément, trop c'est trop
Dr.Ph.Deharvengt, alias le Père Igor, écoeuré., cliché Exmed

4 janvier
Ca tourne mal
Pour une fois, vous allez devoir derrière votre écran vous prêter à un petit exercice physique. Asseyez-vous les jambes tendues. Puis, faites tourner votre pied droit autour de votre cheville dans le sens des aiguilles d’une montre. Jusque là, c’est facile. Alors, actionnez votre bras droit pour qu’il dessine dans l’air le chiffre six. Et surprise, ce diable de pied droit a tendance à inverser son sens de rotation. Cette amusante manipulation a été transmise par notre colistière Danou Zuinguedau le 1er janvier sur notre liste de discussion. La rédaction, qui a naturellement effectué, et fait effectuer, ces travaux pratiques se pose une question. Existerait-il, dans la foule de nos visiteurs Internautes, quelqu’un qui aurait une idée sur le mécanisme de ce pied rebelle ? Un concours virtuel est lancé. Les meilleures réponses, tant dans le domaine scientifique que dans le domaine poétique ou humoristique seront, si les auteurs nous y autorisent, publiées ici. Au travail ...
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

5 janvier
Quand un euro fait des petits
Les UN euros par consultation médicale à la charge totale de la’ssuré, sensés combler une partie du trou de la Sécu, lorsqu’ils s’accumulent, deviennent un réel problème financier pour certains patients. En effet, que ceux-ci perçoivent 300 euros de revenus mensuels ou bien 3000 euros, le tarif est le même ! Il parait que c’est pour nous responsabiliser ...
Alors si les examens para-cliniques doivent se multiplier (bilans sanguins, imageries médicales, et autres recherches, répétés par nécessité), au bout du compte les UN euro qui s’accumulent peuvent représenter une somme importante.
Cas de figure : une intervention chirurgicale avec l‚avant et l‚après, les contrôles, les bilans et examens indispensables, ou bien encore une pathologie chronique en déséquilibre dont faut réajuster le traitement et qui demande là aussi de nombreux examens.
S’il est acceptable que le patient « contribue » à ses propres soins en versant ce UN euro par examen, l’injustice est flagrante puisque que le tarif est le même que l’on soit malade ou non, aisé ou dans la précarité. Odette Taltavull

6 - 8 janvier
Nos deux lauréats
Comme promis dans notre coup d’oeil du 4 janvier, “ Ca tourne mal” ( lien en bas de page) voici le texte des deux gagnants ex-aequo du concours Exmed. Avec toutes les félicitations de la rédaction.

En se concentrant on peut réussir à faire tourner simultanément la main et le pied en sens inverse, mais alors on ne pourra rien faire d'autre parce que tout le cerveau sera mobilisé !
C'est une bonne solution pour ne penser à rien et se détendre ... sauf qu'on aura pas l'air très malin :))
Pour ce qui est de l'explication scientifique, je n'ai aucune compétence en la matière. alors en tant que profane je dirais que lorsqu'on tente cet exercice, c'est comme si on voulait rouler en quatrième alors que le cerveau reste en première ...
O.Dette

Je me présente à vous les Mains vides:
Les pieds en éventail,
Très résolu à résoudre cette énigme,
j'ai fait des pieds et des mains
et pris ce problème à bras-le-corps:
Devant mon iMac,
Des heures durant j'ai fait le pied de grue,
Je suis même allé à pied, à cheval et en voiture
Chez une chiromancienne décoder les mystères des lignes de ma plante droite,
Mais, las, je n'ai rien trouvé,
Et mérite donc la mort:
SIX pieds droits sous terre
L'on me mettra
Et sur ma stèle on gravera:
G 2 V, Pied Noir…
In Excel 6 deo
G. Deverdin

9 janvier
Parole de professeur (LEM 430)
Quand la santé de nos institutions d’enseignement, des jeunes qui devraient y forger des armes pour leur vie entière, comme de ceux qui y travaillent chancelle aussi ouvertement, nous les citoyens, pouvons-nous rester la bouche close et les bras ballants ? Dans l’attente, de moins en moins acceptable dans l’opinion, qu’une nouvelle réforme imaginée dans les cabinets lointains de nos hommes politiques ne trouve une hypothétique panacée ? Ce sujet, comme beaucoup d’autres, a été débattu dans notre liste de discussion interne Exmed-1. L’une de nos colistières a le courage de prendre la parole pour s’exprimer du fond du coeur. Elle sait de quoi elle parle, Marie Joël, dans sa LEM 430 “ De mes tripes de professeur”. Je vous propose, comme je l’ai fait moi-même, de l’écouter avec la plus grande attention, et de ne pas hésiter à lui écrire directement. Ne devons-nous pas, nous aussi, aider ceux qui enseignent nos enfants et petits enfants à ne pas se soumettre au seul bon vouloir de leurs autorités de tutelle, et de prendre le risque de s’exprimer comme les responsables qu’ils sont toujours, quoi qu’ils en pensent eux-mêmes?
Toute ressemblance avec ce qui se passe dans le monde médical n’est absolument pas fortuite, cela va de soi.
Dr F-M Michaut, logo d’Exmed

10 janvier
Bilan sécuritaire
Il est d’usage en tout début d’année de faire un point sur les acquis, positifs ou négatifs de l’année passée. Les médias nous inondent d’images d’archives, providentielles quand la majorité des journalistes prend ses vacances. Mais outre l’intérêt certain de cette manie oscillant entre l’autosatisfaction et l’autocritique, l’évolution du monde en 2005 nous ouvre une perspective particulièrement intéressante.
J’oserai un résumé brutal : nous sommes devant un gouffre !
Une telle affirmation exige bien entendu quelques explications. En 2005 nous avons assisté, et ce dans tout les domaines, à une explosion des limites. Finis les frontières sécurisantes, les quotas protecteurs, les barrières posées par l’argent dans certains domaines (vous pouvez téléphoner à l’autre bout du monde sans qu’ils vous en coûte un centime) … Autrement dit nous arrivons dans un monde « infini » autant qu’indéfini. Avec comme résultat une remise en question de la notion de sécurité.
Et nous voilà au cœur même d’une question existentielle : qu’est ce qui peut définir la sécurité ? Est-ce vraiment la multiplication des lois, des contraintes, des « garde-fous » ou devenons apprendre très vite que la sécurité tient dans la capacité que nous aurons de redécouvrir le sens du mot responsabilité ?
Nous allons devoir franchir ce gouffre et la façon dont nous le ferons ne tiendra qu’à notre foi en nous, dans les autres et en l’avenir que nous voulons construire pour nos enfants. Bonne Année ! Dr F.Dencuff

11 janvier
Rotavirus
Les gazettes en gazouillent. La grippe aviaire prenant finalement beaucoup de temps à fournir son contingent de morts fortement médiatisés, un de ses collègues au grand pays des virus monte au créneau. Notre épidémie, on la tient : c’est celle de gastro-entérite. Cartes de France, presque d’Etat-Major, largement bariolées, nos télévisions nous livrent , entre la poire et le fromage, la progression de ce méchant rotavirus. Et de nous dire le plus doctement du monde qu’il faut se laver les mains après avoir fréquenté un lieu d’aisance. Nos parents et maîtres d’école, vieillards trépassés, dépassés, radoteurs et ringards, insistaient en plus sur le lavage des mains avant les repas. On n’ose plus aller si loin dans l’autoritarisme. Et pourtant, 500 000 à 600 000 enfants dans le monde mourraient chaque année de diarrhées à rotavirus. De préférence dans les pays les plus pauvres, là où ils sont le plus dénutris, parasités et impaludés. D’après la Lettre du JIM du 9 janvier, un vaccin contre les rotavirus serait en bonne voie de mise au point. Une bonne nouvelle pour tous ces déshérités. Et un petit rappel pour nous les gras et les nantis : des maladies parfaitement maîtrisables chez nous, donc bénignes, demeurent toujours ailleurs de redoutables tueuses quand la (vraie) misère est au rendez-vous.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

12 janvier
Homme/Femme : à chacun son Net
Sur Internet, les femmes préfèrent le courrier électronique et les sites de
santé, les hommes les actualités et le divertissement, rapporte une étude
américaine. Les différences tendent toutefois à s'amenuiser, surtout chez
les jeunes. Source : L’Expansion.com du 29 décembre 2005.
Pour peu, on se croirait revenu dans l'Angleterre victorienne, dans l'un de
ces clubs enfumés où les hommes dissertaient économie et politique, laissant
au dehors leurs femmes s'entretenir famille et art de vivre. Pourtant, un
siècle plus tard, c'est d'Internet dont il s'agit. Dans une étude publiée
jeudi, le Pew Internet and American Life Project, bien connu pour ses
enquêtes sur les comportements des Internautes, pointe après avoir
questionné 6400 Américains les différences d'utilisation de l'Internet entre
les hommes et les femmes. Conclusion : même dans le virtuel, les clichés ont
la vie belle. Ainsi les hommes, terre-à-terre, sont-ils attachés aux faits
et à l'action. Tandis que les femmes, rêveuses, voient dans l'Internet un
moyen d'entretenir leurs relations personnelles.
Qu'en est-t' il pour les Exmédiens / Exmédiennes ?
On n'a pas l'impression, en lisant les messages de ces dames du Temps
présent, qu'elles soient portées à rêvasser, à se regarder le nombril pour
certaines et l'ombilic pour les autres … Au contraire, on note chez toutes une
grande vigueur de pensée, des propos lapidaires au style coruscant chez
notre amie Soize, des protestations véhémentes et justifiées chez
Odette… Non, ces dames qui peuvent nous faire rêver ne sont pas des oies
blanches et n'ont pas la langue dans leur poche, heureusement pour nous :
tapez du pied, râlez encore, étalez vos ressentiments, Exmédiennes amies, ce
sont là vos seules façons, via la Toile, de nous combler !
Dr G. Nahmani, cliché Exmed

13 au 15 janvier
Nos Coups d’Oeil 2005
Cette année encore, remercions notre webmécanicienne Christine Bruzek d’avoir pris le soin de rassembler sur une page d’Exmed tous nos Coups d’Oeil du jour de l’année 2005.
Pour les Internautes curieux, comme pour ceux qui se livrent à l’étude de l’évolution des idées dans la société, cela constitue un ensemble précieux pour notre petit univers de la santé. De quoi avons-nous parlé, et comment ? Notre mémoire est bien courte, les sujets qui nous ont intéressé un moment sont si vite passés de mode, tant notre société de consommation de ce qui est dit l’information nous pousse sans arrêt vers de nouvelles frontières. De plus en plus spectaculaires et labiles , de moins en moins suivies à moyen ou long terme. Contrairement aux simples paroles,les écrits restent, dit-on volontiers. La nouvelle forme de l’expression écrite que constitue l’Internet n’échappe pas à cette règle. Alors, regardons ensemble, fouillons, avec émotion, attention, indifférence, amusement, réprobation, ironie, peu importe. Et que chacun y trouve librement son bonheur, comme dans un grand magasin dont les objets, au lieu d’être vendus ou soldés, sont simplement donnés. Pour consulter les coups d’oeil 2005.
Bonne lecture à tous. Et rendez-vous chaque jour ici pour de nouveaux Coups d’Oeil du jour tout frais.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

