LES COUPS D'OEIL DU JOUR             

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L'année Exmed 2004

Vous trouverez dans cette " année Exmed 2004" tous les coups d'oeil du jour qui ont été publiés sur le site. La variété des thèmes traités constitue un baromètre intéressant de nos préoccupations en matière de santé.

Les rédacteurs (médecins et non médecins) sont les suivants :

  • Eric Besson
  • Dr Jacques Blais
  • Dr Philippe Deharvengt
  • Dr Martine Marchand
  • Dr François-Marie Michaut
  • Blandine Poitel
  • Dr Iulius Rosner
  • Sonja Rupp
  • Dr F. Soize
  • Odette Taltavull

Bonne lecture, en espérant que cela vous tentera de continuer à suivre notre coup d'oeil du jour, en page " sommaire", et, qui sait, un jour d'y participer.

FMM

2 au 4 janvier 2004
L'oreille monte à la tête
Entendu dans la voiture à la radio un écho intéressant. Avec ou sans mécanisme de mains libres, l’usage du téléphone cellulaire au volant entraînerait chez le conducteur des perturbations de la conduite équivalentes à celle d’une imprégnation alcoolique aiguë majeure. Le risque d’accident par perturbation de l’attention grimperait en flèche. Voilà qui confirme quelques expériences personnelles, même chez des chauffeurs très expérimentés. Juste une question. Quelle peut bien être l’influence, sur la même conduite de véhicules, de l’utilisation d’installations débitant à un niveau sonore assourdissant des musiques particulièrement agressives ?
Dr François-Marie Michaut

5 janvier 2004
N'attendons-pas de nos gouvernants
Dans cette première LEM de 2004, le Dr Jacques Blais reprend un de nos thèmes favoris d’Exmed. Au lieu d’attendre comme des enfants qu’on nous donne notre pain quotidien, devenons des êtres responsables. Comment ? Tout simplement en ne demandant pas à nos dirigeants de nous fournir ce que nous sommes incapables de nous donner à nous-mêmes. Et que l’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas, dans un “antipolitisme” systématique de “casser” systématiquement les rouages politiques, institutionnels ou collectifs dont nous avons le plus grand besoin. Juste une place pour chacun, et chacun à sa juste place. Lire la LEM 327.
Dr François-Marie Michaut

6 janvier 2004
On en claque des dents
Échaudés - au sens bouillant du terme- par l’été dernier, nos responsables administrativo-politiques français ont pris toutes les mesures de précaution imaginables au moment de la trêve des confiseurs. Non pas, rassurez-vous, en prévoyant le personnel nécessaire à une vague de chaleur éventuelle durant ce début d’hiver. Mais tout simplement en activant un ensemble de mesures dites de santé publique, en vérité plus sociales que médicales, afin de parer aux conséquences sanitaires d’une vague de froid. Les caprices des hautes pressions et des anticyclones de notre vieille Terre ont - gardons-nous bien de dire hélas - rendu ces prudentes précautions hors saison. Beaumarchais disait il y a deux siècles : “ En France, tout finit par des chansons”. A vous donc, messieurs les chansonniers.
Dr François-Marie Michaut

7 janvier 2004
L'année 2003 d'Exmed
Chaque jour, ou presque, ce site propose à ses visiteurs assidus ou de passage un bref Coup d’Oeil du Jour. Nous vous proposons une rétrospective de toutes nos brèves quotidiennes de l’année 2003. Voilà qui devrait intéresser les curieux, et donner une idée de la façon bien personnelle dont nous avons choisi de donner des échos de ce qui s’est passé dans le domaine de la santé. Humour, coups de gueule, informations sérieuses, notes culturelles, annonces de pages publiées, vous y trouverez tout cela, mis en page par Christine Bruzek. Passez un bon moment.
Dr François-Marie Michaut

8 janvier 2004
De l'ail pour que ça aille
La sagesse populaire l’affirmait depuis longtemps : manger de l’ail, c’est bon pour la santé. Tant pis pour l’odeur des haleines et pour le fait que les recherches modernes n’aient pas retrouvé l’action anti-cholestérolémiante supposée. Des chercheurs israéliens ( Dr Cymes, France-Info du 6 janvier) se sont intéressés à l’un des composants de ce légume : l’alliacine. Ce produit, libéré quand on écrase de l’ail cru, possède une propriété remarquable. Celle d’être un puissant inhibiteur de la multiplication des cellules. De là, l’idée de mettre en contact l’alliacine avec des cellules cancéreuses in situ, dont on connait la terrifiante capacité de multiplications anormales. Des expérimentations animales seraient en cours sur des souris. Affaire à suivre : nos amies les plantes n’ont pas fini de nous livrer leurs secrets pour soigner les hommes.
Dr François-Marie Michaut

9 au 11 janvier 2004
" Normale", nouvelle pièce de Jacques Blais
Nous avons pris le parti à Exmed de publier toutes les formes d’expression concernant les questions de santé. C’est ainsi que le théâtre a pleinement sa place dans notre site. Le Docteur Jacques Blais est persuadé que cette façon de parler des choses généralement tues dans les publications de santé, tant professionnelles que grand public est nécessaire. Puisse sa pièce “ Normale ” être un jour jouée sur les planches, afin qu’un vaste public puisse y avoir accès. Et pourquoi pas des étudiants en formation ? Pour accéder à “ Normale”.
Dr François-Marie Michaut

12 janvier 2004
Signaux de fumée
L’usage du tabac semble devenu l’une des cibles favorites de nos hygiénistes des pays développés. Odette Taltavull, dans la LEM 328 de la semaine ( “Et pourtant la fumée était bleue” ) nous invite à réfléchir lucidement, et sans a priori, sur ce qui se dissimule derrière la volonté de faire cesser de fumer. Sans oublier les effets indésirables à craindre pour l’état de santé des populations les plus fragiles. Comme toujours, l’enfer désenfumé risque d’être pavé des meilleures intentions. Accéder à cette LEM.
Dr François-Marie Michaut

13 janvier 2004
Compter les coups (d'oeil)
Un coup d'oeil en arrière, sur ceux de l'année 2003, et un en explorateur. Si l'on simplifie à 200 coups d'oeil annuels, notre leader FMM est producteur de 35 coups d'oeil, 12 présentations spéciales évènementielles, et les commentaires proposant les 50 LEM. Au total 97 interventions. Notons que sa source principale est l'audiovisuel (17 sur 35) le QduM, la presse et "autres" complètant. JB a proposé 87 coups d'oeil, dont 48 issus du QduM, 21 de la presse, et 9 commentaires de livres. Puis PhD a adressé 51 coups d'oeil, 19 issus de la presse, 14 du QduM, et 11 de sources diverses dont 2 livres. Enfin 15 autres coups d'oeil proviennent de 5 auteurs. Au total 61 % sont tirés de la presse (36 % du QduM, 25 % de 10 autres titres) de l'audiovisuel 17 %, et d'autres sources 17 %. Rien de tout cela n'est rigoureusement mathématique. En gros, FMM est à l'origine de 100 interventions sur 250 annuelles.
Peu d'évolution des sources par rapport à 2002. 
Dr Jacques Blais

14 janvier 2004
C'est de saison
Les idées concernant la dépression saisonnière, l'influence de la lumière du jour sur les humeurs, sont dans l'air du temps depuis les années 80. Même Hippocrate avait remarqué que les patients atteints de troubles bipolaires (les maniaco-dépressifs) rechutent à l'équinoxe et au solstice, cela a été confirmé. Mais le vent du Sud ? Il serait une cause d'agressivité, une histoire d'ionisation de l'air et une affaire de sérotonine. En cause aussi dans des insomnies, des céphalées. La canicule sinistre a permis de réaffirmer que les patients psychiatriques sont nettement plus vulnérables par forte chaleur, ceci en raison cumulée de leurs traitements et de leur maladie. Mais l'entité du stress post-traumatique n'est pas sensible à la saison. Et le Docteur Patrick Lemoine estime même que les fameuses "cellules de soutien" sont devenues maintenant une partie d'un rituel social, lié à la recherche systématique de coupables, mais sans preuves d'efficacité réelle tant elle sont devenues codifiées, normatives. Le code, la norme, ne sont pas le soin. Et les saisons, elles au moins, changent de plus en plus dirait-on ?   (Le QduM  08/01/04)   Dr Jacques Blais

15 janvier 2004
Encore un peu de saumon ?
Est-il plus dangereux pour notre santé de manger du saumon fumé que de fumer d'autres substances non poissonneuses ? C'est l'interrogation soulevée par quelques études (non validées) aux USA et ailleurs . Et pourtant , on nous dit bien qu'il faut privilégier la consommation de poisson par rapport à la viande . A qui se fier ? Le saumon d'élevage contiendrait du polychlorinate biphénil (PCB) , de la dioxine et quelques pesticides. Aussi faudrait-il ne consommer du saumon d'élevage qu'une fois par mois. Source : JIM on-line du 09/01/2004. Et combien par mois d'alcool , de tabac , de cannabis , d'ecstasy et autres saloperies ? Moi, je mangerai du saumon d'élevage ou sauvage quand j'en aurai envie . Chacun est libre de choisir son cancer , non ?
Dr Philippe Deharvengt

16 au 18 janvier 2004
Convergences
Le Docteur Iulius Rosner , dans la LEM n° 320 du 17/11/2003 , et votre serviteur dans la LEM n° 321 du 24/11/2003 , avions dénoncé les dangers qu'il y aurait à légiférer , non sur l'euthanasie , mais sur l'aide à la fin de vie . Cela , bien évidemment , en relation avec l'affaire Humbert/Dr.Chaussoy . On apprend (le Q.d.M. du 15/01/2004) que le Professeur Bernard Debré vient de sortir un livre << Nous t'avons tant aimé . L'euthanasie , l'impossible loi >> , Ed. du Cherche Midi , consacré à ce fort douloureux problème . [ . . . ] << il s'en prend avec animosité à tout projet de loi qui codifierait l'euthanasie . Il critique sévèrement ceux qui réclament le << droit à mourir dans la dignité >> , il dénonce les assauts contre l'acharnement thérapeutique , lequel correspond seulement au devoir du médecin de soigner jusqu'au bout et a permis des progrès scientifiques considérables [ . . . ] . >>
      Autant dire , grosso modo , que nous partageons les mêmes avis . Encore faut-il que cette attitude n'aille pas à l'encontre de l'intérêt du patient . Car le premier devoir du médecin est de soulager la souffrance ainsi que nous l'ont enseigné nos Maîtres .
Docteur Philippe Deharvengt