16 janvier
Dans le vif du sujet (LEM 431)
C’est de l’avenir immédiat d’une des spécialités chirurgicales, dont chacun de nous peut avoir un besoin vital urgent, qu’il s’agit. La neurochirurgie, puisque c’est d’elle dont il est question, n’est pas une discipline dont on a envie de rire tant sa nécessité saute aux yeux de tous, sans même que l’actualité internationale récente en Israël soit nécessaire pour nous rafraîchir la mémoire. Dans la LEM 431 “ On n’y coupe pas”, vous trouverez les étranges mécanismes qui nous ont déjà conduit à une incroyable situation de pénurie. Si nous en parlons, ce n’est pas pour régler quelques comptes obscurs avec tel ou tel pouvoir qui poursuit aveuglément sa logique de fonctionnement. C’est simplement parce que c’est bien de notre seule santé à chacun qu’il devrait être question avant n’importe quelle autre considération. Même si nous n’avons pas la parole pour infléchir telle ou telle orientation des instances dirigeantes, nous souhaitons utiliser notre possibilité de libre communication pour que le plus possible de citoyens, et donc d’électeurs, puissent se faire leur propre opinion.
Dr F-M Michaut, logo d’Exmed

17 janvier
Finalement rassurant
Lu ce jour dans la e-lettre n°14 - janvier 2006
de la Fondation pour la Recherche Médicale:
Grippe aviaire : le plus gros risque, c'est la psychose !
Les quelques cas humains mortels de la grippe d'origine aviaire ont été diagnostiqués chez des personnes en contact étroit avec des volailles.
Pour relativiser, en tenant compte des connaissances actuelles, l'importance du problème dont nous inondent les gazettes: Envisageons d'abord de faire le compte des centaines de milliers de morts par Paludisme et par les différentes fièvres hémorragiques et autres joyeusetés infectantes dont les continents africain et sud-américain surtout sont prodigues,
Considérons aussi l'hécatombe permanente due à la famine qui sévit en Afrique noire et ailleurs ,
A l'inverse: combien, en Occident chrétien ( pour abonder dans le sens de ceux qui s'insurgent contre l'idée que son Histoire ne serait pas d'abord chrétienne), le diabète et les maladies de surcharge diminuent-ils la population ? Et l'usage de drogues, licites ou non, et la conduite automobile ?
Le virus de grippe humaine classique tue en moyenne 2 500 personnes en France chaque année.
Ceci devrait donc nous autoriser, pour le moment, à continuer de chanter avec Momo (1) " Ah, si vous connaissiez ma pou-ou-ou-oule" et dire à notre conjoint/conjointe/ enfant " mon poulet, ma poule, ma colombe, mon poussin d'amour, mon canard", c'est quand même mieux que " mon cochon d'Inde, ma truie…"
Dr G.Nahmani, cliché Exmed

(1) NDLR : Maurice Chevalier, meneur de revues, acteur et chanteur, fort connu aux USA où il vécut et travailla longtemps.

18 janvier
La Fin des Carnivores ?
Au décours de mes lectures médicales, le résultat d’une étude a retenu mon attention : Le cancer colorectal serait aggravé par l’ingestion de viandes rouges.
D’après l’EPIC (European prospective Investigation into Cancer and Nutrition) qui a suivi pour son exploration ( épique ?) plus de 500.000 personnes dont 366.561 femmes : la fréquence des cancers colorectaux est augmentée chez les amateurs de barbecues. Outre que ce n’est pas vraiment un scoop puisque nos amis japonais nous avaient déjà donné la recette des sushis, je vous le demande, qu’allons-nous manger demain ? Entre les volailles qui toussent et les bœufs et autres moutons qui détraquent nos intestins et les poissons mercurisés nous n’avons plus qu’à manger … des carottes. Certes elles ont le mérite de donner bonne mine et les fesses roses mais de là à nous transformer en lapin … à moins que le costume des bunnies vous tente !
Décidément que ne ferions-nous pas pour devenir éternels ? Et il paraît que la terre tourne rond ! Dr F.Dencuff, cliché Exmed

19 janvier
Les pronétaires
Vous connaissez certainement Joël de Rosnay, ce cybernéticien et professeur qui fut, dans les années 70, l’un des chantres de l’utilisation généralisée de la micro-informatique. Certains se souviennent aussi qu’il fut un propagateur de l’utilisation de la planche à voile, et d’autres que l’un de ses livres à succès se nommait : “ La mal-bouffe”. Notre conseiller auprès du président de la Cité des Sciences à Paris n’a toujours pas sa plume, pardon son clavier, dans la poche. Le voici, selon le blog de Cyril Fievet, qui propose le concept de “pronétaires”. Que veut donc dire ce néologisme, dont le cousinage sémantique avec les prolétaires est probablement plus provocateur que d’inspiration purement marxiste ? Ce serait “ les nouveaux producteurs et acheteurs de biens et services produits par eux-mêmes en ligne”. De façon moins concise, voici le point de vue de l’auteur : “ [...] Je pense que la production massive et collaborative par ce nouveau pronétariat représente une révolution aussi importante que celle du début de l’ère industrielle symbolisée par la machine à vapeur, puis par la mécanisation et l’automatisation intensives. Aujourd’hui, grâce aux nouveaux outils de pouvoir des pronétaires, s’appuyant sur le numérique et l’Internet, cette révolution est encore plus rapide et prend de court les pouvoirs en place. Certes, "l’empire contre-attaque", mais avec des moyens répressifs, juridiques, ou de propagande médiatique, inadaptés. [...] ”. Voilà des propos qui ne sauraient prendre les Exmédiens à contre-pied. Nous qui sommes depuis longtemps des sortes de notaires de la Toile, confrontés que nous sommes à tous les pouvoirs qui cherchent discrètement à nous confisquer notre expression, nous pouvons nous sentir comme des prolétaires. Qui furent, s’en souvient-on, des citoyens romains pauvres, exempts d’impôts, ne contribuant à la puissance de la république que par les enfants qu’ils lui donnaient ( Dictionnaire Hachette 2006) ? Nos enfants à nous, nos impôts, ce sont nos expressions. Alors, allons-y pour être nommés des pronétaires. “ Pronétaires de tous les pays, unissons-nous “, tout un programme idéologique, ou une discrète réalité en train de se mettre en oeuvre sans tambours ni trompettes ? Dr F-M Michaut, cliché Exmed

20-22 janvier
La vue ou le vit
Les pilules contre les problèmes d’érection " pourraient provoquer des
troubles de la vision "
Selon une étude publiée dans le British Journal of Ophthalmology, " les
pilules pour combattre les problèmes d’érection, pourraient provoquer des
troubles de la vision chez les hommes âgés de plus de 60 ans ayant des
problèmes cardio-vasculaires ".
" Le Parisien " qui diffuse cette nouvelle ajoute que " la maladie – rare
puisqu’elle touche annuellement 1 500 à 6 000 personnes aux USA – est
désignée sous le nom de "neuropathie optique ischémique antérieure non
artéritique"
Aussi, vous suppliè-je, frères exmédiens, de vous méfier : soucieux, et l’on vous comprend, de lutter contre certaine faiblesse caverneuse, vous risquez fort de finir par voir…Viagras-double, surtout si vous êtes … ventrus, pansus … et paresseux. Dr Gabriel Nahmani, cliché Exmed


23 janvier
Pas tous calibrés (LEM 432)
Habitués que nous sommes tous à trouver sur nos tables des oeufs, des fruits, des poissons ou des fromages uniformément calibrés, serions-nous intellectuellement conditionnés à cette normalisation obligatoire ? La question n’est pas uniquement philosophique, elle a, parfois, de bien curieuses répercussions pratiques dans l’univers de notre santé humaine. Gabriel Nahmani, dans la LEM 432 - “Hight-tech” animalières pour les obèses - nous montre combien la rationalisation extrême des concepteurs d’appareils médicaux oblige parfois les thérapeutes à faire preuve d’une imagination à la limite de l’irrationnel !
Bon appétit quand même, visiteurs Internautes.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

24 janvier
Chiffres à gogos
Le premier s’étale dans toutes les officines pharmaceutiques de France sur de petites affichettes. Dans les dépenses de l’assurance-maladie obligatoire, dite sécu dans le public, le seul chapitre du remboursement des dépenses d’hospitalisation tournerait autour de 53 %. Plus de la moitié de nos cotisations serait consacré aux seuls soins nécessités par, Dieu merci pour la majorité d’entre nous, nos bien rares et bien brefs séjours en établissements de santé. Comme c’est curieux, on ne nous parle partout que des dépenses de médicaments et d’honoraires médicaux, fossoyeurs patentés du trou de la sécurité sociale, et responsables uniques de ses multiples dérapages.
Le deuxième chiffre concerne également l’hôpital. Selon Mediscoop du 18 janvier, citant l’Humanité et le Parisien, la part des dépenses d’hospitalisation restant à la charge financière des assurés ( le fameux ticket modérateur) serait discrètement passé de 20 à 60 %. Oui, vous avez bien lu. Qui paye alors, ce qui peut atteindre 140 euros par jour dans certains services ? Et bien les gogos que nous sommes. Soit directement et tout de suite quand nous sommes trop pauvres pour nous offrir une mutuelle complémentaire, soit un peu plus tard quand notre assureur répercutera le prix exorbitant de ce surplus sur nos primes d’assurance. Qui en a décidé ? Mais, en toute confidentialité, les conseils d’administration de nos hôpitaux. Comme si cela ne suffisait pas, voici notre troisième et dernier chiffre. La propagande officielle nous a vanté les mérites de ce qui est nommé : le parcours de soins, tout en nous faisant obligation de désigner sans tarder notre moniteur de gymnastique, pardon notre généraliste meneur de jeu. Il parait que tout le monde doit y gagner, tant du côté des patients, que de celui des praticiens et enfin de celui des gestionnaires financiers. La lettre hebdomadaire du JIM du 16 janvier est formelle : selon le sondage qu’elle a réalisé, 63 % des praticiens sont persuadés que le parcours des soins va dégrader la qualité des soins aux patients. Quand plus de six personnes sur dix ne croient pas au bien-fondé du système qu’on leur impose, qui peut être assez gogo pour croire que nous allons être mieux soignés ? Question subsidiaire : consulter directement les professionnels concernés avant de décider d’une réforme à l’ère de l’informatique est-il encore impensable dans nos instances pensantes ? Nous les gogos, on aimerait quand même bien le savoir. Dr F-M Michaut, cliché Exmed