19 janvier 2004
Avoir raison trop tôt
On parle beaucoup depuis quelques mois du traitement hormonal substitutif de la ménopause. Ses mérites, chacun s’en souvient, on été étalés avec complaisance tant auprès du grand public que de la profession médicale. Et pourtant, il y a déjà longtemps, une voix s’est élevée pour poser quelques questions sur les conclusions d’une conférence de consensus qui avait traité de ce sujet. La LEM 329 “ Médicaliser la ménopause” de la semaine reprend mot pour mot ce que le Dr Iulius Rosner avait déjà écrit et publié. C’est passionnant, et ... instructif.
Dr François-Marie Michaut

20 janvier 2004
A domicile
Les sigles sont terriblement fréquents dans le domaine de la santé. Explorons-en un : H.A.D. ou Hospitalisation à Domicile. Sachons d'abord que 90 % des hospitalisés à domicile le sont pour une maladie de longue durée (ALD). La moyenne des séjours est de 26 jours, il y en a 11 % de plus de 3 mois, et 50 % ne dépassent pas 15 jours. Les indications sont celles de cancers pour une HAD sur deux, en général. Mais en cas de durée supérieure à 3 mois, ce sont les maladies du système nerveux qui l'emportent (27%) sur les cancers (22%) et les affections circulatoires (18%) D'autres causes existent, comme la surveillance obstétricale (8%) les soins de phase terminale (7%). Et si, en matière de soins ce sont ceux de chimiothérapie qui l'emportent (22%) les soins palliatifs (14%) ou le nursing lourd (9%) on notera avec intérêt que les indications très ponctuelles concernent tout de même 4 patients sur 10. Cette étude bat en brêche plusieurs a priori sur les durées, la lourdeur, ou le palliatif qui sont les idées reçues en matière d'HAD comme largement primordiales. En fait même si la maladie elle-même est durable voire définitive (ALD) la prise en charge en HAD n'est, elle, qu'assez temporaire. (Le QduM 12/01/04)   
Dr Jacques Blais

21 janvier 2004
Ah, la vache
<< L'homme a dû s'adapter au lait de vache pour mieux le digérer , mais il n'est pas impossible que la vache , de son côté , se soit également adaptée aux hommes qui buvaient son lait . En effet , des chercheurs du CNRS [ . . . ] ont mis en évidence une co-évolution de la vache et de l'homme dans le centre-nord de l'Europe . [ . . . ] Or c'est dans cette région du monde que l'on trouve la plus importante proportion de personnes tolérantes au lactose . [ . . . ] Afin d'expliquer ce phénomène , les auteurs soulignent le fait que l'élevage des bovins dans le centre-nord de l'Europe a débuté au néolithique : au cours du temps , les hommes se sont adaptés au lait , et l'élevage des vaches a eu pour conséquence d'augmenter la diversité génétique du lait . L'homme et la vache auraient ainsi mutuellement influencé leurs génomes . >> Source : le Q.d.M. du 14/01/04. Faut-il y voir une confirmation des théories de Darwin ? Ah , la vache , il n'y avait pas pensé ! Heureusement qu'il y a Exmed !
Dr Philippe Deharvengt

22 janvier 2004
C'est à lire
Amis d’Exmed, vous que je sais grands amateurs de médecine , de littérature , de poésie et d'actes héroïques , ne manquez pas de lire : << Dans la prison que France est devenue , Mémoires de Résistance >> , de Jean BERNARD de l'Académie française , chez Albin Michel . Je laisse à l'éditeur le soin de vous y inciter :
<< 1943 . Dans la cellule 359 , au troisième étage de la prison de Fresnes où il a été jeté par la Gestapo , un homme attend . Il se nomme Jean Bernard . Ses perspectives se limitent alors à l'exécution ou à la déportation . Et il ne peut se confier à aucun de ses compagnons d'incarcération , sachant trop bien que , parmi eux , se dissimulent des "moutons" chargés d'obtenir des confidences compromettantes . Pour trouver en lui-même les voies d'une autre résistance , il se réfugie alors dans sa mémoire à travers la richesse de ses souvenirs et surtout la poésie . Une forme d'évasion que les bourreaux ne peuvent contrôler. Après une brillante carrière de médecin , le professeur Jean Bernard , une des grandes figures de son siècle , a présidé le Comité consultatif national d'éthique . Ce témoignage émouvant , d'une force et d'une originalité rares , évoque son action pendant l'Occupation et les grandes heures de la libération de Paris >>. Rappelons que le professeur Jean Bernard était un éminent hématologue , grand spécialiste des leucémies . Bonne lecture .
Docteur Philippe Deharvengt

23 au 25 janvier 2004
Post mortem
Alain Mimoun vient d'inaugurer le 52ème édifice sportif portant son nom. Cela permet de remarquer que la très grande majorité des hôpitaux,eux,  portent des noms de personnages défunts, ou de sites. Intéressant aussi, dans la capitale ou en périphérie, Ibn Avicenne (médecin et philosophe iranien), Antoine Béclère (médecin enseignant la radiologie), Pierre Bretonneau (découvreur de la typhoïde et de la diphtérie) Paul Broca (chirurgien et anthropologue), Laënnec ou pour citer de plus récentes figures, Robert Debré ou Henri Mondor, appartenaient au corps médical. Cochin était curé, exception, Boucicaut militaire. Mais il est instructif de noter que le plus récent hôpital, qui en remplace trois cités plus haut, est dédié à un homme politique, Georges Pompidou.
En province, le simple exemple d'Edouard Herriot ancien maire de Lyon, montre une différence, les hôpitaux portent souvent des noms de lieux, de sites, de quartier (La Timone, la Part Dieu, la Croix Rousse) ou d'anciens élus, de personnages du monde politique. Dans les villes moyennes ou les banlieues, même constat, lieu dit ou ancien maire ou député. Ce n'est qu'une réflexion, sans plus, Paris ayant rejoint l'idée d'une dénomination politique, l'hôpital appartiendra-t-il désormais infiniment plus à la nation, la région, la ville, qu'au monde de la santé que symbolisaient les quelques héros médecins en voie de disparition ? Une chose demeure sûre, pour un stade un vivant peut convenir, mais pour un hôpital mourez d'abord. Humour noir pour blouses blanches ?
Dr Jacques Blais

26 janvier 2004
Voir un peu plus large
La liste de discussion interne d’Exmed devient de plus en plus un laboratoire d’idées sur la santé nourri de contributions d’une grande variété. L’affaire Chaussoy en est une illustration particulièrement démonstrative. En marge et au delà des points de vue journalistiques traditionnels collés à l’événement. Pour vous faire votre opinion, vous êtes invités à prendre connaissance de la LEM 330 “ L’arbre Chaussoy ne doit pas cacher la forêt “ de François-Marie Michaut
Dr François-Marie Michaut

27 janvier 2004
Esprits fumeux
" Surprise fumante au journal télévisé d’avant-hier dimanche ! L'autorisation de vendre librement (et non à discrétion) du tabac dans les restaurants et les bistrots a été votée officiellement. C'est à se demander si la prévention dont on nous rebat les oreilles depuis plusieurs mois a vraiment pour objectif de faire baisser le nombre de fumeurs et d'améliorer ainsi leur santé ... ou simplement si cette mesure a permis au tabac d'augmenter ses profits sous couvert de Santé Publique. A l'heure où la consommation d'alcool diminue dans les bars et restaurants pour cause de radars routiers mal placés et d’éthylomètres vengeurs, il va être possible de s'adonner tranquillement à un autre vice. Et en cas d'abus, ce dernier ne fera pas flasher les radars et autres machines ! Les bonnes résolutions, qui enrichissent en attendant les producteurs de dérivés nicotiniques, et encore plus les caisses de l’Etat, vont-elles partir en fumée ? "
Odette Taltavull

28 janvier 2004
Bien peu curieux sages
En France, un “haut comité pour l’avenir de l’assurance maladie” a remis son rapport au Premier Ministre le 23 janvier. La presse, dont le QDM n° 7462, salue avec satisfaction le diagnostic “consensuel” des 53 membres de cette assemblée. Pourtant deux questions élémentaires, qui ont été évoquées par Exmed dans ses pages économiques depuis des années, n’ont même pas été évoquées. La première est la suivante : le monopole actuel de l’assurance maladie obligatoire fondée en 1945 doit-il, oui ou non, être maintenu en fonction de la réalité telle qu’elle est ? A signaler que les institutions européennes s’élèvent régulièrement depuis 1992 contre toutes les situations de monopole, ce qu’un jour nous ne pourrons plus faire semblant d’ignorer. La deuxième est celle du salaire total. Chaque salarié va-t-il encore longtemps ne pas être informé de ce qu’il gagne vraiment avec son salaire, c’est à dire non seulement le salaire net dont il peut disposer pour vivre, mais également la part de toutes les cotisations sociales patronales et salariales qui amputent d’environ 50% ce fameux salaire dit net ? Ce n’est que dans la mesure où chacun aura pris conscience, chiffres en main, de ce qu’il paye en vérité sur son travail pour son assurance maladie, maternité, accidents du travail, invalidité et vieillesse où l’on saura si vraiment, comme on le dit partout, les Français sont si attachés que cela, et à tout jamais, à leur “sécurité sociale”. Quand la tromperie des patrons qu’on prétend faire payer aura été mise à jour, les réflexes les plus sains, et les plus simples des gens qui sont économes, faute d’être économistes, imposeront des solutions justes et non idéologiques ou électoralistes.
Dr François-Marie Michaut

29 janvier 2004
Dormez bien, et partez rassurés
<< 70% de la population se plaint d'une insuffisance de sommeil , qualitative ou quantitative , près de 10% des français présentent une somnolence diurne excessive et environ un français sur cinq souffre d'insomnie . [ . . . ] L'urgence est à la prise de conscience , au débat et à l'action en faveur d'une meilleure prise en compte de ce fléau , affirme le député du Val-de-Marne Richard Dell'Agnola , président du Groupe d'études sur la route et la sécurité routière de l'Assemblée . >> Source : le Q.d.M. du 26/01/04. Rappelons que Richard Dell'Agnola est à l'origine d'une loi sur la prohibition du cannabis au volant . Et il a raison , car cannabis + alcool + insomnie = bonjour les dégâts ! Avis aux "ravers" et autres rêveurs de paradis aussi artificiels que meurtriers.
Docteur Philippe Deharvengt

30 janvier au 1er février 2004
Karaoké, OK
Le Karaoké serait issu, paraît-il, d'une coutume asiatique ancestrale, les jeunes villageois se réunissaient pour chanter, mais pas pour des bonbons comme au temps des citrouilles, pour se faire la cour plutôt. Et le Karaoké semble présenter bien des vertus thérapeutiques. Une forme de thérapie récréative, agissant sur l'humeur, les inhibitions, libérant les émotions, nourrissant les besoins narcissiques, en facilitant l'expression des sentiments. Une sorte de thérapie comportementale, d'art appliqué aux pulsions.... Ah au fait, c'est au Japon que cela se passe, berceau de cette activité, et un centre de thérapie de groupe très sérieux en accueil de jour propose ce modèle ludique et certainement pas innocent à ses patients. (Le QduM 15/01/04)    
Dr Jacques Blais

2 février 2004
Mes deux seins et pot lytique
Pardon, cher visiteur, de cet horrible jeu de mot digne de “ L’os court” , à lire phonétiquement ... et à interpréter librement à sa sauce personnelle. Simplement destiné à introduire la LEM 331 de la semaine, en ligne ce jour. Georges Clémenceau fut bien au tout début du siècle dernier Interne des Hôpitaux de Paris avant d’entrer brillamment en politique. Jacques Blais nous invite dans Médecins et ministres de la santé à suivre nos médecins français qui furent ministres de la santé dans les dernières années, et leur cheminement personnel dans deux univers bien différents, pour ne pas dire opposés.
Dr François-Marie Michaut

3 février 2004
Je voudrais vous dire
Sélection du Reader's digest a interrogé 200 médecins pour leur demander ce qu'il voudraient dire à leurs patients mais n'osent pas, ne peuvent pas, ou rêvent seulement de formuler. Les réponses sont intéressantes. Pour 85 % leur affirmer que les génériques les soignent. Ensuite 79 % : "Je ne vois pas pourquoi je vous signerais un arrêt de travail". Pour 69 % : "Je ne suis pas un distributeur de médicaments". 68 % voudraient simplement avouer qu'ils croient savoir ce qu'a leur patient, sans en être sûrs. 61 % auraient envie de demander "C'est vraiment pour ça que vous m'avez réveillé en pleine nuit ?" 47 % rêvent d'affirmer : "De nous deux, le médecin c'est encore moi". Chez 32 % l'audace consisterait à conseiller à leurs patients de se laver la prochaine fois qu'ils viennent. Enfin 10 % demanderaient à leur visiteur de rendre les magazines, le cendrier ou le tableau qu'ils viennent de dérober dans la salle d'attente. Deux conclusions, nous retrouvons là nos perpétuels thèmes d'apprentissage du non pour les praticiens, et par ailleurs chacun de nous a connu toutes ces situations sans exception, y compris la toute dernière.  (Le QduM 21/01/04)   
Dr Jacques Blais

4 février 2004
Refus de soins
<<La mission de lutte contre les sectes demande à l'Ordre des médecins de veiller aux bonnes pratiques de soins et attire l'attention sur les refus de vaccination et de transfusion sanguine>> Source : le Q.d.M. du 28/01/04 . [ . . . ] La Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires , NDLA) rappelle que les professions de santé sont réglementées pour protéger les malades contre le charlatanisme . L'article 39 du code de déontologie médicale stipule que <<toute pratique de charlatanisme est interdite>>. Or des mensonges aux malades , des diagnostics aberrants , des procédés illusoires , des produits ou remèdes prétendument magiques ou secrets sont signalés à la Miviludes , qui considère que ces faits sont <<souvent liés à des agissements sectaires>> . [ . . . ] La Miviludes <<tire la sonnette d'alarme>> à propos d'un mouvement récemment implanté en France , Kryeon , qui est <<parvenu à intéresser>> certains parents d'enfants hyperactifs , autistes ou simplement précoces et en situation d'échec scolaire . Selon le <<concept ésotérique-ufologique>> de Kryeon , la couleur de l'aura varie en fonction du caractère de l'aura ou de la santé . L'indigo , dernière couleur visible , est décelé par <<quelques adeptes adultes spécialement formés>> [ . . . ]. Spécialement formés au maniement du tiroir-caisse et à la couleur des poires. Car , tant qu'il y aura des hommes et des femmes, il y aura les poires et ceux qui les mangent.
Docteur Philippe Deharvengt , alias le Père Igor


5 février 2004
Les femmes sont les plus timbrées
En plein boum du patch à la nicotine, voici venu le petit nouveau : le patch contraceptif. Même action que la très célèbre Pilule, mêmes contre-indications, mêmes éventuels effets secondaires, mais pas même utilisation. En effet, les femmes vont devoir choisir entre collage hebdomadaire du petit carré ou prise quotidienne du petit cachet. Une fois chassée l'angoisse du décollage intempestif, lequel - nous dit-on - est impossible, une fois écarté le risque d'allergie - dite improbable -  dû à la supercolle qui va empêcher ledit décollage, les femmes auront un timbre d'avance sur les hommes. Elles pourront le coller n'importe où sur leur peau (sauf sur les seins), et même écrire dessus (faudra faire court quand même). Reste une question cruciale : si les femmes peuvent placer leur plaquette de pilule dans le verre à dents ou sur leur table de nuit, où mettront-elles leur patch contraceptif pour y penser chaque semaine sans faillir ? Parions qu'après ce timbre préventif sera inventé le timbre "post" ...  "
Odette Taltavull

6 au 8 février 2004
Sortir de l'hiver
Le miracle de l’écriture, le prodige de la photo, le talent de la présentation et les prouesses techniques de la Toile du réseau des réseaux, voilà les ingrédients pour partir d'un clic très très loin de notre hiver européen. Où cela ? Au coeur du Pacifique, dans les Iles Cook, plus précisément à Aïtutaki. Nous partons avec Jacques Blais. Embarquement immédiat pour ce voyage de lumière au bout du monde et pas comme les autres. Un moment de bonheur, c’est toujours bon pour la santé, n’est-ce pas ?
Dr François-Marie Michaut, cliché collection Jibé

9 février 2004
Un discret parfum de souffre
Notre LEM 332 en ligne ce jour risque, nous en avons bien conscience, de ne pas faire bondir d’enthousiasme nos amis médecins. Oser parler de ce que chacun constate depuis toujours en silence, avec crainte ou en s’en gaussant sous cape, sur le comportement apparent de bon nombre de membres de la corporation médicale, n’est pas vraiment fréquent. Et, peut-être faut-il comme François-Marie Michaut être un médecin en fin d’exercice pour aborder sans passion la question épineuse de la “ Suffisance médicale”. Là encore, les échanges de notre liste de discussion Exmed-1 entre professionnels et non professionnels de la santé ont été un puissant stimulant pour l’élaboration et la rédaction de cette LEM. Que tous nos colistiers en soient publiquement remerciés.
Dr François-Marie Michaut

10 février 2004
Vidal, mon beau Vidal
Vidal, mon beau Vidal, que dois-je prendre pour me soigner ?
C'est ainsi que les consommateurs pourront interroger "le Vidal de l'automédication"  pour traiter des symptômes qu'ils auront au préalable identifiés sans aucune connaissance médicale. Pour apaiser l'inquiétude bien légitime des médecins, les auteurs disent avoir tout prévu : seuls sont décrits les médicaments délivrés sans ordonnance (or, de plus en plus le seront si l'on en croit l'actualité), et un encart sur fond rouge incite le consommateur à s'interroger sous forme de " Quand consulter un médecin ? ".  Et, dans certains cas, la réponse " Si les troubles ne régressent pas après quelques jours d'automédication " a de quoi surprendre. Car encore faudra-t-il en première intention que le lecteur fasse le bon auto-diagnostic et que ce qu'il pense être une crise de colite ne soit pas un début de péritonite, que ce qu'il prend pour une grosse indigestion ne soit pas un prodrome d'infarctus, ou que sa migraine persistante ne soit pas une méningite. La médecine ne s'apprend pas dans les contes de fée. Ni dans les comptes des tiroirs caisse des éditeurs.
Odette Taltavull

11 février 2004
Pas géniaux ces génériques
Une enquête réalisée auprès de 10 000 personnes montre que 70 % d'entre elles trouvent les médicaments génériques "efficaces" mais curieusement seulement 50 % les estiment aussi "sûrs" que le médicament d'origine. L'idée moins cher = moindre qualité demeure très présente donc. Les mêmes 70 % des sondés acceptent la proposition générique de leur pharmacien, ce qui marque un progrès. Et si la Sécurité Sociale ne retrouve que 10 % des ordonnances prescrites en dénomination commune et non en marque de produit, 67 % des patients estiment que leur médecin leur a déjà prescrit un générique. Sans doute parce que la Sécu ne comptabilise par des mentions comme "ou équivalent" et "ou générique" sur les prescriptions, voire même un nom de marque générique. Enfin une personne sur deux ignore la signification du sigle TFR. Et vous les Internautes français ? Avez-vous une notion du Tarif Forfaitaire de Responsabilité mis en place en septembre, et alignant les remboursements des produits ?
(Le QduM  21/01/04)  
Dr Jacques Blais

12 février 2004
Ils raccrochent leur sthétho
<<En 2002 , selon l'Ordre des médecins , 5740 médecins actifs ont déclaré avoir cessé temporairement d'exercer . Qui sont-ils ? Quels sont leurs motifs ? Peut-on penser qu'ils reprendront leur activité à court terme ?>> Source : le Q.d.M. du 30/01/2004 . [ . . . ] <<Dans un contexte d'évolution à la baisse des effectifs médicaux, il est important de mieux cerner ces phénomènes afin d'éclairer le débat sur le potentiel réel en médecins actifs parmi ceux en âge de l'être [ . . . ] très majoritairement , la cessation temporaire d'activité ne relève pas du choix délibéré du médecin [ . . . ] l'âge moyen de départ à la retraite des médecins libéraux a sensiblement baissé (passant de 68 ans en 1992 à 66,4 ans en 2002 , NDLA) [ . . . ] D'ici à dix ans , les médecins en âge de prendre leur retraite seront très nombreux. Si la tendance à la baisse de l'âge de la retraite se poursuit, cela ne fera qu'accentuer le phénomène .>>. Si vous voulez être bien soigné par un bon généraliste dans dix ans, soyez sympa avec lui, ne l'agressez pas, ne le contrariez pas, ne le réveillez pas la nuit, ne le dérangez pas les week-ends, respectez vos heures de rendez-vous, soyez un patient exemplaire, un modèle de civisme et de bonne éducation. Sinon , vous n'en trouverez plus. Les rares survivants de cette espèce en voie de disparition, ceux qui auront échappé à l'infarctus et au suicide, se seront reconvertis en plombiers, carrossiers ou réparateurs de TV. Et surtout, portez-vous bien .
Dr Philippe Deharvengt, alias le Père Igor