25 janvier
Suicides au travail
Jadis limités au seul monde agricole étranglé financièrement, où sont confondus le lieu d’habitation et de travail, entre 300 et 400 salariés se suicideraient en France sur leur lieu de travail (Estimation d'après la seule enquête quantitative menée en 2003 par l'inspection médicale de Basse-Normandie). Ce phénomène s’est développé depuis environ 8 ans ( Stéphanie Bia). Le Dr Christophe Dejours, psychiatre et directeur du laboratoire de psychologie du travail, le qualifie de cliniquement nouveau. Aucune catégorie de la hiérarchie ne semble épargnée, des ouvriers aux cadres. Le lien avec le contexte du travail semble bien établi, et souvent par les victimes elles-mêmes. Il semblerait ( Revue Travailler : « Nouvelles formes de servitude et suicide », vol. 13, pp. 53-73, 2005. Christophe Dejours, également auteur de Souffrance en France, la banalisation de l'injustice sociale, Seuil, Paris. ) qu’il y ait comme facteur favorisant une dégradation profonde du “vivre ensemble”, qui laisse les sujets très seuls devant ce qui est vécu comme l’arbitraire de l’entreprise. Colère, honte et défaite sont des sentiments encore aggravés quand les convivialités, les solidarités traditionnelles au travail, comme celles des syndicats, se sont délitées. Dejours nous dit : “ N'arrivant plus à gérer le conflit qui les opposait à une hiérarchie ou à des collègues, elles ( ces personnes) ont perdu confiance en elles et retourné cette violence contre elles. Soulignons que ces personnes étaient souvent zélées, brillantes, sociables. Elles avaient beaucoup investi dans l'entreprise et n'ont pas supporté d'être injustement déconsidérées, rétrogradées ”.
L’ampleur du phénomène, par exemple en songeant aux quelques 5000 décès de la route en France, mérite qu’il soit largement connu dans le public. Non pas pour instruire un bien inutile procès, pas d’avantage pour qu’une autorité quelconque tente d’y mettre fin d’un coup de baguette magique de son lointain bureau, mais pour que chacun puisse, dans sa sphère personnelle, se poser la question de la façon dont les relations humaines sont respectées. L’humain n’est pas une ressource comme le pétrole qu’il faille gérer mathématiquement au même titre qu’une marchandise. L’homme n’est pas personne, il est une personne. Ce bien unique, ce précieux et fragile personnel doit être dirigé avec talent pour qu’il donne le meilleur de lui-même. Autrement dit, il serait intéressant que nos grands esprits s’interrogent sur le bien-fondé de la substitution récente de la gestion des ressources humaines en lieu et place de l’ancienne direction du personnel. Simple question de mots ? Pas vraiment quand on constate de tels maux. Dr F-M Michaut, cliché Exmed

26 janvier
Médecin mauvais malade
<<Le médecin, un malade difficile>>, tel était le titre choc du Q.d.M. du 19/01/2006.
<<Très rares sont les médecins qui ne recourent jamais à l'automédication: moins de 1% des lecteurs qui ont répondu au questionnaire du "Quotidien". Car ils n'ont pas de temps à perdre et, d'ailleurs, 97% ne s'accordent jamais d'arrêt de travail. Mais l'enquête montre aussi que l'effet sur eux-mêmes de certains traitements peut modifier leurs habitudes de prescription. Être à la fois médecin et malade, c'est inconfortable. Et médecin qui soigne un autre médecin, ce n'est pas non plus une sinécure, même si la plupart le font volontiers.>>
Oui, et de plus, ils le font gratuitement, conformément au Serment d'Hippocrate.
Mais, quand le médecin malade s'autoprescrit un traitement, ne devient-il pas un médecin-cobaye?
Dr.Ph.Deharvengt, alias le Père Igor

27-29 janvier
Pas KO le hoquet
Épatants, ces scientifiques. Il faut toujours qu’ils se posent de drôles de questions. Ainsi Christian Straus et col. ( Pitié-Salpétrière à Paris) se sont demandés pourquoi nous avions le hoquet. Vous savez ce curieux bruit de fermeture de la glotte quand notre diaphragme se contracte brusquement. Dans la revue BioEssays ( vol.25, p. 182-88 ) nos chercheurs font remonter l’affaire à la bagatelle de 370 millions d’années. C’est l’époque à laquelle des poissons non conformistes commencèrent à respirer de l’air frais. Et bien des animaux munis à la fois de branchies comme les poissons et de poumons comme nous, des amphibiens dit-on, présentent le même étrange réflexe de hoquet. A quoi ça leur sert ? A envoyer de l’eau dans leurs branchies sans inonder leurs poumons. Et oui, nous les humains, nous garderions dans notre héritage neuronal actuel un système de sécurité qui nous permit il y a longtemps de respirer à la fois de l’air et de l’eau. Serions-nous d’incorrigibles conservateurs ? Et bien, il parait que non. Ce fameux hoquet permettrait au nouveau-né de ne pas rater sa première tétée en inondant ses petites bronches tout juste entrées en fonction. En un mot, c’est une façon de dire OK à la vie sans devenir tout de suite KO.
Cet écho aussi sonore que cocasse est parvenu à Exmed grâce à la diligence du Dr Olivier Walusenski, notre excellent collègue du merveilleux site consacré au bâillement http://www.bâillement.com . Son auteur est Edouard Launet, qui a signé le livre : “ Au fond du labo à gauche, De la vraie science pour rire “ (Seuil 2004) Dr F-M Michaut, cliché Exmed

30 janvier
Humain, où es-tu ? (LEM 433)
Quand une maladie qui fait peur, et à juste titre, à la population devient un enjeu politique au plus haut niveau, voici ce que cela donne. Françoise Dencuff dans la LEM 433 “ Y-a-qu’à “ nous montre comment on peut, de son bureau, mettre en place une immense machine à grand spectacle dans laquelle on oublie juste un petit ingrédient. Oh, l’un de ceux qui semble toujours disposer d’un bien maigre poids face à tous les pouvoirs des puissants. Les nobles déclarations n’y changent rien, l’humain, celui des malades, celui des familles et même celui des soignants est, tout simplement, hors sujet. Est-ce vraiment de cela que nous avons majoritairement envie ? Que chacun trouve sa propre réponse.
Dr F-M Michaut, logo d’Exmed

31 janvier
Rapport de crise
L’Ordre National des Médecins vient de publier son deuxième rapport sur les spécialités en crise. Parmi elles figure la Médecine générale ( MG). En résumé moins de 80.000 médecins pratiquent réellement la médecine générale en France métropolitaine, leur âge moyen est de 44,9 ans chez les femmes et de 47,5 ans chez les hommes. Les femmes généralistes sont majoritaires chez les moins de 40 ans. Malgré une densité moyenne en hausse sur le territoire (133,3/100.000 habitants en 1984, 174,3/100.000 habitants en 2004), 25 départements comptent moins de 1 médecin généraliste pour 100.000 habitants et 7 dans lesquels la part des plus de 50 ans est supérieure à 47 %. A ce petit jeu de chiffre c’est le sud de l’axe Bordeaux - Metz qui s’en sort le mieux.
Plus intéressants sont les commentaires des rapporteurs sur le manque d’engouement des jeunes générations pour ce beau métier. (En 2005 1000 postes sur 2400 proposés au choix à l’issue du Concours National de l’Internat, n’ont pas été pris.)
Tout d’abord et malgré la loi votée en 1997, les stages en cabinet de Médecine Générale ne sont toujours pas mis en place.
Il existe un manque crucial d’informations sur le rôle du MG aggravé par la mise en place du parcours de soins qui présentent le MG comme un simple aiguilleur permettant d’être mieux remboursé.
L’image du généraliste dans les médias est dévalorisée, les actes moins bien payés que ceux des spécialistes malgré le peu d’actes techniques permettant un rattrapage (entre 2003 et 2004 les bénéfices moyens d’un généraliste ont chuté de 3900€), la multiplication des tâches administratives, malgré les promesses politicardes, n’est toujours pas prise en compte dans la rémunération (par exemple la mise en place du Dossier Médical Partagé). Sans compter l’isolement d’une grande partie de nos confrères. Autant de « bonnes raisons » pour devenir radiologue ! Pour être totalement juste malheureusement d’autres spécialités sont malmenées par une politique de santé qui vise l’exceptionnel au détriment du quotidien (obstétrique, anesthésie…)
Alors devant de telles constatations il faut bien que nous nous posions la question d’une véritable politique de « mise à mort » de la profession de généraliste.
Pourrait-on aller jusqu’à la suspicion d’une volonté affichée ? Le futur nous le démontrera car il est certain qu’une population malade et ignare est beaucoup plus facile à manipuler.
PS Je suis à la disposition de toutes celles et ceux qui voudraient copie du rapport intégral.
FD

1er février
Vos encouragements
Sur la Toile, ce n’est pas comme dans un stade. La clameur des supporters, pas plus que les sifflets des détracteurs ni même des arbitres ne nous parviennent pas directement sur l’écran de nos machines. Un peu comme si une loi non-dite du silence régnait comme dans un office religieux. Nous qui proposons aux Internautes nos publications, nous ne disposons guère que de bien mécaniques compteurs d’audience pour avoir une petite idée pour savoir si nous sommes perçus.
Bien entendu, comme c’est généralement le cas dans le domaine du vivant, c’est bien plus leur variation que leur valeur absolue qui est riche d’enseignements pour analyser une situation.
Vous les visiteurs, à chaque fois que vous cliquez sur une page du réseau des réseaux, dit par certains le web, c’est comme si vous votiez. Un site comme celui-ci ne cherche pas à attirer les visiteurs par des méthodes inspirées du monde commercial ou de la presse. On n’y vient pas par hasard, et on n’y revient que si on y trouve un certain intérêt.
Entre le mois de janvier 2005, et le mois de janvier 2006, pour comparer ce qui est comparable, le nombre de vos visites a augmenté de 40%. Le nombre des pages consultées a subi une plus modeste augmentation de 25%. Ca, c’est vous qui en avez décidé, en toute liberté. Soyez-en remerciés.
Chacun, cependant, peut ( doit ) se poser légitimement la question de la véracité de ces chiffres. Le corps médical n’est pas à l’abri de toute critique. Ainsi le Dr Jon Suboe est accusé d’avoir inventé de faux patients dans des recherches publiées par le Lancet et le New England Journal of Medicine ( revues prestigieuses) sur un lien éventuel entre la prise de médicaments anti-inflammatoires et le cancer de la bouche. Ceci lui aurait permis d’obtenir un don de 8,7 millions d’euros de l’institut du cancer américain.
Source : QDM du 24 janvier. Dr F-M Michaut, cliché Exmed

2 février
Et toujours des millions
Pour lutter contre l’extension de ce qu’on nomme les déserts médicaux français, rien ne vaut une bonne pluie... d’euros. Le QDM du 27 janvier barre sa une d’un : “ Démographie : un plan de 35 millions”. Étrange manière de faire disparaître nos problèmes de société que de leur appliquer systématiquement ce genre “ d’eurothérapie”. Nos syndicats médicaux seraient satisfaits. Et pourtant ! On part du postulat qu’il existerait au niveau national une masse de jeunes médecins généralistes qui cherchent à ouvrir un cabinet privé. Il n ‘y a plus qu’à mieux répartir les médecins de famille sur le territoire, et allons-y pour les mesures incitatives ponctuelles.
La vérité est infiniment plus sérieuse : nous aurons PARTOUT en France un déficit de généralistes en 2010, soit dans 4 ans. Le nombre des professionnels diminuera, faute de remplacement des plus anciens, et rien n’a été fait pour que ce drame de notre système de santé ne se produise pas. Nous en parlons souvent à Exmed, en pointant régulièrement du doigt l’indigence extrême de la discipline médicale essentielle qu’est la médecine générale. On ne peut pas avoir envie de devenir un médecin généraliste dans un système de formation où jamais on ne rencontre un seul généraliste au cours des deux premiers cycles universitaires. Ce sont des hommes aimant assez leur métier pour le faire aimer aux jeunes étudiants dont on a le plus urgent besoin. Les gros sous, c’est avant tout à cela qu’ils devraient être employés si on avait le vrai souci de former les médecins dont on a, et on aura toujours, le plus grand besoin pour nous soigner. Pas très spectaculaire, pas très médiatique, pas très électoral, pas très technocratique ? Ce qu’en pensent tous les malades , on le sait parfaitement. Le médecin généraliste est plébiscité plus que tout autre profession dans tous les sondages d’opinion. Alors, à quoi joue-t-on ?
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