13 au 15 février 2004
Harcèlement moral au travail
La description du harcèlement au travail, dont chaque praticien mesure jour après jour les terribles conséquences pathologiques chez ses patients, est-elle suffisante pour lutter comme nous devrions le faire contre cette forme de violence aussi répandue que difficile à maîtriser ? Probablement pas, car elle laisse dans l’ombre la question de la motivation des harceleurs ... et de leurs complices et témoins silencieux. Christiane Kreitlow, que nous connaissons bien à Exmed, nous propose une hypothèse des plus intéressantes. Il y aurait, selon cette psychologue fort versée dans cette pathologie, entre les harcelés et les harceleurs une différence fondamentale de vision du monde. Un texte en ligne à lire, à relire et à faire lire pour tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux phénomènes de la violence sous toutes ses formes dans nos sociétés nanties et d’allure “démocratique”.
Dr François-Marie Michaut

16 février 2004
Hommes d'écran
L’invasion de notre vie quotidienne par de multiples écrans, dont , ne l’oublions pas celui de notre cher Internet et ceux de la médecine, n’est pas sans poser une foule de questions sur notre façon de vivre, Tel est le sujet de notre LEM 333 en ligne ce jour. Son titre ? Écran total. Son auteur ? Le Dr Jacques Blais qui n’hésite pas à promener son stéthoscope toujours fouineur partout où des humains vivent. Bonne lecture.
Dr François-Marie Michaut

17 février 2004
La santé du monde
Chacun sait que la Tuberculose est en recrudescence, particulièrement chez les jeunes migrants et sans papiers. Le choléra persiste. La Syphilis est en réapparition. Mais la récente Journée Nationale des Lépreux nous rappelle que chaque minute dans le monde, une personne apprend qu'elle est atteinte de la lèpre, dont un enfant nouvellement contaminé toutes les dix minutes. La lèpre se traite par une trithérapie, elle aussi, dapsone + rifamycine + clofazimine. Mais le tout est d'atteindre les malades dans leurs zones de résidence, et d'accumuler assez d'argent pour les traiter. En gros 2 euros permettent un mois de traitement d'arrêt de la contamination, 12 euros six mois de traitement de la forme de lèpre modérée, et 24 euros un an de traitement de la lèpre multibacillaire. Un aveu, une confidence, un souvenir. Quand vous êtes, en 69, au moment des premiers pas d'Armstrong sur la Lune, un jeune médecin effectuant ses premiers pas de coopérant en Afrique, et que vous avez à amputer, opérer, repérer, des centaines de lépreux sur votre secteur, vous vous sentez assez honteux, impuissant, en décalage, et vous n'oubliez jamais. Jamais.   (Le QduM 23/01/04)  
Dr Jacques Blais

18 février 2004
Vieux et bien frais
Officiel, le sous-ministère chargé des personnes âgées vient de nous sortir son remède pour éviter à l’avenir les milliers de décès qui ont endeuillé la France durant la canicule du mois d’août. Six mois de gestation des meilleurs esprits administratifs pour accoucher laborieusement ... d’une circulaire aux Préfets. Chaque maison de retraite doit se doter avant l’été prochain,( donc dans 4 mois) , d’une chambre refroidie (Source QDM du 17 février ). Deux questions naïves. L’aménagement représentant entre 10 000 et 15 OOO euros, qui doit payer ces travaux, sinon les pensionnaires eux-mêmes ? Chaque établissement comptant presque une centaine de résidents, qui , en cas de besoin, bénéficiera de la chambre climatisée, et que deviendront alors tous les autres ? Heureusement, la bêtise ne tue pas. Mais toujours cette dramatique appétence intellectuelle à traiter les problèmes de manque de présence et d’action humaine par des installations de machines miracles. Cela ne vous rappelle rien, lecteurs automobilistes ?
Question subsidiaire : cette circulaire étant le travail de X personnes fonctionnaires, de Y réunions rassemblant Z salariés, envoyée à presque cent préfets et DDASS, quel est le coût final pour le contribuable de cet exercice involontaire d’humour ... froid ? Ca, on ne le saura jamais, secret d'Etat.
Dr François-Marie Michaut

19 février 2004
Elles portent à gauche
Un psychologue américain a interrogé 287 mères, 8 sur 10 d'entre elles portent leur bébé sur le bras gauche. La peinture classique des grands tableaux, italiens par exemple, de vierges à l'enfant les représente également avec leur rejeton sur le bras gauche. Et culturellement ce comportement est quasi universel, chez les femmes du monde entier 60 à 90 % agissent ainsi, et même les primates fonctionnent de la même manière. Est-ce lié au côté du coeur ? trop sensible. Ou à l'utilisation libre du bras le plus agile ? trop simple. Les scientifiques penchent pour une explication liée au cerveau droit, celui des émotions, qui en gouvernant la vue du champ visuel gauche faciliterait les interactions entre mère et enfant. (Cerveau et psycho 1er trimestre 2004)   
Dr Jacques Blais

20 au 22 février 2004
Ne nous voilons pas la face
« A la fédération hospitalière de France (FHF) , Emmanuelle Quillet , adjointe au délégué général , commence par préciser qu'à l'hôpital ; “ le principal problème ne tient pas à l'attitude du personnel soignant, mais à celle de certains patients “. Selon Emmanuelle Quillet , on n'a jamais vu un personnel soignant hospitalier refuser de soigner quelqu'un en raison de son sexe, de sa race ou de sa religion, alors qu'à l'inverse certaines patientes, ou leur mari, refusent parfois d'être auscultées par un médecin homme .» [ . . . ] Source : le Q.d.M. du 06/02/04. Voila qui est très bien. Dorénavant , les femmes voilées seront soignées par des femmes voilées, les femmes juives par des femmes juives, les femmes congolaises par des femmes congolaises, les femmes zimbabwéennes par des femmes zimbabwéennes etc... Encore faudra-t-il que les soignantes zimbabwéennes aient appris en France leur métier de soignante, tout en continuant de pratiquer couramment leurs diverses langues, telles que "shona" , "ndébélé" , etc... Pour les chirurgiens islamistes, les hôpitaux devront prévoir des salles de prière jouxtant les blocs opératoires, afin que ceux-ci puissent procéder à leurs ablutions rituelles (qui n'ont rien à voir avec la prévention des infections nosocomiales), et faire leurs prières, prosternés vers la Mecque, entre deux coups de bistouri ou en pleine intervention "à coeur ouvert" et circulation extra-corporelle. Rien de plus simple . . . Portons-nous bien, nous en aurons besoin .
Docteur Philippe Deharvengt , dit le Père Igor

23 février 2004
Dès l'école
Vous savez qu’à Exmed, nous tenons beaucoup à ce que puissent s’exprimer à égalité aussi bien des professionnels de la santé que tous les autres citoyens. C’est pourquoi, nous avons le plaisir de publier ici la LEM 334. Son sujet ? La présentation du livre “ Harcèlement dans l'enseignement” par son auteur Philippe Arquès. Aborder ce dossier brûlant par l’un des lieux, l’école, où il peut le plus facilement s’apprendre ou se perfectionner est une idée de prévention très intéressante. Que l’auteur soit lui-même un enseignant purement scientifique dans une prestigieuse école d’ingénieurs amène à une rigueur d’analyse qui s’impose dans un domaine encore bien flou dans beaucoup d’esprits, dont ceux, balayons devant notre porte, de multiples soignants, gens de médias et autres décideurs censés savoir ce qu’est ce Harcèlement Moral dont on parle tant.
Dr François-Marie Michaut

24 février 2004
Mort de notre espèce
<<Alerte ! On soigne les malades atteints du cancer et non l'environnement qui est lui-même malade>>. Ce constat émane du Pr. Dominique Bellepomme, cancérologue, président de l'Association française pour la recherche thérapeutique anticancéreuse (Artac), chargé de mission pour la mise en oeuvre du plan cancer. Et il fait froid dans le dos. Parce qu'à plus ou moins long terme, selon le Pr. Bellepomme, c'est la survie de l'espèce humaine qui est en jeu. A moins que cette dernière refuse de se rendre <<coupable d'un génocide planétaire>> programmé. Un cri d'alarme en forme de scénario-catastrophe qui offre aussi des clés pour comprendre <<l'enfer du décor>> . <<Ces maladies créées par l'homme>> chez Albin Michel , Source : le Généraliste du 20/02/2004
      <<[ . . . ] vous envisagez la disparition de l'espèce humaine à l'horizon 2100. N'est-ce pas un peu alarmiste ? _ Pr.D.Bellepomme : Malheureusement non . [ . . . ] j'ai la certitude aujourd'hui que les choix industriels pris par notre société risquent de faire disparaître l'espèce humaine à brève échéance. [ . . . ] l'effet de serre [ . . . ] on table sur une augmentation de 3°C de la température de la Terre à la fin de ce siècle . [ . . . ] Les Etats-Unis n'ont pas signé le protocole de Kyoto et un certain nombre de pays non développés ont du mal à accepter de limiter leur production industrielle pour moins polluer. [ . . . ]>> On ne peut pas suspecter le Pr. Bellepomme de faire du catastrophisme apocalyptique sectaire . Alors , il nous faut bien prendre ses propos très au sérieux, sauf à se dire : <<après moi , le déluge>> .
Dr Philippe Deharvengt

25 février 2004
Le foot, c'est pas le pied
L'affaire Pantani a rappelé de nouveau la mortalité et l'usage extrêmement répandu de substances illicites dans le cyclisme. Les anciens athlètes de la République Démocratique d’Allemagne sont également en train de demander des indemnisations pour les préjudices subis, nageur, coureurs, haltérophiles, en usant et abusant de produits dopants sur ordre de leurs fédérations autrefois. Le Dr De Mondenard, expert en dopage en France, citait une autre cible peu évoquée. Si les USA font quelque peu mine, à contre-coeur, de se préoccuper de leurs athlètes, un sport paye un tribut effarant au dopage. D'après le Dr De Mondenard, la durée de vie moyenne des joueurs de football américain tourne autour de 52 ans, tellement ils ont été “chargés” en produits pendant leur carrière. Masse musculaire, vitesse, les qualités requises chez ces sportifs gagnant et rapportant des sommes astronomiques, amènent leurs coaches à les livrer aux mirages des produits de performance, au péril de leur survie, dans un sport peu ou mal contrôlé.   (Télévision France5)
Dr Jacques Blais

26 février 2004
Les femmes (se) conduisent mieux
<<Les femmes sont trois fois moins nombreuses que les hommes parmi les tués de la route. Plus sérieuses , plus concernées par leurs passagers et roulant moins la nuit : telles sont les conductrices, quel que soit leur âge, vues par l'Association française des femmes médecins. Les groupes à risque sont plutôt les hommes jeunes [ . . . ] Source : le Q.d.M. du 05/02/04. Oui , mais qu'en sera-t-il des femmes patchées et timbrées dénoncées par notre amie Odette T. dans le coup d'oeil de ce même 05/02/04 ? Hein ? ? ? Et si de surcroît elles sont voilées, téléphonent en conduisant , fument et consomment de l'herbe .
Docteur Philippe Deharvengt, alias le Père Igor

27 au 29 février 2004
Le dernier Rufin
Jean-Christophe Rufin est, chacun le sait, ce médecin humanitaire, cet écrivain récompensé par le Goncourt pour Rouge Brésil, et auteur avant cela de remarquables autres livres, comme L'Abyssin. Son dernier ouvrage est inhabituel, et plus difficile, mais cette variété fait son charme. Il s'agit en gros d'imaginer notre terre dans des décennies futures, avec de vastes coupoles de protection des villes, des êtres humains prolongés, rafistolés, aux pièces organiques changées à mesure. C'est un exercice délicat, et la projection est parfois complexe. Mais quelques idées frappent, la disparition de l'écriture liée à la reconnaissance vocale, celle des livres devenus électroniques, et une sorte d'inversion dans le monde. Tous les humains uniformisés, normalisés, d'où le titre GLOBALIA, sont identiques en droits et en capacités, en allocations, en langue, et protégés dans leurs bulles, tandis que "les autres" les usés, vieillis, hors norme, ont été refoulés dans les "non-zones" où on les chasse. On reconnaît l'écriture habile et élégante de l'auteur, et sa perpétuelle quête du juste, de l'humain, dans un livre exigeant. Chez Gallimard, 490 pages.
Dr Jacques Blais

1er mars 2004
Drôle d'histoire
Il n’est pas habituel d’oser parler de ce qui se passe quand un médecin de garde est amené à soigner le “client” d’un de ses confrères. Et de qui se dit alors entre patient et praticien. Ce n’est pas toujours exemplaire. Notre ami Iulius Rosner, avec son humour habituel, nous en dit plus dans la LEM 335 en ligne cette semaine. Souvenez-vous : “ Drôle de médecin “ du Dr Iulius Rosner. Et régalez-vous.
Dr François-Marie Michaut

2 mars 2004
Asticots et chiens médecins
<<Plaies infectées ; les asticots autorisés en Angleterre>> Source : le Q.d.M. du 25/02/2004. <<Depuis le 20 février , les médecins anglais ont reçu l'autorisation de traiter les plaies infectées par les asticots , afin de diminuer la consommation d'antibiotiques . [ . . . ] Les médecins avaient constaté que les plaies infectées ou nécrosées se cicatrisent rapidement (en trois jours en moyenne) grâce à l'application de larves de mouches qui tuent les bactéries et dévorent les tissus nécrosés , laissant intacts les tissus sains>>. A quand le retour aux bonnes vieilles sangsues dans le traitement de l'hypertension artérielle et la prévention de l'oedème aigu du poumon ? Pour les plaies infectées , il existe une méthode tout aussi infaillible qui consiste à laisser son chien lécher la plaie , car la salive du chien est très riche en enzymes protéolytiques ayant la même action que les asticots. Il existe dans notre Périgord rural et occitan un dicton : <<langua di chi , langua di medichi>> , ce qui se traduit ainsi : <<langue de chien , langue de médecin>> . On ne vantera jamais assez les vertus thérapeutiques du chien .
Dr Philippe Deharvengt ,dit le Père Igor

3 mars 2004
Fragonard, au rapport
Il y a eu le peintre, les parfumeries de Grasse, mais attardons nous sur le Rapport du même nom, établi à la suite des réflexions des 53 membres du Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie. Les 6 points retenus, concernant les médecins,  méritent tous analyse et propositions constructives. 1/ Les praticiens ne sont pas là où il faut. Autrement dit la répartition démographique des offres de soins est à revoir. 2/ Ils ne sont pas payés comme il convient. Les sources, les modalités, les conventions de rémunération sont inadéquates. 3/ Ils ont délaissé leurs fonctions de base. En médecine générale, on dit Premier recours, Prise en charge globale, Suivi des soins, Acteur de santé publique, Coordination. Tout cela n'est ni appliqué ni intégré. 4/ Ils prescrivent trop de médicaments. Gros écarts par rapport à nos voisins européens, bien ou mal ? 5/ Ils dispensent plus d'arrêts de travail qu'avant. Problème social, formation, démographie ? 6/ Ils sont trop peu nombreux à s'évaluer. Incitation inadaptée, formule inadéquate, esprit de sanction au lieu de progression ?   En tout cas nous retrouvons là bien des thèmes chers à nos réflexions. (Le Généraliste, 30/01/04)      
Dr Jacques Blais

4 mars 2004
Tremblons ...
<<Et si la terre tremblait plus fort en France . . .>> Source : le JIM (Journal international de médecine) du 27/02/2004
Hokkaido au Japon , aucune victime . Au Maroc , 571 morts . <<Si la France était touchée par une telle catastrophe quelles seraient les conséquences ? Au lendemain de la petite secousse qui a ébranlé l'Est de la France lundi soir et qui n'a causé que très peu de dommages , les spécialistes s'interrogent sur les capacités de la France à répondre à un violent tremblement de terre . Les régions concernées sont la Côte d'Azur , les Pyrénées , les Alpes , l'Alsace , ainsi que les DOM-TOM . [ . . . ] les règles parasismiques ont été largement ignorées par les architectes des années 70 [ . . . ] Si les secours ont pu paraître très désorganisés au lendemain des séismes survenus à Izmit en Turquie ou plus récemment à Bam en Iran , c'est que les postes de secours (police , caserne de pompiers , hôpitaux) ont été les premiers détruits par les tremblements de terre . Le même scénario pourrait bien se produire en France , notamment à Nice , où la préfecture , la caserne Marianne et le commissariat de police ne résisteraient probablement pas à une trop forte secousse .>>
Docteur Philippe Deharvengt

5 & 6 mars 2004
Affaire de famille
Reconnaissons que le titre traduit, "Inavouable amour" de ce livre Américain de Henry Denker n'est pas son meilleur atout. A l'origine il était intitulé "Benjie" le diminutif du prénom du petit garçon dont il raconte l'histoire. Et derrière la sienne, celle de la psychiatre pour enfants qui dénouera une affaire affreuse. Ce roman a une immense qualité, faire découvrir aux lecteurs, probablement horrifiés, que le pire existe, l'incroyable, la terreur de l'abjection chez tant d'enfants victimes. Et tous les médecins qui se sont intéressés à la thérapie familiale connaissent ces histoires en apparence invraisemblables, mais si tragiquement authentiques. La différence, chez les praticiens, les juges, les travailleurs sociaux, les enseignants, est de décider de voir, entendre, ou écouter, ou d'ignorer, de refuser, de ne même pas tenter d'imaginer ces vérités là. Ce livre a aussi des défauts, l'auteur a presque toujours écrit sur l'enfance, l'ambiance médicale, mais avec les méthodes bien léchées des écoles américaines d'écriture, parfois décalées dans une progression et une construction artificielles. Mais il est toujours infiniment utile de savoir que l'inconcevable, surtout s'agissant d'enfants et de parents, fait partie du lot professionnel des soignants et thérapeutes. Découvrez, c'est aux Presses de la Cité, 433 pages. 
Dr Jacques Blais

7 au 9 mars 2004
Oser dire l'indicible
La mort fait partie intégrante de la vie du médecin. C’est même dans le contact physique, contre nature et interdit pour tous les autres, avec le corps d’un cadavre humain mis en morceaux que débute vraiment son initiation à la médecine. Ce n’est pas pour cela qu’il est facile aux praticiens d’en parler avec leurs patients, et encore plus avec les enfants de ceux-ci. Alors, on n’EN parle pas, on se cache derrière les légendes habituelles pour ne pas avoir à affronter le regard éventuellement accusateur de ceux qui restent. Suivons Jacques Blais dans sa LEM 336 qui parait sous le titre évocateur “ Papa est en voyage”.
Dr François-Marie Michaut

10 mars 2004
Soigner les prisonniers comme les autres
<<Suspension de peine pour raisons médicales>> . JIM du 05/03/2004 : <<[ . . . ] la libération pour raisons médicales de Maurice Papon [ . . . ] révélait l'existence d'une disposition de la loi sur le droit des malades , (dite loi Kouchner adoptée en mars 2002) , créant la possibilité pour les prisonniers dont <<le pronostic vital est engagé ou dont l'état de santé est incompatible avec la détention>> de bénéficier , après étude du dossier par le juge d'application des peines (JAP) , d'une suspension de peine . [ . . . ]>>
      Oui , deux ans plus tard , M.Papon est encore bien en vie , et se permet de faire appel de sa condamnation à dix ans de réclusion pour complicité de crime contre l'humanité. Mais serait-il en vie s'il n'avait pas bénéficié de cette suspension de peine ? Qui n'a pas exercé la médecine derrière les barreaux ne peut imaginer les difficultés rencontrées. Les médecins ne sont pas des juges. En détention , leurs devoirs sont les mêmes qu'en milieu libre , la population pénale à droit à la même qualité de soins que la population libre. Or les moyens dont disposent les médecins exerçant en prison ne leur permettent pas de prendre en charge des patients très âgés ou en fin de vie. C'est la seule justification des dispositions de la loi Kouchner , mais elle est bien réelle .
Dr Philippe Deharvengt , ancien médecin de la "Pénitentiaire"

11 mars 2004
De quoi souffrent-elles ?
Un numéro spécial "Femmes" à l'occasion de leur journée, dans le Panorama du Médecin du 04/03/04, répertorie les causes féminines de consultations et de décès en fonction des tranches d'âge. Chez les enfants : décès par tumeurs, coefficient 3,1 sur 100000, accidents 2,3. Consultations affections ORL 29 %. De 15 à 44 ans : décès par suicide 8,3, accidents 7,1.  Consultations : contraception 12 %, ORL 10 %. Femmes de 45 à 74 ans : Décès par cancer du sein 64 pour 100000, maladies vasculaires cérébrales 31 et cardiaques 31. Consultations hypertension 17 % maladies veineuses 10 %.  Enfin femmes de plus de 75 ans : décès par maladies vasculaires cérébrales 689, cardiopathies 559 et insuffisance cardiaque 545. Consultations hypertension 30 %, maladies veineuses 11 %. C'est un résumé assez sévère mais très instructif. Les femmes jeunes se tuent ou se font tuer (total 15 sur cent mille) Puis leurs seins (coeff 64) et leurs vaisseaux (62) les emportent. Et enfin, âgées, les affections vasculaires cérébrales décuplent (689) ainsi que les cardiaques (total 1100). Sources INSERM.     
Dr Jacques Blais