3 au 5 février
Vingt ans après sa mort.
En flanant dans une librairie, la bande annonce rouge d’un livre est sautée aux yeux du fouineur. Un ouvrage qui aurait eu 3 millions de lecteurs serait encore inédit ( car inédité) en France ? Un titre accrocheur : le sens du bonheur. Commerciale traduction de Think on these Thinks, paru en ... 1964 ( Harper Perennial New-York). L’auteur qui vécut de 1895 à 1986 est l’un des esprits les plus indépendants qui soit. Jiddu Krishnamurti est né en Inde. A l’âge de 13 ans il a été choisi par la société théosophique ( fondée à New-York en 1875, d’inspiration religieuse et établie à Madras) qui voyait en lui “ l’Instructeur du monde”. Ni oriental, ni occidental, le jeune homme prononça la dissolution de la vaste et riche organisation. Jamais il ne voulut être considéré comme un guide spirituel ou un gourou, mais défendit une idée simple. Les transformations de la société ne peuvent se faire qu’au terme de la transformation des individus eux-mêmes. Refus de tout type d’autorité, rejet absolu des religions, des sectes et de tout type d’autorité.
Serait-ce une attitude mentale tellement révolutionnaire que nous Français, pourtant si fiers de notre propre Révolution, ayons du attendre 42 ans pour oser diffuser cette inclassable philosophie ? Si vous vous lancez dans cette lecture, peu importe qu’elle puisse vous convaincre ou non, vous avez une assurance. Vous n’y perdrez pas votre temps, et vous en sortirez enrichi.
( Krishnamurti, Le sens du bonheur, Stock 2006, 18 euros)
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

6 février
Paraboliquement votre (LEM 434)
Paraboles, fables et contes, la recette n’est pas jeune. Et, dans nos souvenirs à tous, peuplée d’esprits d’excellente facture et illustre compagnie. Comment conduire à réfléchir autrement à quelque chose qui nous touche de si près que nous en devenons myopes ? L’actualité est trop brûlante pour qu’on puisse l’approcher ? Tels des pompiers, enfilons d’autres habits, sans pour autant perdre de vue ,cela va de soi, que toute comparaison est vite déraison si ce n’est trahison. Vous êtes prêt à prendre ce risque avec nous ?
On y va, avec la LEM 434 qui vous propose son Conte du Kanem. Dépaysement, chaleur, sable et soleil garantis. Pour le reste, à vous et à vous seul de juger. A vous encore de décider en toute liberté si vous souhaitez ensuite faire part à l’auteur de votre point de vue.
Dr F-M Michaut, logo d’Exmed

7 février
Quand trop de protection
Tout simplement, tue la protection. La première assurance mutuelle des médecins de France n’assurera plus les obstétriciens d’exercice privé. C’est ce qu’annonce la presse ( Mediscoop du 27 janvier ). Pour quel motif ? La Cour de cassation vient d’annuler la rétroactivité de la loi anti-Perruche.
On se souvient que l’arrêt Perruche a permis aux juges de condamner les médecins à verser des indemnités considérables en cas de défaut de diagnostic de malformation foetale durant la grossesse. On a beaucoup reproché à la justice des Etats-Unis de rendre l’exercice médical de plus en plus coûteux en primes d’assurances, du fait de sa facilité à verser de fortes indemnités aux plaignants estimant avoir subi un préjudice. Il va être intéressant d’observer comment nous allons nous sortir de cette impasse, qui risque encore de porter un coup majeur à une discipline déjà en voie de disparition. Qu’en pensent donc nos futures mères, et leurs conjoints ?
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

8 février
Traitement de fond
Même si « ça a l’air plutôt amusant, et c’est peut-être pour cela qu’il donne de bons résultats » commente  le Pr Kian Fan Chung, spécialiste de l’asthme au National Heart and Lung Institute de l’Imperial College de Londres, le traitement des maladies respiratoires et de l’asthme par la spéléothérapie n’est pas une thérapie loufoque.  La spéléothérapie a fait son apparition en Pologne dans les années 50, et s’est répandue dans le centre et l’est de l’Europe, tout en restant pratiquement inconnue ailleurs.  Les  médecins avaient observé que les mineurs, extrayant  le sel des  mines souterraines, souffraient rarement de maladies respiratoires et de tuberculose. Le sel contenu dans l’air de la mine dissoudrait les mucosités présente dans les bronches et détruirait les agents infectieux. D’où l’idée de reconvertir les mines de sel -réservées à l’époque soviétique aux dissidents et aux criminels- en centres de spéléothérapie. En Ukraine, à Solotvyno, se trouve un centre pilote qui reçoit environ 6000 personnes par an. Les médecins de l’hôpital allergologique de Solotvyno prescrivent à leurs patients atteints de troubles respiratoires une cure sous-terre,  dans les tunnels scintillants de sel. Le micro-climat des tunnels améliorerait la résistance aux allergènes de l’appareil respiratoire.
Pour un après-midi ou une nuit, et à raison d’une vingtaine de séances, les malades descendent par un ascenseur dans la mine suivre leur cure. À une température ambiante de 22 degrés, l’unité de spéléothérapie peut accueillir 200 personnes - un tiers sont des enfants- réparties dans des lits regroupés dans des alcôves creusées dans le roche et éclairées par des tubes fluorescents. L’ambiance y est des plus conviviales. 
La cure permettrait de réduire de 90 % les symptômes de gêne respiratoire pour une période pouvant aller jusqu’à 3 ans et pour l’asthme jusqu’à 15 ans. Implanté dans le puits n°9, ce centre est unique au monde car ses tunnels sont les plus profonds à être utilisés aux fins de ce traitement insolite. La fin de la Guerre Froide a du bon! Cet ancien goulag, devenu aujourd’hui un complexe luxueux,  se transforme en « une  mine d’or » grâce à une clientèle privée d’Américains, d’Allemands et de Polonais qui déboursent 13 livres (19 €) par jour pour respirer "le bon air" des profondeurs salines.  Par ailleurs, sans qu’il soit possible d’affirmer qu’il y ait un lien de cause à effet avec la couverture  des frais de fonctionnement de l’unité thérapeutique, la mine de sel est toujours en activité. Chaque jour, les mineurs descendent  aux autres étages pour l’exploiter. Voilà qui ne déplairait pas à Alexeï Grigorietvich Stakhanov (1950-1977), “mineur de choc” et promoteur du stakhanovisme !
Sources: Courrier International n°793-12 janvier 2006
Les mines de sel, c’est bon pour l’asthme, Tom Parfitt, The Guardian
N. Bétrencourt, cliché Exmed
             
             9 février
Elle aime D.
Pardon, il s’agit de L.M.D. Encore un sigle, certes cousin à l’oreille du sulfureux L.S.D., mais qui veut banalement dire : Licence, maîtrise, doctorat. C’est notre respectable académie de médecine qui plaide pour que ce système d’études supérieures adoptée par l’Europe soit appliquée en France pour les études de santé ( Généraliste du 2 février). On résume : trois années de licence, deux années de “master” puis trois à cinq années de doctorat. Nos sages labellisés proposent une sélection juste après le bac. On accepte directement ceux qui ont le meilleur dossier ( comprendre la meilleure mention au bac), puis on complète cet écrémage par un concours au mois de septembre pour obtenir les effectifs souhaités. Nos patients seront-ils satisfaits par les soins de praticiens sélectionnés par leur seule capacité de passer avec succès des épreuves intellectuelles ? Comme nous l’évoquons régulièrement dans ce site, la capacité humaine des médecins, pour simplifier leur intelligence émotionnelle, continue de n’avoir, en apparence, pas la moindre importance aux yeux de nos pontes pour décider qui sera ou ne sera pas soignant. Combien de générations faudra-t-il, combien de dérives terrifiantes au nom de la santé, pour qu’une idée très simple fasse son chemin ? Personne ne peut exercer correctement un métier, aussi simple ou aussi complexe soit-il, s’il ne l’aime pas profondément. Devenir médecin tout simplement parce qu’on a obtenu une mention bien au bac ( exactement comme actuellement les meilleures notes au concours de première année ) conduit inexorablement à une catastrophe humaine dont tout le monde fait les frais.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

10 au 12 février
Affaire d’Etat
Pendant des siècles, et jusqu’aux dernières années, le prix du pain était fixé par la loi. Selon les historiens, le manque de pain, principal aliment dans la population pauvre, aurait été l’un des facteurs importants du déclenchement de la Révolution de 1789. Le prix du pain n’est plus un enjeu politique majeur et chaque boulanger le fixe à sa guise.
Le Quotidien du médecin du 6 février barre ainsi sa une : “ Honoraires : l’arbitrage politique”. Les organisations de médecins et la direction de l’assurance maladie obligatoire ne parviennent pas à trouver un accord sur l’augmentation du tarif des honoraires des médecins. Plus exactement il s’agit de la valeur de la consultation du généraliste. Demander ainsi au Gouvernement de servir d’arbitre n’est-il pas, de la part de notre profession, une façon de reconnaître que c’est lui le véritable patron de la médecine et des médecins eux-mêmes ? Est-il sain, quelles que soient les raisons économiques avancées, que la relation médecin malade subisse en douce une modification systémique aussi fondamentale ? Dans la relation implicitement acceptée on aboutit au trio médecin-malade-Etat. Comme dans un vaudeville, avec tout son cortège de quiproquos mais la légèreté en moins, pour qu’un équilibre puisse s’établir l’un des tiers doit disparaître.
A quoi allons-nous assister à terme ? Une médecine médecin-malade, une médecine malade-Etat ou une médecine Etat-médecin ? Ce serait intéressant de savoir quel est le désir des uns et des autres.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed
13 février
Parlons de nos infirmières (LEM 435)
Et oui, même si on est contents de pouvoir les rencontrer quand la maladie nous frappe, on en parle peu. Y compris dans ce Site. Sous nos yeux, pourtant, elle deviennent de plus en plus infirmes, les infirmières. De moins en moins disponibles pour soigner, pour être au côté des malades. Voilà qui mérite bien que nous accordions quelques instants à la lecture de la LEM 435 “ Les infirmières”, dans laquelle Françoise Dencuff nous révèle une évolution professionnelle qui n’est pas particulièrement réjouissante pour tous les malades potentiels que nous sommes. Une fois encore, est-ce vraiment ce que souhaite la majorité d’entre nous ?
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

14 février
Faut-il couper ?
<<La circoncision protégerait la femme du VIH>>. C'est ce qu'indique le Q.d.M. du 09/02/2006. Et de poursuivre: <<Une revue statistique présentée à Denver au congrès sur les rétrovirus révèle le moindre risque de transmission du VIH par les hommes circoncis à leur partenaire féminine. Elle est source de controverses. [...] Le VIH se fixerait plus facilement à la muqueuse du prépuce. Il y en aurait 9 fois plus que sur le revêtement cutané externe. D'où l'intérêt de l'intervention. [...]. >>
Mais alors, la transmission du VIH serait-elle moins fréquente chez les Juifs? A suivre... <<Allo, Rabin Cohen? coupez pas bon Dieu !>> C'était un sketch des regrettés "Frères ennemis".
Cordialement vôtre. Dr.Ph.Deharvengt, alias le Père Igor