12 au 14 mars 2004
Au coeur du Moyen Orient
C'est un livre assez ardu, mais très intéressant. En plein débat sur "le voile", on perçoit combien il est difficile de situer la discussion entre le monde arabe et l'islamisme. Et au coeur des violences du Moyen-Orient en feu permanent, il apparaît aussi délicat de se placer entre judaïsme et sionisme, pratique de la religion juive et habitants des colonies juives. C'est un peu l'idée centrale du livre de Marc Weitzmann, qui à travers des personnages complexes, leur duplicité, leurs faces cachées, tente d'exposer la considérable difficulté du monde Israëlien. Un autre thème se surajoute, celui du syndrôme post-traumatique de toutes les populations perpétuellement agressées. L'auteur mêle la réalité politique des dernières décennies, ses attentats, ses lâchetés, avec la fiction de son intrigue aux détours multiples, moitié historien vulgarisateur et moitié romancier, et tient ainsi en haleine le lecteur au long de ses 460 pages. Marc Weitzmann, "Une place dans le monde", chez Stock   
Dr Jacques Blais

15 mars 2004
Sexe encore, sexe toujours
Cette vieille question qui nous taraude tous, du moins dans les époques et les cultures qui reconnaissent une égalité ( souvent hélas bien théorique, en vérité) entre les hommes et les femmes : pourquoi avons-nous tant de mal à nous comprendre mutuellement ? Jacques Blais y consacre la LEM 337, sous le titre ( de la rédaction ) “ Mal entendus fémino-masculins” que vous trouverez en ligne toute la semaine. Le sujet est des plus sensibles partout dans le monde : les claviers vont certainement crépiter sur notre liste interne de discussion par e-mails exmed-1 !
Dr François-Marie Michaut

16 mars 2004
La planète Marx
Il y avait déjà Groucho et ses frères, et puis un certain Karl. Et une femme : Gertrie Marx, née à Francfort en 1912, qui aura vécu jusqu'à 91 ans. De quoi vivait-elle, cette brave femme ? De travaux d'aiguille... Oui mais un peu particuliers. En 1930, en ayant entendu parler un nommé Hitler, elle décide de quitter l'Allemagne pour la Suisse. Où elle obtient son diplôme de médecin en 1937. Elle rejoint ensuite les Etats Unis et l'Hôpital Beth Israël d'abord, elle y rencontre son mari. Puis au Collège Albert Einstein de New York en 1955, cette femme qui n'aura jamais d'enfant a une idée : elle invente la péridurale pour les accouchements compliqués et les césariennes, pour éviter l'anesthésie générale. Plus tard, en dépit des critiques, cette pratique sera étendue aux accouchements simples. De fil en aiguille, pourrait-on dire.  (Le QduM 11/03/04)  
Dr Jacques Blais

17 mars 2004
Trop chers enfants
" Un enfant n'est pas un adulte en miniature. Pourtant, certaines médications lourdes qui n'ont fait l'objet d'aucune étude préalable quant à leur utilisation en pédiatrie, sont administrées aux enfants. Ces médicaments n'ont même pas reçu d'AMM ( autorisation de mise sur le marché) dans ce domaine précis. De l'avis des laboratoires producteurs, faire de telles études coûterait bien trop cher ; et le "marché de l'enfance" concernant ces médicaments-là n'est pas "rentable". En médecine de ville cela ne pose pas trop de problèmes car le Généraliste a peu d'occasions de prescrire de tels produits. En revanche 50% à 80% des médicaments qui sont utilisés couramment en pédiatrie hospitalière ne sont pas prévus pour être administrés à des enfants. Dosages et préparation, administration et surveillance, sont alors plus que délicats ! Cela pose un réel problème, en particulier dans les services de réanimation ou de soins intensifs. Dans la balance économique, combien pèse la santé d'un enfant ? "
Odette Taltavull

18 mars 2004
Société civile
C'est une observation que l'on lit parfois ici ou là, ou bien que l'on entend sous forme d'allusion, et à la réflexion l'idée n'est pas inintéressante. Nous avons toujours noté que certains secteurs d'activité, comme la santé, la culture, la justice, l'éducation, pesaient différemment dans le monde économique, social et politique. Quand Francis Mer est arrivé aux finances, la remarque a été immédiate, "il vient de la Société Civile" ce qui se traduisait par il n'y arrivera jamais. Notons alors que dans ces années très difficiles, la contestation, les manifestations, les difficultés, concernent des domaines bien répertoriés : intermittents du spectacle, hôpital et santé, chercheurs, éducation et enseignement. Les Ministres, Jean-Jacques Ailhagon, Jean-François Matteï, Claudie Haigneré, Luc Ferry, ont tous un point commun : ils viennent de la fameuse Société Civile, et non du monde de la politique. Ils exerçaient tous des métiers du domaine civil, au lieu d'être des politiciens de profession, comme par exemple Nicolas Sarkozy pour la sécurité. Simple remarque en forme de coup d'oeil.   
Dr Jacques Blais

19 au 21 mars 2004
« Écoute moi »
Encore un titre de livre. Les romans Italiens ne sont pas souvent traduits, c'est dommage. Celui-ci, écrit par Margaret Mazzantini, raconte l'histoire, du moins une "tranche de vie" d'un chef de service de chirurgie, confronté au pire. Sa fille accidentée doit être opérée, par d'autres mains que les siennes. Mais surtout, pendant le coma de cette grande fille, revient au père la mémoire de ses années de vie et des précédentes, occasion alors d'un récit basé essentiellement sur les rencontres de femmes. La mère de sa fille, mais bien d'autres également. C'est sensuel, émouvant, humain, vivant, comme l'existence des êtres entre vie et mort, bonheur et effroi, terreur et exaltation, avec les particularités de l'approche d'un chirurgien habitué à tenir entre ses mains des destins, mais incapable d'influer sur celui de sa fille. A lire chez Robert Laffont Pavillons. 
Dr Jacques Blais

22 mars 2004
Aux rayons X
L’un des grands enjeux de la société française, comme de toutes les sociétés riches, est celui des modalités de paiement des dépenses de maladie. Question politique majeure pour nos gouvernants disent souvent les médias. Pour nous à Exmed, cela nous regarde tous. C’est à nous, et à nous seuls de nous construire notre opinion. Notre fil conducteur sur la LEM 338 de votre serviteur “ Peut-on se soigner mieux ?” est étrangement un vieux bouquin. Son intérêt ? La rigueur de l’analyse de tout un système que bien peu encore envisagent de mettre en cause, malgré ses défauts irrémédiables. A vous de découvrir comment faire du neuf avec du vieux.
Dr François-Marie Michaut

23 mars 2004
Sexe du médecin et sodas
<<Les malades préfèrent-ils un médecin de leur sexe ? Alors que cette question est de la plus brûlante actualité en France , une étude britannique vient mettre les pendules à l'heure (écossaise) . [ . . . ] Il résulte (de l'enquête , NDLA) que le sexe du praticien est très peu important , moins que la présence d'un distributeur de sodas , et se situe en 14ème place . [ . . . ] Reste à savoir si ces résultats sont extrapolables à une population plus...méditerranéenne>> . Source : JIM on-line , 12/03/2004
Dr Philippe Deharvengt

24 mars 2004
Debriefing à tout va
Il ne se passe pas une journée où il n'y ait pas d'accidents, d'attentats, de meurtres ... ponctués maintenant systématiquement de la sempiternelle conclusion : "une équipe de psychologues a été mise à la disposition des victimes afin de leur permettre d'évacuer leur stress et d'éviter aux traumatismes de s'installer".
Une évaluation serrée de cette politique a été menée en Angleterre en 1998. Le suivi des personnes jusqu'à trois ans après l'évènement traumatique met en relief que ... le stress post traumatique chronique s'était installé de façon plus fréquente chez les personnes ayant subi un debriefing, que chez celles qui n'en avait pas suivi ...
Peut être faudrait il en avertir ceux qui ont mis en place cette politique systématique de "debriefing", qui est une vraie manne pour certains psys, et un vrai gouffre pour la société (un de plus ...). Et si le remède était pire que le mal ?
( source : Wessely S., Rose S. et Bisson A., Systematic Review of brief psychological intervention (debriefing) for the treatment of immediate traum related symptoms and the post traumatic stress disorder, Cochrane Library, 1998, vol.4, Update Software ).
Blandine Poitel

25 mars 2004
Cauchemar sur route
Si la répression policière a rendu globalement les routes de France sensiblement moins meurtrières qu’elles ne le furent ces dernières années, chacun s’en réjouit. Hélas, au cours de la dernière année, le nombre des victimes d’accidents de cyclomoteurs et de scooters, en majorité des adolescents de 14 à 24 ans, aurait augmenté de 8 % ( France Info du 24 mars). Qu’attendent donc nos physiciens et nos créateurs de jeux vidéo, ainsi que nos chers enseignants, pour démontrer que les lois de la mécanique s’imposent à tous, même aux plus adroits et aux plus malins ? A l’opposé des circuits virtuels en vogue où tout est autorisé, sinon encouragé, des simulateurs de conduite en circulation “normale” montreraient ce qui se passe obligatoirement quand on suit un véhicule de trop près qui freine, quand on aborde trop vite un virage, ou quand on bloque ses roues au cours d’un freinage. L’énergie cinétique, la force centrifuge, le temps de réaction devant un événement imprévu, tout cela devrait être en permanence montré et démontré, dit et redit. Et dans le même temps, oser à nouveau rappeler l’un des fondements majeurs de nos sociétés, dont nul n’a le droit de se dispenser, même pour jouer, même pour faire triompher son idéologie “sacrée” : le respect en toute circonstance de la vie des autres comme de la sienne propre.
Dr François-Marie Michaut

26-28 mars 2004
Il y a voile et voile
Jeune étudiant en médecine à l'Université de Bordeaux (à l'époque on disait "la Fac") , j'ai connu des gens qui arboraient des signes "ostentatoires". Comme , par exemple , des militaires de la très prestigieuse École de Santé Navale dans leurs beaux uniformes bleu-marine à galons et boutons dorés et  casquette assortie , dont certains étaient originaires de pays de nos anciennes "colonies" , et aussi quelques religieuses avec un voile pudique et une croix pectorale. Les un(e)s et les autres sont allés servir dans des pays où la présence de médecins était une urgence vitale , tels que certains pays de religion islamique . Pour nous , étudiants français, jamais cela n'a posé le moindre problème. Le voile des religieuses nous inspirait le plus grand respect. Le message était clairement : <<inutile de me draguer ; j'ai fait un autre choix>>. Mais le voile islamique ? Rien à voir . Signe de soumission, d'une soumission imposée, pas d'une soumission consentie. Esclavagisme, régression, obscurantisme. Les médecins doivent , c'est leur devoir , dénoncer cette pratique en France . Le temps des croisades est révolu. Nous n'irons pas imposer la croix chrétienne en terre d'Islam. Que chacun respecte l'autre, et la Paix viendra peut-être sur cette terre.
Dr Philippe Deharvengt

29 mars 2004
Faut-il vacciner ?
La LEM 339 en ligne ce jour soulève une question qui intéresse au premier chef les parents de jeunes enfants. La bien bénigne varicelle mérite-t-elle de faire l’objet d’une vaccination infantile généralisée supplémentaire, et si oui, pour quelles raisons et quelles en seraient les effets indésirables ? Une mère non professionnelle de la santé nous donne son point de vue. Découvrez : “ De plus en plus piqués” par Blandine Poitel, qui signe ainsi sa première LEM sur Exmed.
Dr François-Marie Michaut

30 mars 2004
Sourire carnassier
Quelle est la différence entre l'homme et ses arrière-grands-parents chimpanzés ? Oui, d'accord, les yeux de velours, les lèvres ourlées, les longs bras musclés et velus, mais encore ? Vous ne voyez pas ? C'est la mâchoire. Le chercheur Hansell Stedman, de Philadelphie, pense que le développement différencié de la musculature de la mandibule a permis celui du crâne. Autrement dit, on savait que le feu avait été primordial, ensuite la découverte de la fusion du métal. Et donc remplacer les dents par le couteau et la fourchette a minimisé le rôle des maxillaires, et autorisé le crâne à se développer, et le cerveau à s'expandre. Homo erectus oui, mais plus tard homo et rictus. Non, n'allez pas trop vite  fantasmer sur l'idée que les mandibules de vos ados ne laissant plus la place à leurs dents dans les générations actuelles jouent sur le volume de leur cerveau. Ou bien que la virile mâchoire du cow-boy ralentit le développement de son crâne. Avec le chapeau, comment pourrions-nous le savoir ?  (Le QduM 25/03/04) 
Dr Jacques Blais

31 mars 2004
Sélectionner nos lectures scientifiques
Exmed propose en exclusivité à ses lecteurs un petit guide aussi pratique que rigoureux et humoristique. La plume bien connue du Dr Iulius Rosner nous montre comment s’y retrouver simplement dans la multitude d’écrits scientifiques, et particulièrement médicaux, à laquelle nous sommes confrontés. Bien sûr, les médecins sont les plus concernés, mais aussi tous les esprits curieux, ou simplement, pour utiliser un mot démodé, les gens cultivés.
Pas de doute cette nouvelle page du site deviendra très vite la bible de ceux qui ne veulent plus se laisser rouler dans la farine au nom de la science. Alors, on y va ?
Dr François-Marie Michaut

1er avril 2004
Tabac quand tu nous tiens
Nos industriels d’outre-Rhin, jamais à court d'idées en matière de gadgets, viennent de commercialiser une cigarette destinée aux plongeurs adeptes de la plongée sous-marine en scaphandre autonome. Elle est composée d'additifs pouvant se consumer dans l'eau mélangés à du tabac et du cannabis , la combustion se faisant grâce à l'oxygène fourni par les bouteilles.   Saluons cette avancée technique majeure , qui permettra aux "accros" de la fumette de satisfaire leur vice loin des lieux publics , restaurants et autres , où ils sont l'objet d'un odieux harcèlement discriminatoire. Hélas , le prix de cette petite merveille n'est pas connu à ce jour ; il risque d'être prohibitif . Mais la passion du poison, comme celle du poisson , a-t-elle un prix ? (source: www.nicot-news.com)
Le Père Igore

2 au 4 avril 2004
La fumette du Père Igore
Elle a un drôle de fumet de poisson, la cigarette du Père Igore parue dans le coup d’oeil de jeudi 1er avril. La première Internaute à avoir dénoncé le canular a gagné notre considération distinguée, les félicitations de la rédaction et un abonnement gratuit - à vie - à la LEM et au coup d’oeil quotidien d’Exmed .
La rédaction d’Exmed

5 avril 2004
Halte à la passivité
Il est des livres précieux. Il ne sont pas légion, car ils ne peuvent pas être des imitations d’ouvrages antérieurs. Ce n’est pas pour autant qu’il connaissent dès leur publication la faveur du public. Ni même de ceux dont la mission naturelle devrait être d’informer le public. Il en est ainsi dans le domaine du harcèlement psychologique qui nous tient tant à coeur. Voilà pourquoi la LEM 340 en ligne ce jour, sous le titre “ Cure de lucidité” livre aux internautes la critique du livre “ Le harcèlement dans l’enseignement” de Philippe Arquès. Le fait qu’il soit notre colistier et l’auteur de la LEM 334 ne change rien à notre perception de la valeur de ce travail.
Dr François-Marie Michaut

6 Avril 2004
C'est tatoué donc avoué
Les Anglais se sont penchés sur la délicate question de la meilleure manière de gommer, de faire disparaître, ou au moins de masquer les tatouages, lorsque votre mignonne petite tortue au poignet, votre dragon crachant le feu en vert et rouge sur les deux tiers de votre dos, ou les initiales complètement obsolètes de votre amour de jeunesse vous pèsent un peu avec le temps....Ils ont essayé diverses techniques chez 74 patients, à base de lasers. Chez 78 % des personnes un éclaircissement de 50 % a été obtenu. Les couleurs répondant le mieux sont le bleu et le noir, et contrairement aux idées préconçues, les tatouages modernes, plus violents et technologiques, s'effacent mieux que les anciens... Mais dans bien des cas seul le maquillage donnera un résultat. En bref, réfléchissez avant de passer à l'acte, la pulsion se révèle plus tenace à l'usage que la volonté de lavage ou l'érosion. (Le QduM 31/03/04) Dr Jacques Blais

7 avril 2004
Autisme, l'exception française
L'autisme est un trouble envahissant du comportement partout dans le monde ... sauf en France, où c'est une psychose infantile. Des recherches ont mis en relief qu'une prise en charge précoce et intensive améliorait le pronostic, les chances d'insertion en milieu scolaire et a terme dans la société ... sauf en France, où le milieu médical n'est pas formé à ces méthodes, et où le diagnostic d'enfant autiste n'est posé qu'à six ans ...
L'autisme est de plus en plus considéré comme un trouble complexe, et dont la genèse laisse une large part à un problème de développement neurologique lié à des causes génétiques ... sauf en France, où la théorie psychanalytique continue de sévir, sur les pas de Bettelheim ... alors qu'elle ne répond a aucune réalité démontrable, et que le traitement psychanalytique de l'autisme est un échec cuisant."(La Recherche n°373 - Mars 2004)
B.Poitel

8 avril 2004
Circoncision
Une affaire de religion, oui, de symbole, d'accession à un statut pour un enfant, une occasion de fête familiale. Une idée différente de l'hygiène ? Un signe de reconnaissance. On peut tout trouver ou tenter de comprendre dans l'idée de la circoncision chez un mâle humain. Mais une étude publiée dans le Lancet, à la suite d'un travail mené en Inde, apporte un nouvel éclairage. Qui aurait osé supposer que la circoncision a un effet bénéfique sur la moindre transmission du sida ? Pas seulement pour des raisons comportementales. Non, pour des raisons biologiques, le prépuce est une cible cellulaire très préférentielle du virus du sida VIH1. Ce qui n'est pas valable pour l'herpès, le gonocoque, ou du tréponème. Mais dans le cas du VIH1, le risque est amoindri par circoncision de 6,7 fois. Étonnant, non ? Découper avant de recapoter, la bonne solution ? (Le QduM, 29/03/04)   
Docteur Jacques Blais

9 au 12 avril 2004
Incivilités
On appelle ainsi, chez les gens présumés civilisés, les comportements des autres qui ne le sont pas. Doigts et bras d'honneur, appels de phare, cris et vociférations, tous les modes chers aux automobilistes pour exprimer aux autres conducteurs un mécontentement, voire plus. Il est intéressant de noter que chaque pays, ou au moins chaque continent, semble avoir ses préférences. Appels de phare en Europe, bras d'honneur en Australie et au Royaume Uni, très rares au Japon. Dont les habitants sont très adeptes du talonnage de véhicule excessif, comme les américains, dans une moindre mesure les Allemands, Néerlandais et les Français. Mais cela ne se pratique guère au Danemark ou en Espagne. Déborder, sur autoroute, un encombrement par la bande d'arrêt d'urgence exaspère les Néerlandais et les Danois, mais fort peu les Finlandais. Les plus calmes seraient les Belges, les plus irritables (80% l'avouent) se recrutent parmi les Britanniques, les Russes, les Italiens, les Néerlandais, les Irlandais et les Français. Il reste que, partout dans le monde, 90 % des accidents trouvent leur cause dans un comportement inadapté du conducteur. (Le QduM 07/04/04)    
Docteur Jacques Blais

13 avril 2004
Acculturation ordinaire
Il est des témoignages indispensables. Ceux que n’osent pas diffuser les médias tant ils mettent en cause notre système social, nos valeurs phare, nos silences complices et nos hypocrisies bien-pensantes. Avec Jacques Blais, allons faire un petit tour un dimanche matin dans la banlieue parisienne avec la LEM 341 en ligne ce jour sous le titre “ Respect et rituel”. Décapant.
Dr François-Marie Michaut

14 Avril 2004
Encore l'herbe à Nicot
Le croiriez-vous si une étude Australienne n'avait pris la peine de le démontrer ? Parmi les facteurs de risques comptabilisés pour les infections bactériennes vaginales, les femmes disposent d'un certain choix. Et médical, et social, et comportemental. Facteur de risque 1,5, une grossesse antérieure, ou......le tabagisme ! Facteur 1,6 : trois partenaires masculins dans l'année précédente. Facteur 2,1 : une partenaire sexuelle femme. Et dans le sens de la diminution du risque : 0,5 utilisation de préservatifs, 0,6 contraception hormonale. C'est une étude effectuée à Sydney et portant sur 8 années. On sait le tabac responsable de tumeurs urologiques, il se déduit de cette étude que les urines imprégnées de tabac ajoutent un facteur de risque vaginal...  (Le QduM 05/03/04)  Docteur Jacques Blais

15 avril 2004
Qui inventera plus horrible ?
La radio “France-Info” s’en ai fait - sans commentaires- l’écho le 13 avril. Selon la police israélienne, un Palestinien a été sur le point de se transformer en bombe vivante. Pour faire plus de dégâts, et répandre encore un peu plus la terreur chez ses ennemis israéliens, il envisageait de compléter sa ceinture d’explosif bourrée de clous et de boulons. Avec quoi ? Une poche de sang contaminé par le virus du SIDA. La perversion humaine est décidemment sans limite, y compris sous couvert d’idéologies aux idées généreuses. Messieurs les religieux de toutes confessions, et vous les intellectuels, pourquoi vous taisez-vous ? Rien, rien, rien ne peut justifier de tels comportements, voila ce que aimerions entendre affirmer par ceux qui sont capables de parler. Se taire, c’est se transformer en complices. Complices d’un monde où tous les coups, surtout les plus bas, deviennent implicitement la règle ordinaire des comportements humains.
Dr F.-M. Michaut