15 février
Baiser mortel
Selon le département de psychologie du Western State College Gunnison ( E.U), un baiser abrégerait la vie de 3 mn, et ce par accélération funeste du rythme cardiaque :
- Moins UN jour pour 480 baisers,
- Moins une semaine pour 3360,
- Moins un an pour 175000.
Les hypocondriaques consommeront avec modération dit l’article paru dans le dernier supplément de l’Express.
J’ajouterai ces doctes conseils :
- si vous devez embrasser, faites-le du bout des lèvres, modérément donc, pas de french kiss profond, baveux, risquant de ramener un implant dentaire ou des débris alimentaires…
- et, si vraiment, vous voulez embrasser à tout prix, que ce soit une carrière vous éloignant à tout jamais du sexe opposé ( encore que, actuellement…), vous finirez vos jours, rassasié d’années, d'années de solitude affective et de sécheresse labiale.
Quant à moi, étant donné mon âge et mes antécédents ludiques, je crois que je n’ai plus grand chose à faire d’autre qu’un testament rapide, ma Fin approcherait à grand pas…si j’en crois le département de psychologie en question… Dr G. Nahmani, cliché Exmed

16 février
Calin... électronique
En fait, il s’agit ici d’Icalin. Une traduction de ce sigle s’impose : indice composite des activités de lutte contre les infections nocosomiales. Ce n’est pas forcément digeste pour qui ignore qu’il s’agit des maladies attrapées au cours d’un passage en milieu hospitalier. Naguère, on parlait simplement “ d’hospitalisme” en pédiatrie. Notre ministère de la santé vient de publier sur le Net un classement des hôpitaux en fonction de leur score Icalin. De là à penser que la mise en tableaux statistiques du bien classique “ primum non nocere” ( d’abord ne pas nuire) soit pris par le public comme un guide des endroits où on est le mieux soigné, il n’y a pas loin. Comme nous sommes en France, depuis Beaumarchais, tout finit par des chansons. Car, cerise sur le gâteau, il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit là que des résultats de 2003 et 2OO4 ! ( source : QdM du 8 février ). Dr F-M Michaut, cliché Exmed

17 au 19 février
Note salée
Nous serions en France 5 millions d’adultes obèses et 14 millions en surpoids. Un argument de poids pour émouvoir le ministère de la santé, et son armée de conseillers (QdM du 8 février). L’un des projets pour atténuer nos rondeurs fait tousser le monde de l’industrie agro-alimentaire. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’instaurer une taxe sur les produits les plus sucrés et les plus salés. Si notre tour de taille de mangeurs de grenouilles n’est pas ainsi forcément à la baisse, le volume du porte-monnaie du consommateur ainsi ponctionné maigrira mathématiquement. Messieurs nos puissants maîtres, pourrions-nous vous demander, avec la plus extrême politesse, bien vouloir cesser de tout, absolument tout, faire pour notre bien à notre place ? Nous n’en pouvons plus, au point d’en tomber malades.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

20 février
A la limite (LEM 436)
Quand on commence à parler de la mort, les humains prennent facilement une tête d’enterrement. Comme à Exmed, on ne recule devant aucune difficulté, notre LEM 436 signée par Nicole Brétencourt ( Aux portes de la mort ) nous invite à faire un curieux voyage avec ceux qui auraient vécu des expériences proches de la mort. Et, naturellement, en seraient revenus. Peut-être y récoltons-nous plus de questions que nous n’avons de réponses. Contrairement à ce qui est si souvent le fruit de notre imagination les notions de souffrance ou d’angoisse semblent étrangement absentes de ces témoignages d’une réalité que nous ignorons totalement.
Dr F-M Michaut, logo d’Exmed

21 février
De la terre à la bouche
Vérités d’hier, erreurs aujourd’hui ? Lu dans le JIM du 17/02: Laissez les enfants jouer dans la terre:
Le rôle protecteur vis-à-vis de l’allergie, de la vie à la ferme et particulièrement du contact avec les animaux a été montré dans plus de 30 études au cours des 6 dernières années.
Or, qui dit contact avec les animaux de ferme dit contact avec les micro-organismes du sol et de la végétation. Il y a ainsi moins d’allergiques parmi les sujets ayant un mode de vie " traditionnel " (manipulation de compost, de fumier, de bois, régime alimentaire riche en légumes fermentés…).
Or, nous avons tous appris, jadis, que jouer avec la terre pour des enfants conduisait parfois à de la géophagie, dite PICA : l’enfant goûte et mange ce qu’il (nah)manipule, terre, graines, cailloux, insectes…et cela engendre une anémie par manque de fer que je me garderai bien d’expliquer ici. L’enfant, ainsi habitué à se goinfrer, risque fort de devenir plus tard un PICAssiette, à bannir de vos relations.
Dr G. Nahmani, cliché Exmed

22 février
Haleine déchargée
Comme chaque fois que des responsables pensent régler un problème de comportement individuel par un dispositif général, si possible technique, un moyen de contournement naît dans un esprit inventif. Personne ne discute le danger d’une consommation importante d’alcool pour la conduite routière. Nos députés ont fixé le taux d’alcoolémie limite à 0, 5 gramme d’alcool par litre de sang. Il semble ( France Info du 20 février ) que l’on puisse acheter dans le commerce un produit nommé Security Fell Better. Il s’agit d’un produit qui serait capable de faire baisser le taux d’alcoolémie en cas de contrôle des forces de police, après une consommation importante. Bien entendu, aucun produit ne peut éliminer l’alcool ingéré par un organisme. Les effets sur le système nerveux - donc sur le comportement- sont mathématiquement dépendants de la dose ingérée.
La trouvaille ne peut alors être que celle d’un simple masque chimique, uniquement capable de brouiller la méthode de lecture du taux d’alcool. Il semble important que les consommateurs comprennent bien la limite du produit. Certes, cela peut permettre de passer sans ennui à travers un contrôle policier, mais le risque d’accident demeure identique. Difficile de se sentir plus en sécurité dans de telles conditions. Surtout pour les autres usagers qui respectent la règle du jeu sans tricher comme des sportifs qui se dopent. Car la méthode semble bien être la même.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

23 février
Vivent les inconnus
Le grand cirque blanc des jeux olympiques bat son plein. Pour le spectateur des retransmissions télévisées, la sanctification des chauvinismes nationaux, avec leurs drapeaux et leurs hymnes aux accents guerriers, peut vraiment sembler d’une époque déjà morte. Par contre, il est réjouissant de constater que des sportifs inconnus des faiseurs d’opinion, donc du public, parviennent à décrocher des places d’honneur bien plus souvent que des vedettes patentées. Les grands sorciers des coulisses du sport et des fabriques de champions battus sur le terrain par de modestes et talentueux artisans, avant tout animés par l’amour de leur discipline, voilà qui mérite d’être médité. N’y aurait-il pas, dans notre monde de la santé qu’on cherche tant à standardiser et à industrialiser, des phénomènes du même type : une juste place pour des humains de qualité ?
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

27 au 26 février
Perte carabinée
Si l’on en croit le Parisien ( Mediscoop du 21 février ) 80 % des étudiants en médecine de première année ne parviendraient pas à franchir le concours de passage pour être admis à poursuivre leurs études. Le ministre chargé de l’enseignement supérieur s’est ému de cette réalité. Pauvres carabins, de quel mal mystérieux, de quel tare indicible êtes vous atteints pour que notre société française trouve tout naturel de vous faire subir une telle épreuve ? Sans d’ailleurs le moindre égard pour la masse de ceux qui n’iront pas plus loin dans leur projet professionnel. N’épiloguons pas sur l’attitude des associations étudiantes qui sont les premières à soutenir le maintien d’un tel système. Songeons plutôt à qui une telle sélection peut nuire le plus. A ceux qui ne sont pas, et ne veulent pas être, des machines à tout mémoriser et à réussir coûte que coûte en écrasant les copains sans aucun état d’âme. Futurs médecins dotés de sensibilité, d’intelligence émotionnelle, de générosité de coeur, passez votre chemin. Tout est fait pour vous broyer, pour faire de vous des machines à obéir les yeux fermés et le porte-monnaie ouvert : si vous résistez à ce système inhumain fondé sur une compétition n’ayant aucun rapport avec la réalité et la vie, la porte du métier que vous avez vraiment envie de vivre vous sera fermée au nez. Jeunes gens dotés par dame Nature d’un solide narcissisme constitutionnel, et mieux encore d’une pointe de perversité c’est vous qui avez les meilleures chances de devenir médecins. Ce qui ne veut pas dire du tout que vous serez les meilleurs médecins pour nous soigner. Le plus lamentable devant ce gaspillage humain, c’est que nous savons parfaitement que dans dix ans, nous les malades de France, nous manquerons de ... médecins généralistes et de certains spécialistes.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

27 février
C’est si simple (LEM 437)
Quand on entend régulièrement des gens dire à leur médecin qu’ils se rendent à leur travail tous les matins la peur au ventre, il est légitime de se demander ce qui ne va pas. Certes dans les modalités d’organisation de nos activités, dans leur cadre juridique, mais, avant tout, dans notre propre tête. Voici le terrain que tente d’explorer notre LEM 437 avec “ Aimer ce qu’on fait “ en ligne ce jour sur notre site. Bonne lecture, et n’hésitez surtout pas à exprimer votre propre vision des choses. Tout, absolument tout sur ce site peut être remis en question en toute liberté et en toute indépendance.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

28 février
Ne soyez pas pressés Chers confrères urgentistes, quand vous êtes appelés à intervenir sur une urgence médicale, veillez bien à prendre tout votre temps. Les patients peuvent attendre, les forces de l'ordre (qui n'est pas l'Ordre des Médecins) n'attendront pas pour vous sanctionner si vous êtes "flashés" par un radar automatique. C'est ce que nous indique le Q.d.M. du 20/02/2006: <<Voitures d'urgentistes verbalisées. Des radars parfois aveugles.>> Et de nous expliquer que les radars ne tiennent aucun compte du caractère urgent et parfois vital de votre déplacement. Il vous faut alors contester la sanction, ce qui sera très long, très fastidieux et souvent inefficace. Voici de quoi susciter des vocations d'urgentistes, et vous inciter à participer aux gardes dans le cadre de la permanence des soins. Bon courage! Bien confraternellement vôtre. Dr.Ph.Deharvengt, alias le Père Igor

1er mars
Chacun voit le diable à sa porte
Lyon accueillait la semaine dernière un congrès national d'exorciseurs ( Lu dans Marianne du 11/02). Tous les deux ans, la centaine de prêtres exorcistes français se réunit ainsi pour discuter actualités, problèmes, et nommer 15 nouveaux exorciseurs. A cette occasion, ils ont tenu à ré- expliquer leur rôle : distinguer les malades mentaux des vrais possédés. C'est bien simple : le possédé, le vrai, « émet des gémissements incompréhensibles et souffre atrocement ».
Ainsi donc, amis exmédiens, quand vos coliques néphrétiques vous feront frénétiquement souffrir, quand une folle rage de dents vous forcera à gigoter et danser comme saint Guy, quand une céphalée pulsatile obscurcira votre jugement, quand un prurit abominable vous fera damner ( ça vous gratouille ou ça vous chatouille ?), svp, n'allez pas voir votre médecin généraliste, n'allez pas encombrer encore plus les Urgences, non, prenez votre annuaire et appelez votre exorciste du coin qui saura, d'une extrême onction, soulager vos tourments et réduire le déficit de la sécurité sociale.
Dr G. Nahmani