16 au 18 avril 2004
Pluie de chiffres
Ce genre de fourre-tout chiffré a simplement l'intérêt d'un survol un peu général d'un domaine, celui de la santé.
L'activité des Généralistes, qui avait baissé en 2002 de 1,5 % a de nouveau augmenté en 2003 de 2,1 %. L'Ordre dénombre exactement 241238 médecins inscrits en 2003. Dont 1131 ont pris une retraite anticipée selon la dernière modalité officielle possible en 2003. Tandis que 3500 au total cessaient leur activité sous divers modes.
5 nouveaux centres de traitement de la Sclérose Latérale Amyotrophique viennent d'ouvrir, portant le nombre à 15 en France, pour accueillir ou traiter les 1200 nouveaux malades annuels.     Sachez qu'il y a eu 600000 gastro-entérites en trois semaines lors de l'épidémie qui s'éteint.    Entre 1980 et 2001, la prescription d'antidépresseurs a été multipliée par 6,7, et le Credes constate que la prévalence de la dépression déclarée a augmenté de 3,1 à 5,2 % en 15 ans. Enfin on le savait mais l'INSERM le confirme : au delà de 2 verres d'alcool par jour pour les femmes et 3 pour les hommes, le risque de maladies induites, depuis les cancers, maladies hépatiques, cardio-vasculaires, jusqu'aux troubles psychiques, augmente. Et la France demeure au 4ème rang mondial de consommation, derrière le Luxembourg (!), l'Irlande et le Portugal.   (Panorama du Médecin, 29/01/04)     
  Dr Jacques Blais

19 avril 2004
Tant pis
( LEM 342 )

Oui, tant pis si la LEM 342 en ligne cette semaine ne va pas du tout dans le sens des propos habituels sur le devenir de l’assurance maladie. Car, avec : “Système modèle 1945”, nous souhaitons mettre le doigt sur le contexte dans lequel a été créée notre Sécurité Sociale en France. Voilà qui révèle l’idéologie qui a permis son homéostasie incroyable. Nous proposons une interrogation systémique sans laquelle aucune possibilité de vrai changement n’est possible. Si cet effort de lecture lucide n’est pas effectué, on ne peut que continuer à faire encore plus de la même chose, avec le résultat négatif qu’observent régulièrement tous les systémiciens confrontés à des situations de crise dans des familles ou des groupes : le non-changement.
Dr François-Marie Michaut


20 avril 2004
Souffrances de soignants
<<Pour être difficile à évaluer, la souffrance des soignants n'en est pas moins réelle. Qu'on l'appelle stress, épuisement professionnel, burn-out ,qu'elle intervienne à l'hôpital, face aux patients en fin de vie ou en pratique libérale, elle touche de 25 à 40% des professionnels et peut expliquer en partie la surmortalité des médecins par suicide. << Le médecin se sent de plus en plus souvent traité comme un livreur de pizza au supermarché de la médecine >>, souligne le Dr Pierre Canoui, qui y voit une pathologie de la relation d'aide. Une pathologie qui peut être prévenue, par exemple avec les groupes de parole ou le modèle participatif pour lequel plaide le Dr Philippe Colomba>> Source : le Q.d.M. du 15/04/2004
[ . . . ] <<Un monde de santé en souffrance>> d'Alain Cordier consacré aux changements auxquels sont confrontés les médecins et qui peuvent rendre leur exercice plus difficile. Tout d'abord, l'affaiblissement du principe d'autorité : le soignant n'a plus la sécurité du sillon tracé par les maîtres et il n'est vu par le patient que comme <<l'interlocuteur technique et scientifique du moment>> Deuxièmement, l'exercice se situe dans un temps déstructuré : le rythme des découvertes laisse peu de temps à la réflexion, les patients veulent des résultats immédiats, les soignants sont en chronique <<manque de temps>>. Troisième difficulté potentielle : les limites de l'interdit sans cesse repoussées et les médecins sont l'objet de sollicitations de toutes natures auxquelles ils ne peuvent guère répondre. De nouveaux risques pour les soignants sont aussi apparus avec le principe de précaution et les devoirs instaurés par la loi : obligation d'information, obligation de sécurité de résultat, notion de perte de chance... [ . . . ]>> N'en doutons pas, tout cela ne contribue que très peu à l'amélioration de la qualité des soins, et cela ne va pas dans le sens de l'intérêt supérieur des patients, qui semble bien oublié au profit de l'intérêt des avocats et politiciens de tous bords .
Dr Philippe Deharvengt , alias le Père Igor

21 Avril 2004
Génocide
S'il est des sujets délicats, bien entendu celui du génocide perpétré au Rwanda il y a 10 ans en est bien un. Le silence éloquent et l'absence de représentation aux commémorations des nations Européennes est un aveu. Comme extrêmement souvent, admettons que le rôle, la place, de la France dans cette affaire n'a été ni brillante, ni même seulement claire, ni nette, ni explicite. Le tandem de l'époque, Mitterrand-Balladur, a plutôt été avare d'explications convaincantes. Et il aura fallu pratiquement 10 ans pour que le prétexte avancé, guerre tribale, se montre absurde et illusoire face à une préparation, une organisation, mise à jour, d'un génocide vrai, c'est à dire impliquant l'Etat, avec la complicité absolue de tous les occidentaux. Comme d'habitude pourrait-on dire. Lire à ce sujet la mise au point "clinique" de Patrick de Saint-Exupéry, dans "L'inavouable" aux Éditions des Arènes. Pas de quoi se montrer très fiers de nos hommes d'Etat.   
Dr Jacques Blais

22 avril 2004
Les bébés d'Onan
<<La masturbation infantile (encore appelée par les anglo-saxons <<gratification disorder>>), n'est qu'une simple variante du comportement normal mais elle est fréquemment confondue avec d'autres affections, car elle implique rarement une manipulation génitale avec les mains, comme le démontre une étude rétrospective réalisée parallèlement en Ukraine et à Glasgow sur 31 enfants (11 garçons , 20 filles) chez lesquels le diagnostic de masturbation infantile a été posé . [ . . . ] L'âge médian des premières manifestations avait été très précoce (10,5 mois en moyenne , 2 mois chez le plus jeune !), alors que le diagnostic n'est intervenu que beaucoup plus tard (médiane 24,5 mois). Les symptômes apparaissaient en moyenne 7 fois par semaine, duraient 2,5 minutes pour chaque épisode et se produisaient dans n'importe quelle situation . Il pouvait s'agir d'une dystonie posturale (19 cas), d'un grognement (10 cas), d'un balancement (9 cas), d'un aspect béat (7 cas) ou de transpiration (6 cas) . [ . . . ]>> Source : JIM on-line du 24/03/2004
C'est bien connu, la valeur n'attend pas le nombre des années (et celle ou celui qui aura lu "l'avaleur" sera privé de dessert). De là à y voir une relation de cause à effet avec les surdités précoces . . .
Dr Philippe Deharvengt, alias le Père Igore

23 au 25 avril 2004
Âme, être et poète
Toutes les formes d’expression qui peuvent entourer la santé des hommes intéressent ce site. Y compris celles qui semblent les plus opposées à la rigueur scientifique volontiers désincarnée des écrits médicaux habituels. Vous ne serez donc pas surpris de la publication en ligne des dernières poésies des années 2000 du Dr Jacques Blais. Le titre de ce recueil accessible à tous ? Silhouette de l’âme et chants de l’être . Les dessins sont de l’auteur, et la mise en page web est de Christine Bruzek. Bonne lecture à tous, car une lecture qu’on apprécie ou à laquelle on communie, n’est-ce pas bon pour notre santé ?
Dr François-Marie Michaut

26 avril 2004
Les absents n'ont pas toujours tort (LEM 343)
Ne pas être à son école ou à son travail pose de multiples problèmes pour qui veut aller plus loin que le bout de son nez, et conclure rapidement à des interprétations souvent malveillantes sur le courage des uns et la fainéantise des autres. Pour Jacques Blais, dans la LEM 343 en ligne ce jour il s’agit de prendre un peu de recul pour réfléchir à ce qu’est dans nos sociétés Le clignotant de l’absentéïsme. Restez présents jusqu’au bout de votre lecture, SVP !
Dr François-Marie Michaut

27 avril 2004
Repos post mortem
<< Faut-il après une mort sur la table d'opération que le chirurgien et l'anesthésiste prennent un ou deux jours de repos ? De nombreux praticiens estiment qu'à tout le moins il est conseillé de ne plus opérer au cours de la journée. [ . . . ] Il est difficile de tirer des conclusions définitives d'un tel travail. Les auteurs estiment que la prolongation des durées de séjour des opérés après une mort sur table est le signe d'une détérioration temporaire des capacités de l'équipe chirurgicale. Mais on peut aussi parfaitement évoquer l'hypothèse selon laquelle l'émotion ressentie par le chirurgien et l'anesthésiste à la suite d'un décès opératoire les conduit à adopter une attitude plus prudente en prolongeant un peu les périodes de surveillance en soins intensifs et à l'hôpital. S'il est donc impossible d'affirmer qu'une période de repos après un décès per-opératoire améliorerait la sécurité des patients, il reste toutefois probable qu'elle serait bénéfique à l'équipe chirurgicale. >> Source QDM. Encore un sujet tabou, n’est-ce pas, amis patients. D’aileurs en langage médical classique, le mot “mort” est interdit de séjour. Un pudique et latin exitus en tient lieu.
Dr Philippe Deharvengt

28 avril 2004
Le p'tit noir
Tout comme l'antivirus et l'anticalcaire, l'antioxydant est à la mode pour conserver ses instruments en état de marche. Ici ses organes et non seulement ses outils. Et, en dehors de ce que nous connaissions de ces substances ô combien vantées partout, légumes, bétacarotène, tocophérol, vitamine C, etc, il semblerait qu'en invité surprise apparaisse le petit noir bien tassé, le café. Il apporte 11 mmol/jour d'antioxydant. A titre de comparaison, les fruits ou le thé se situent entre 1,4 et 1,8, le vin et les céréales à 0,8. Ce sont des Norvégiens qui ont montré cette propriété. A vos jus !
(Le QduM 15/04/04)  
Dr Jacques Blais

29 avril 2004
Mort d’un enfant et sclérose en plaque
S'il est des sujets délicats, bien entendu celui du génocide perpétré au Rwanda il y a 10 ans en est bien un. Le silence éloquent et Prenons toutes les précautions d'usage. L'étude est nordique, en provenance de l'Université d'Aarhus, et elle survient dans un contexte où l'on tente si souvent de tout expliquer, de théoriser même la mort. Cette même équipe avait déjà montré des corrélations entre mort d'un enfant et infarctus plus tard chez les parents, ou survenue d'un cancer. On a tout de m&ec