2 mars
L’autisme autrement
Dans l’édition du 20/02/2006 du quotidien LE DEVOIR, journal édité par nos comparses québécois, un article développe les recherches de l’équipe du Pr Laurent Mottron du département de psychiatrie de l’Université de Montréal. Le moins que l’on puisse dire serait que ce psychiatre vient de bouleverser la compréhension de l’autisme.
Avec sa collaboratrice, Michelle Dawson, chercheuse autiste, il démontre en plein congrès très officiel de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS) que les méthodes employées pour évaluer l’intelligence des autistes sont inadéquates et conduisent à une sous estimation de leurs capacités intellectuelles.
Ces méthodes seraient inadéquates sur le fond et sur la forme.
Sur le fond parce que les tests employés (QI mesuré à l’aide de l’échelle de Weschler) font appel à une bonne maîtrise du langage oral ce que les autistes n’ont généralement pas. Par contre ils réussissent mieux que les non-autistes aux tests de dessins.
Sur la forme parce que les enfants autistes sont testés entre 4 et 5 ans, soit bien avant que l’enfant n’atteigne son plein potentiel intellectuel ce qui le prive du matériel et des occasions dont il aurait besoin pour apprendre et se développer puisqu’il sera identifié comme ayant une intelligence de bas niveau.
L’équipe a donc fait appel au test de Raven et les scores des autistes ont été exceptionnels. Ce test a été construit pour mesurer l’habileté d’apprentissage et évaluer l’intelligence indépendamment du niveau de culture (il ne comporte aucune instruction verbale et il est utilisé dans les armées pour étudier les engagés souvent de faible niveau culturel ainsi dans un but anti-raciste pour démontrer que même les populations ayant peu d’accès au code écrit avait le même niveau d’intelligence que d’autres plus scolarisés…)
La découverte majeure réside dans une meilleure compréhension des mécanismes d’accès aux informations. Un individu « normal » (typique) lit par exemple un article pour rechercher une information précise et donc élague de sa mémoire tout ce qui pourrait « le distraire ». Un individu autiste assimile les informations sans faire d’effort intellectuel, d’une façon beaucoup moins volontaire que les typiques et sans vraiment savoir quoi en faire. Cette connaissance reste là sans rien faire dans le cerveau jusqu’à ce qu’elle devienne utile pour effectuer une tâche. Il n’a pas de préférence dans ce qu’il mémorise mais ensuite il connecte ces informations avec ce qu’il entend ou voit et cela lui donne nombre d’idées nouvelles et inattendues pour appréhender un problème. Qui plus est sa pensée n’est jamais partiale alors que celle des typiques l’est constamment puisque nous cherchons à défendre les hypothèses que nous avons développées. Encore un caillou dans la mare de tous ceux qui croient en une pensée unique !
Dr F.Dencuff

6 mars
Pourquoi, encore pourquoi (LEM 438)
Vous qui nous faîtes l’honneur de rendre visite à notre site, vous avez remarqué que l’une de nos caractéristiques est de nous situer hors de toute polémique. Si cette lettre ouverte sans concession de Françoise Dencuff intitulée “ Épître à notre ministre” trouve sa place ici, c’est parce qu’elle ne défend aucune cause particulière, si ce n’est celle de tous les citoyens que nous sommes. Cette LEM 438, nous savons fort bien, comme son auteur, qu’elle n’entraînera aucune réponse du haut responsable à qui elle est destinée. Nous souhaitons simplement, et ceci nous semble infiniment plus important pour notre avenir, qu’elle aide le plus grand nombre d’entre nous à se poser des questions sur la façon dont tout ce qui entoure la santé est instrumentalisé en France. Pourquoi, pourquoi, encore et toujours pourquoi, voilà l’attitude des citoyens qui peut permettre de ne plus tout subir passivement. Tant pis si cela dérange ceux qui voudraient bien que leur soit réservé exclusivement le monopole de poser les seules questions qui vont dans le sens de leur intérêt et surtout de leurs pouvoirs réels ou supposés. Alors, plus que jamais, lancez-vous pour vous exprimer, dites vous aussi vos “pourquoi” personnels. Vous serez en très bonne compagnie.
Dr F-M Michaut, logo d’Exmed

7 mars
Club de los 120 anos
Posez votre cigare et écoutez. LA HAVANE (AFP) - Un Club pour vivre jusqu'à 120 ans, créé par l'un des médecins personnels du président cubain Fidel Castro, Eugenio Selman-Housein, vient d'ouvrir des sections destinés aux enfants et adolescents acceptant de suivre ses conseils pour parvenir à cet âge vénérable. Lors d'une cérémonie spéciale pendant le week-end, M. Selman-Housein a annoncé la création de sections spéciales pour enfants et jeunes. Ce président de l'Association médicale des Caraïbes (AMECA) a souligné que des études sur l'origine et l'évolution des espèces ont montré que "les animaux peuvent vivre cinq fois plus de temps qu'ils mettent à se développer" pour arriver à l'âge adulte.
Ce médecin a cité parmi les facteurs permettant de dépasser les 100 ans la santé, l'activité physique mais aussi la motivation, la culture, l'environnement et la génétique, même si celle-ci ne détermine pas, selon lui, la longévité humaine. M. Selman-Housein a estimé que Cuba offrait les meilleures conditions pour accroître la longévité des gens grâce à "un système social juste, essentiellement humain et solidaire".
Selon des données officielles, l'espérance de vie est de 77 ans à Cuba actuellement alors qu'au début des années 60, 52% des habitants de l'île caraïbe mouraient avant 60 ans. Aujourd'hui, 85% des nouveaux-nés ont une forte probabilité de dépasser cet âge. Depuis sa fondation en 2003, plus d'une centaine de personnes ont adhéré au "Club de los 120 anos" (Club des 120 ans) avec l'objectif de parvenir à cet âge grâce à un style de vie et une alimentation adéquats.
Questions:
1 / Club réservé aux enfants et adolescents ? Donc fermé aux Exmédiens, surtout les plus âgés comme Gabriel et d'autres, mais peut- être ouvert aux enfants et petits enfants exmédiens.
2 / Entre nous, est-il vraiment souhaitable d'arriver, recru d'années, perclus de douleurs et reclus dans un fauteuil roulant, à cet âge canonique et presque mathusalemesque ? C'est effrayant d'imaginer le déficit de la Sécu et l'ire des descendants, eux-mêmes déjà fort âgés et n'espérant plus guère un héritage ?
3 / On peut déjà appréhender la naissance de cliniques spécialisées à Cuba, comme jadis en Roumanie je crois où l'on pratiquait des injections de je ne sais plus quels produits antivieillissements: et l'on pourra alors chanter comme Brassens:
Castr…au Gori-i-i-illeu

8 mars
Tricotons nos pilules
La réalité est bien supérieure à la fiction, nul n’en doute, même en matière de santé. Voici extrait du très militant et gratuit Biocontact n°156 de mars 2006 p. 89 un encart publicitaire des plus instructifs. Je vous passe tout le texte vantant les multiples bienfaits de la fabrication écologique du produit en question pour livrer à votre sagacité légendaire cette conclusion définitive : « Découvrez cette ligne de pull-overs, raffinée et contemporaine, d’une qualité exceptionnelle, pour homme et femme, directement dans un grand verre d’eau, deux fois par jour. Un flacon vous permettra de faire une cure de vingt jours. » De quoi sauver, n’en doutons pas, des malades qui filent un mauvais coton ou qui se sentent simplement les jambes en laine.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

9 mars
Le nouveau parcours médical est arrivé
Monsieur Ixe doit subir une intervention chirurgicale en urgence. Son médecin généraliste de référence l’envoie donc vers un chirurgien qui opère dans un hôpital public qui se trouve à 20kms.
Lors de la consultation, le chirurgien envoie Monsieur Ixe faire un scanner préopératoire dans l‚hôpital concerné. Mais la CPAM ( caisse primaire d’assurance maladie) refuse de rembourser au taux normal Monsieur Ixe, puisque le scanner n’a pas été prescrit par le médecin généraliste de référence. Pourtant seul le chirurgien savait ce qu’il fallait inscrire sur la prescription concernant le scanner préopératoire. Monsieur Ixe doit donc retourner chez le médecin généraliste de référence qui se trouve à 20kms s’il veut être remboursé mais compte tenu de l’urgence il ne le fera pas puisqu’il restera à l’hôpital pour être opéré dès le lendemain. Donc Monsieur Ixe ne sera pas remboursé de l’intégralité de l’examen.
Monsieur Ixe se fait donc opérer. A sa sortie le chirurgien lui prescrit un mois d’arrêt de travail. Mais Monsieur Ixe, un mois après, n’a toujours pas perçu ses indemnités journalières, et la raison invoquée par la CPAM est que ce n’est pas son médecin généraliste de référence qui a prescrit l’arrêt de travail. Pourtant seul le chirurgien était compétent pour savoir de combien de jour de repos avait besoin Monsieur Ixe. Ce nouveau parcours médical devient donc un parcours du combattant dont se serait bien passé Monsieur Ixe qui est très fatigué et qui de plus n’a eu ses indemnités journalières qu’après trois mois et quatre échanges de courrier avec la CPAM, avec toutes les conséquences financières engendrées par ce retard. "Primum non nocere" dit le serment d'Hippocrate. Odette Taltavull, cliché Exmed

10-12 mars
Si la vessie lanterne
Lu le 01/03/06 dans les Actualités Égora: Une astucieuse façon de déceler les troubles prostatiques
Le gouvernement suisse a installé des urinoirs « chantants » dans les toilettes publiques pour aider au diagnostic des problèmes prostatiques. Des capteurs sont installés aux parois des vasques qui signalent si le débit urinaire est suffisamment vigoureux. Dans ce cas, le fameux refrain des footballeurs « olé, olé, olé, olé » se fait entendre. Dans le cas contraire de débit saccadé et de pauvre pression, un message enregistré est diffusé suggérant de consulter un médecin !
Étant allé en HelVessie pour vérifier, et son débit lanternant, Gabriel a ouï le message suivant: " Mais, c'est pipi, c'est pipi, c'est pitoyable ! "
Dr G.Nahmani, cliché Exmed

13 mars
Réformes et changements (LEM 439)
N’avez-vous jamais remarqué combien de réformes annoncées comme salvatrices par leurs auteurs, parfois accueillies comme dévastatrices par ceux qui sont censés en être les bénéficiaires, finalement ne changent rien à notre réalité quotidienne ? Voilà un phénomène qui mérite qu’on prenne quelques minutes pour s’y arrêter.
La LEM 439 “ Réformationnisme” vous propose une vision de ce qu’on nomme les changements. Bien entendu, et au delà de toutes les polémiques sur des événements ponctuels, toute application à notre monde de la santé est parfaitement logique. Bonne lecture.
Dr F-M Michaut, logo d’Exmed

14 mars
Des câlins et des mains
Après Hi ! CALIN voici venir Hi ! DMIN.
Autrement dit pour les allergiques aux sigles de toutes sortes : la mission d´information et de développement de la médiation sur les infections nosocomiales (IDMIN) www.infonosocomiale.fr . Devant la judiciarisation sans cesse croissante des problèmes liés aux infections nosocomiales, notre ministre a souhaité confier à la Haute Autorité de Santé une mission destinée à renforcer le dialogue entre usagers du système de soins et professionnels de santé. La loi du 4 mars 2002 sur le droit des malades a formidablement bien organisé l´indemnisation des patients », note Alain-Michel Ceretti, président de la mission mais « on n´avait pas prévu qu´avocats et assureurs investiraient le débat jusqu´à exclure le dialogue entre les médecins et les usagers ». Un comble mais pas vraiment un scoop ! Il existe pour le patient plusieurs recours possibles en cas d’infections nosocomiales soit au sein des établissements (CRU : Commission de relations avec les usagers) soit au niveau régional (CRCI : commission régionale de conciliation et d’indemnisation) ou national (ONDIAM : office national d’indemnisation des accidents médicaux)
Les petites…min se proposent d’informer le public sur les mesures de prévention les structures de lutte et de contrôle, de promouvoir la conciliation et la médiation en s’appuyant sur les structures déjà existantes et en cas de besoin d’organiser les médiations entre les usagers et les professionnels de santé.
Tout cela est bel et bon… mais où est le Conseil de l’Ordre ? Ne devrait-il pas participer à ces rôles d’information et de médiation. Non pas pour protéger ses cotisants mais tout simplement pour établir une communication et un partenariat avec les patients*. Sans compter que ce genre d’interventions se devrait d’être le quotidien de tous les professionnels de santé.
Quoiqu’il en soit nous voilà avec une mission de plus : 1 président, 1 directeur, 2 médecins (parité respectée : un homme-une femme, 1 assistante, 1 cellule d’écoute de 10 professionnels de santé et un réseau externe de 15 médecins en exercice…avec des engagements clairs et précis : écouter, soutenir et accompagner.
Nous ne nous lasserons jamais des attentions sans cesse renouvelées de nos instances et nous tous patients potentiels nous laisserons câliner par les mains expertes de nos…missionnaires !

Nb : quel mot splendide que celui de patient de même racine que compassion, passionnel, sensible… Celui d’usagers nous transforme tous en outils utilisables jusqu’à l’usure ! (Le Robert Dictionnaire Étymologique du Français)
Dr F.Dencuff, cliché Exmed

15 mars
Diagnostics par excès
L’annonce d’une maladie est toujours un drame personnel. “ Comment, moi que ne connaissais aucune panne sérieuse dans mon corps - comme dans mon psychisme- voilà que je rentre dans la tribu des ta-mal-ou ? “ Et quand , en plus, on m’affirme que c’est un terrifiant cancer qui frappe à ma porte, que je me sens mal. Il ne s’agit pas, hélas, d’un scénario catastrophe. Selon le Qdm du 6 mars relatant les travaux de Sophia Zacrisson et son équipe de Malmö en Suède publiés dans le British Medical Journal, il s’agirait là d’une conséquence du dépistage systématique du cancer du sein par mammographie. La fréquence de ces cas, naturellement mise en cause par les spécialistes de l’épidémiologie, pourrait tourner autour des 10%. La question est loin d’être traitée jusqu’au bout, mais elle a le mérite d’être posée. En attendant que soient publiées des évaluations des dépistages systématiques pour les cancers du sein et de la prostate. Comme d’habitude, notre contrariante humanité se plie bien mal à tout ce qui est systématique. Et tant mieux.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

16 mars
Une attention en cache une autre
Décidément les politiques ne reculent devant rien. Après la mise en pièce des médecins référents, le passage obligatoire par le médecin traitant, la mort programmée d’un système de soins « égalitaire » voilà que nous parvient la dernière version de la charte du patient hospitalisé, nouvellement baptisée charte de la personne hospitalisée.
Selon une dépêche de l’APM du 3 mars Xavier Bertrand a souhaité par cette nouvelle mouture que le système de soins soit recentré sur le patient en marquant qu'il avait choisi de s'exprimer "à la veille de l'anniversaire d'une loi essentielle", la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé.
Donc, si nous comprenons bien, depuis des années que l’on nous rebat les oreilles sur ce recentrage…dans la qualité des soins, dans l’accueil… , rien n’avait encore été fait. La preuve : Cette charte est une actualisation de la charte du patient hospitalisé issue de la circulaire du 6 mai 1995, elle-même adaptée de la charte du malade hospitalisé de septembre 1974. La nouvelle charte prend en compte les changements législatifs intervenus dans la loi du 4 mars 2002, la loi du 6 août 2004 relative à la bioéthique, la loi du 9 août 2004 sur la politique de santé publique et la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie.
Parmi les dispositions nouvelles figurent :
le droit, pour la personne, d'accès direct aux informations de santé la concernant,
le droit pour une personne de refuser les traitements et d'en demander l'interruption, les conditions dans lesquelles un médecin est autorisé à interrompre ou limiter des actes lorsqu'une personne n'est pas en mesure d'exprimer sa volonté
le droit de désigner une personne de confiance
le droit de rédiger des directives anticipées pour faire connaître ses souhaits quant à sa fin de vie.
les nouveaux dispositifs permettant aux personnes d'exprimer leurs observations, griefs et plaintes (commission des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge CRU, commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales CRCI).
La Charte comprend un nouveau point sur la prise en charge dans le cadre d'une recherche biomédicale, afin de la distinguer de la prise en charge dans le cadre de soins…
A lire ces droits il saute aux yeux que la volonté de notre ministre, sous couvert de respecter la personne humaine, est avant tout d’éviter les recours en justice.
Il ne nous viendrait pas à l’idée, à nous les soignants, de nier que nous ne savons pas toujours comment nous situer entre les exigences de notre métier et celles de nos patients et de leurs familles. Mais la loi est aveugle, elle se veut impartiale, dénuée de tout sentiment. Malheureusement lorsqu’il s’agit de la santé, de la vie ou de la mort il est impossible de faire fie des sentiments et autres projections.
Que nous sachions, soignants et soignés que nous pouvons exprimer nos craintes, nos désirs est certainement une bonne chose, que les soignants et plus particulièrement les médecins, soient confrontés à leur orgueil et à leur tentation de toute puissance est sain mais que les politiques présentent cette charte comme le symbole de l’attention qu’ils disent porter aux patients…il y a loin de la coupe aux lèvres. Si vraiment attention il y a, jamais la santé n’aurait été prise comme l’enjeu d’une guerre économique qui privilégie le financier au dépend de l’humain.
Messieurs les Politiques à quand une charte de bonne conduite dans les milieux de la finance ? Dr F.Dencuff, cliché Exmed

17 -19 mars
Soignant ou sois néant
Dans un hôpital je croyais naïvement que notre travail était de soigner des malades.
Des malades qui nous payaient en retour de nos services, plus ou moins indirectement par l’intermédiaire des cotisations qu’ils avaient versés à la sécurité sociale tout au long de leur vie.
Je croyais aussi que la qualité de nos soins faisait la qualité de notre travail.
Nigaude que j’étais !!!
De jour en jour mes yeux s’éclairent et je saisis le ridicule archaïsme de cette conception.
Tout d’abord il faut bien comprendre que dorénavant un bon soignant sera d’abord un soignant qui ne fera pas de bruit, qui sera toujours disponible pour dormir pendant les réunions, qui remplira consciencieusement ses deux kilos de papiers quotidien, et qui donnera l’impression de toujours soigner. Il pourra éventuellement continuer à soigner un petit peu, pour ne pas que les clients se plaignent, mais cette dernière activité (très sur valorisée socialement) ne devra pas être trop envahissante car elle pourrait se révéler dangereuse. Le bon soignant aura toujours bon moral et ne sera jamais absent. Le bon soignant doit arriver à l’heure, partir à l’heure, être courtois, disponible et efficace … avec son stylo ! C'est-à-dire qu’il faut donner en toutes circonstances l’apparence d’avoir fait tout ce qui doit être écrit.
Bien entendu personne n’est dupe, faire vraiment ce que l’on écrit est impossible, mais personne ne vous en voudra. Si vous l’avez écrit c’est que vous y avez pensé ! Et en tout cas, à choisir (s’il y avait une inspection) mieux vaut écrire que faire.
Toutefois, si vous avez envie de faire un peu de zèle, il est déconseillé de faire preuve de compassion envers les clients, ça pourrait donner de mauvaises habitudes ; il est infiniment préférable de réécrire ce que l’on a déjà noté, mais sous une autre forme (les protocoles sont une manière de faire passer à la postérité ce qui aurait dû être fait, ce que l’on a pas pu faire, mais ce que l’on aimerait bien que les autres fassent).
Il est indispensable aussi, lorsque vous soignez, de ne jamais oublier qu’il y a dans l’hôpital, beaucoup de gens qui ont aussi leurs contraintes, leurs budgets, et leurs idées sur ce que vous êtes censé faire. Et ce ne sont pas les malades !
Ces personnes hautes placées sur leur derrière, sur leur chaise, derrière un bureau, savent beaucoup plus de choses que vous… Et que les malades.
Ils ont une haute idée de leur mission qui est surtout de justifier leur existence.
Ces élus d’eux mêmes ne vont pas jusqu’à s’abaisser à s’intéresser aux hommes et aux femmes qui chaque jour, souffrent, meurent et naissent à l’hôpital.
Non ! non ! non ! ils ont d’autres occupations plus glorieuses. La principale étant de chiffrer, de classer, de mesurer et de « mettre tout cela noir sur blanc » (jolie métaphore qui souligne combien le gris avec toutes ses nuances peut être dangereux).
Il arrive que malgré tout leur talent, ils n’arrivent pas à clarifier la complexité du réel. Ils s’en plaignent amèrement, car, en plus, leurs contraintes ZZZadministratives évoluent. Ces gens là n’acceptent la mouvance qu’alités !
Mais qu’à cela ne tienne, ils embauchent d’autres athlètes du derrière, leur font faire des réunions, des études, des protocoles, des référentiels, des documents, des états des lieux, des audits et … des bureaux.
Entre eux, ces « gens biens » se congratulent, se félicitent, s’ébaudissent de leurs performances.
Tout irait vraiment bien s’il n’y avait ces teigneux de soignants, qui ont des exigences, des questions, des interrogations, qui prétendent que les malades ont plus besoin de présence que les papiers n’ont besoin d’encre … et autres incongruités du même acabit.
Toujours ces malades dont parlent les blouseux !
Il va falloir les mettre au pas, leur faire remplir des formulaires, des bordereaux, des certificats, des attestations, des décharges, des questionnaires, des fiches de renseignements, des évaluations …. Et on verra bien s’ils font encore les malins ! Dr L,Nicolas, cliché Exmed

20 mars
Prévention comportementale (LEM 440)
Nos chercheurs officiels de la santé de douce France se trouvent, certainement bien malgré eux, au centre d’une polémique à propos de la prévention de la délinquance. Bien qu’habituellement trop divisés en chapelles se déchirant férocement entre elles, nos professionnels du domaine psy semblent particulièrement préoccupés de l’utilisation d’un rapport à finalité scientifique par des projets politiques qui ne sont pas sans évoquer “Le meilleur des mondes” d’Aldous Huxley. Nicole Bétrencourt, psychologue clinicienne, nous entraîne, dans la LEM 440 “Délinquance, rééducation et psychothérapie au berceau”, dans ce dossier difficile pour le public et même les soignants non spécialisés. Une fois encore, ce qui se fait au nom de la prévention mérite que l’on s’y arrête soigneusement. Bonne lecture
Dr F-M Michaut, logo d’Exmed

21 mars
Nous voilà prévenus
Et bien si l’on en croit la revue de presse de www.sante.net du 10 mars, "les sacro-saintes statistiques” révèlent glorieusement que la consommation de tabac a diminué, notamment chez les jeunes . Cette information ne prête-t-elle pas à sourire lorsque les filières de contrebande se multiplient et que le trafic va bon train un peu partout ? Il est possible de commander du tabac sur Internet, ou plus simplement d’aller dans certains quartiers « recommandés » par les habitués du « système D ».
Une fois encore on nous roule dans la farine, on nous enfume, nous les citoyens, et pendant ce temps certains s’en mettent plein les poches. Le trafic du tabac étant plus facile et surtout moins sanctionné que celui des autres drogues, il est logique qu’il se développe et surtout chez les jeunes !
Vous avez dit santé publique, santé du public, ou santé purement électorale ... du monde politique ?
O. Taltavull, cliché Exmed

22 mars
Drôle de chasse
Et oui, si l’on en croit la une du Qdm du 16 mars, faute de canards sauvages garantis sans virus de la grippe aviaire, une autre chasse est ouverte. De quel gibier s’agit-il donc ? Et bien les départements de la Sarthe, de l’Orne et de l’Eure-et-Loir ont la réponse. Tout simplement des médecins acceptant de s’installer sur leurs territoires ruraux. Comme les invitations traditionnelles ne donnent pas plus de résultats que les demandes confraternelles, nos préfets associés prennent les grands moyens. Ils font appel à une entreprise privée pour découvrir les oiseaux rares. Certes le ministre de l’aménagement du territoire applaudit à cette initiative encore inédite chez les chasseurs de têtes, mais une double question se pose pour qui veut bien prendre une seconde pour réfléchir. Comment se fait-il donc que nos jeunes médecins n’ont aucun désir d’exercer le métier de médecin de campagne ? Comment peut-on s’étonner que n’ayant eu, au cours de leur formation, que le seul et unique modèle professionnel, économique et humain des enseignants en médecine, obligatoirement en France médecins des hôpitaux publics, donc fonctionnaires, et hyper-spécialisés, donc sans aucune connaissance vécue de la pratique généraliste, nos jeunes confrères puissent avoir la moindre envie d’exercer un métier dont ils ignorent tout ? Une fois de plus, n’ayons pas peur de le dire, le vrai problème est occulté parce qu’il dérange trop d’acquis : la formation de professionnels très spécialisés comme le sont - paradoxalement - les généralistes confiée quasi uniquement à des gens qui ne connaissent absolument pas ce métier est parfaitement illogique. Et cela condamne à mort la médecine générale. Ce qui est peut-être, malgré toutes les déclarations réitérées de nos dirigeants, l’objectif poursuivi : une vraie chasse aux généralistes, à faire disparaître, car décidément trop difficiles à contrôler ?
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

23 mars
Spécialistes d’ici et d’ailleurs
Le saviez-vous ? Moi, je n’en n’avais jamais entendu parler avant d’avoir lu le bulletin de l’ordre des médecins n°3 de mars 2006. En France, la cardiologie est une des spécialités médicales les plus considérées - et les plus rémunératrices- de notre monde médical. Chez notre voisine européenne l’Autriche, la même cardiologie n’est pas considérée comme une spécialité, mais fait partie intégrante de l’exercice des médecins généralistes. Par contre, la médecine d’urgence est une spécialité au Royaume-Uni, en Pologne, en Hongrie ou au Portugal alors que son exercice en France est librement ouvert aux généralistes. Pour résumer la situation de l’Europe dite unie, seules dix sept spécialités sont communes aux vingt-cinq États membres. En France, nous comptons la bagatelle d’une cinquantaine de spécialités enseignées et reconnues. Les stéthoscopes et autres bistouris n’ont pas fini de voler dans notre vieille Europe ; préparons les pansements les amis.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

24-26 mars
Errare medicum est
L’Union Européenne publie, le saviez-vous, des Eurobaromètres ? Alors que les erreurs politiques restent pudiquement dans l’ombre, on s’est penché sur les erreurs médicales ( Qdm du 8 mars). Le verdict est sévère : 78% des Européens pensent que les erreurs médicales sont un problème sérieux chez eux. Quatre sur dix redoutent d’en souffrir. Est-ce un manque de confiance vis à vis de leurs médecins personnels ? Et bien 89% des Finlandais, 86% des Français et 85% des Belges pensent qu’ils ne feront pas d’erreur. Contre, étrangement, 25% des Grecs, 34 % des Polonais, et 35% des Lettons et Lituaniens. Ce qui fait peur, c’est pour près de la moitié des Européens, ce qui se passe en milieu hospitalier. Que ce soit vrai ou faux, près d’une personne sur cinq estime avoir été victime, ou témoin proche, d’une erreur grave à l’hôpital, avec pour plus d’un sujet sur dix une erreur de prescription. Enfin plus de la moitié (60%) des Slovènes, Danois, Finlandais et Hongrois interrogés sont persuadés qu’en s’impliquant d’avantage eux-même dans leur traitement, ils peuvent éviter des erreurs des soignants. Un Français sur deux, comme nous le faisons à notre façon depuis des années à Exmed, pense qu’un meilleur dialogue entre soignés et soignants serait profitable à la qualité des soins. Ultime question : quelle est la chance de survie dans les cerveaux des décideurs de cet Eurobaromètre ? En l’absence d’étude randomisée et contrôlée - pour mettre gentiment en boîte nos experts en chambre - on ne peut guère être optimiste sur les applications pratiques qui peuvent en résulter.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

27 mars
Vu à la télé (LEM441)
Il y a, semble-t-il, deux sortes de citoyens dans nos pays. Ceux qui passent à la télé et ... tous les autres, comme vous ou moi, qui la regardent. Passer à la télé, on nous dit que des gens sont prêts à tout pour cela, y compris enfreindre la loi, incendier des voitures, violer leur intimité familiale ou envahir un stade de sport. Un jeu de hasard propose même au public avec son gros lot d’argent un passage sur le petit écran. L’un de nos amis d’Exmed a été amené à participer à une émission phare. Nous lui avons demandé comment il avait vécu cette expérience. Guy Rouquet, pourfendeur obstiné des psychothérapies déviantes ou détournées, nous fait partager son expérience dans la LEM 441 “ Grand messe médiatique”. Les coulisses de ce que certains pensent être un pouvoir équivalent à celui du monde politique méritent bien une petite visite. Bonne lecture.
Dr F-M Michaut, logo d’Exmed

28 mars
Toujours un sur dix
Selon le baromètre santé 2005 de l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé - qui est la coupe directe et financière du ministère du même nom- rendu public par le Monde du 10 mars, on assisterait en France à une diminution de la consommation moyenne d’alcool. Depuis plus d’un demi siècle, tous les efforts de prévention de l’alcoolisme tentent de faire diminuer les quantités ingérées. Tout simplement parce que Monsieur Lederman, statisticien, avait établi un modèle mathématique démontrant que le nombre de sujet dépendants ( les vrais alcooliques) était proportionnel à la consommation totale d’une population. Hélas, alors que depuis des années, et pour des raisons certainement complexes, la quantité globale bue chez nous diminue bien, mais ... la proportion de sujets alcoolo-dépendants reste absolument identique. Notre institut la chiffre à 9%, ce qui est du même ordre que ce que trouvent dans tous les pays les études scientifiques depuis de nombreuses années. Notre “baromètre” reste muet sur la question suivante. Que prennent donc, comme produits pour les aider à vivre, ceux qui achètent moins d’alcool qu’auparavant ? Quand on constate la banalisation à tous les âges du hachisch, de la cocaïne et ... des benzodiazépines et autres psychotropes aux frais de l’assurance-maladie, on peut poser l’hypothèse de glissements de consommation. Pourquoi donc, nous humains, avons nous toujours eu besoin de produits pour nous aider à vivre ? Sommes-nous définitivement condamnés à utiliser ce genre dangereux de prothèse ?
Tant que ces questions resteront dans l’ombre, toute tentative de prévention ne sera que de la gesticulation illusoire.
Dr F-M Michaut, cliché Exmed

29 mars
Suite de la LEM 440
Nicolas Sarkozy tente de rassurer les médecins quant à l'objectif de son
plan anti-délinquance (Le Quotidien du Médecin - 27 mars 2006).
Concernant son projet de prévention de la délinquance, le ministre de l’Intérieur a garanti par écrit au Collectif national unitaire antidélation que la communication de données sur un jeune présentant des « perturbations » se
fera uniquement entre professionnels déjà soumis au secret et qu' « il n'a
jamais été envisagé d'y associer le maire, la police ou la justice ». Il
n'est pas non plus question de « ficher » les enfants, ni de « repérer des
enfants ou des adolescents qui seraient des délinquants potentiels ». Le
ministre de l'Intérieur précise également que « le repérage précoce des
jeunes en souffrance ne suppose en aucun cas la recherche d'une fragilité
innée à traiter par prescription médicamenteuse. Il met l'accent sur les
effets éventuellement traumatiques pour l'enfant de son histoire ou de son
environnement. Cela ne saurait donc se confondre avec une quelconque
stigmatisation. »
Les délinquants visés sont-ils essentiellement ceux que l'on stigmatise
habituellement et qui finissent, tôt ou tard, en cellule ?
Pourquoi ne pas penser aussi à tous les tyrans que la Terre a enfantés:
quelles perturbations auraient pu être décelé…préventivement, chez, liste
non close, hélas, les enfants qui devinrent Attila, Gengis Khan, Hitler,
Staline, Saddam Hussein et son friend Bush, Pol Pot (qu'il devait être
difficile, khmerde alors, de considérer comme…un pote ), Mao Dze Dong, mais
aussi chez nous, Robespierre, Saint-Just, Saint Louis et quelques milliers
d'autres de par le monde… Chaque bébé, chaque enfant est peut- être un délinquant futur, un assassin en puissance, un violeur, un politicien véreux, un va-t-en-guerre insouciant du devenir de ses concitoyens, un syndicaliste harangueur de foules dociles à manipuler, un bloqueur de facultés, un empêcheur de travailler, un casseur caillassant des véhicules sur la chaussée…
Ce peut être chacun de nous, vous, moi…
Dr G.Nahmani, alias Gabri- seur de grèves, cliché Exmed

30 mars
Hauts et bas tricolores
Lu dans egora.fr du 29 mars: Le générique représente 15 % en volume du marché du médicament en France, contre plus de 50 % aux Etats-Unis, en Allemagne ou au Royaume-Uni. Ce simple chiffre suffit à déclarer la France singulièrement en retard. Dans les jours qui viennent, un rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie doit être rendu public sur cette question…
Souvenez-vous, Exmédiens désabusés, nous faisions ici allusion, il y a peu, à la pléthore de Hauts Faits et de Hauts machins chez nous.
Mais, pour en revenir au problème évoqué, ce chiffre singulièrement BAS peut-il nous convaincre du retard du pays hexagonal ? NON, et nous pouvons citer maints domaines où nous sommes des champions, et la jeune Sophie et la fille de Chantal Voisin et des quantités d'autres sont là ( et las aussi ) pour le reconnaître:
Champions pour la dissidence, pour le Haut verbiage des manipulateurs d'opinion, pour les grèves, pour le blocage des facs, pour l'apparente absence de réaction des forces de police devant certaines dégradations, non interventions montrées complaisamment par la télé, champions pour les discours malhonnêtes des uns et les silences (complices ? ) des autres, champions pour l'enrichissement insolent de certains et l'augmentation de la précarité pour beaucoup, champions pour ces situations qui ne peuvent être qu'explosives si on les laisse perdurer encore…dans ce pays du Coq Haut Ric Haut… Dr G. Nahmani, cliché Exmed

31 mars au 2 avril
Divorce de deux médecines
Dans un entretien au Panorama du Médecin du 27 mars, François Dagognet, philosophe et médecin né en 1924, s’exprime très clairement. Pour lui, il y a, au premier plan, une médecine hypertechnicienne, celle des hôpitaux, des spécialistes et des professeurs et, d’un autre côté une médecine générale ( ou mieux à ses yeux : cli